Ramadan et consommation responsable : Entre conscience individuelle et intérêt national    Maroc-France : Nouvelle impulsion pour la mobilité et l'investissement à la CFCIM    Ligue Europa : Zakaria El Ouahdi guide Genk vers la victoire à Zagreb    Hooliganism: Sentences for 18 Senegalese fans in line with previous Moroccan rulings    Le Maroc miserait sur les TREVA-30 tchèques pour moderniser son soutien blindé    Le Conseil de gouvernement adopte deux projets de décrets relatifs aux terres des collectivités Soulaliyates    Reconstruction de Gaza : le Roi Mohammed VI appuie l'action de Trump    Incidents de la finale : la justice marocaine rend son jugement à Rabat    Gaza : La FIFA annonce un partenariat avec le Conseil de paix pour la création d'un "écosystème de football"    Bensaid annonce l'adoption d'une nouvelle formule de soutien aux entreprises de presse    Décès de l'individu qui s'est défenestré à la BNPJ de Casablanca: les lésions sont compatibles avec une chute préméditée    Le temps qu'il fera ce vendredi 20 février 2026    Reconstruction de Gaza. SM le Roi Mohammed VI soutient l'action du Président américain Donald Trump    Maroc : Deux projets de décrets relatifs aux terres des collectivités Soulaliyates    Presse : Bensaid retire le projet de décret-loi sur la commission administrative    Vidéo. Ramadan : Le chef du gouvernement adresse ses vœux à SM le Roi    Iftar, the Moroccan Way #1: A pizza Italians might not recognize    Affaire Leveugle: Mat9ich Weldi lance un appel à témoin    Ramadan: SM le Roi reçoit un message de félicitations du Serviteur des Lieux saints de l'Islam    Conseil de la Paix : Trump évoque les pays donateurs pour Gaza, dont le Maroc    Hajj 1448 : le tirage au sort aura lieu du 2 au 13 mars 2026    APIDE Awards 2026 : M2T doublement primé pour ses solutions Chaabi Pay et Chaabi Payment    Feu vert au retour de tous les habitants à Ksar El Kébir (Intérieur)    Bourse de Casablanca : clôture sur une note positive    CPS de l'UA: Le Maroc plaide pour une gouvernance climatique africaine intégrée et coordonnée    Accord stratégique entre la Chambre de commerce marocaine et la Fédération italienne pour le développement durable et l'innovation    Manifestations GenZ Maroc : La justice inflige plus de 106 ans de prison à 48 accusés    Maroc–Emirats : entretien téléphonique entre Mohammed VI et Mohamed bin Zayed    Mort de l'individu qui a tenté de se suicider en sautant par la fenêtre du siège de la BNPJ    Livre : Marrakech accueille la quatrième édition du FLAM    Bonne nouvelle pour les mélomanes : L'OPM organise deux rendez-vous musicaux    Institut du monde arabe : une diplomate française devient la première femme à présider l'institution    Industrie cinématographique : le Maroc monte en puissance    OM : Medhi Benatia défend le choix Habib Beye pour relancer Marseille    Ezzalzouli : « Pourquoi ne pas rêver grand ? » avec le Bétis    Cash Plus améliore son PNB consolidé en 2025    Championnat mondial de Handball : l'Afrique à la conquête de l'Allemagne    LIFA 2026. Abidjan, capitale de la création féminine    2M met à l'honneur Touria Chaoui dans une nouvelle série d'animation patrimoniale.    Maroc–Gambie : le Roi réaffirme sa volonté de renforcer la coopération bilatérale    Noussair Mazraoui face à l'incertitude à Manchester United : un départ envisagé ?    L'ancien ministre Abdesselam Zenined n'est plus    Ouverture interculturelle : Al Akhawayn organise une rencontre sur le thème « Maroc – Palestine : Les Rendez-vous avec l'Histoire»    Sécurité routière : plus de 8 milliards de DH pour la période 2026-2030    Edito. Ramadan Moubarak    Jazzablanca dévoile les premiers artistes de sa 19e édition    Achraf Hakimi égale un record historique marocain    De Cordoue à Marrakech, un documentaire retrace la vie d'Ibn Rochd    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Libéralisation du dirham : Vers une dépréciation de la monnaie ?
Publié dans Yabiladi le 21 - 06 - 2017

Le flottement de la monnaie initialement prévu dans les prochains jours a rimé pour certains avec risque de dévaluation du dirham. Et pour cause, ces derniers jours ont enregistré une ruée des banques et des opérateurs économiques sur les marchés de devises. Un point déprecié par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib et pointé du doigt par l'économiste Najib Akesbi. Détails.
«Il n'y aura pas de dévaluation du dirham.» C'est ainsi qu'a répondu Abdellatif Jouahri, le wali de Bank Al Maghrib (BAM), hier lors d'une conférence de presse face à la panique qui a gagné certains opérateurs économiques à propos de la flexibilité du dirham, rapporte Médias 24. En effet, ils ont anticipé ces derniers jours les potentielles répercussions négatives de cette décision en achetant des devises sur les marchés. Il est à noter que Bank Al Maghrib parle de «flexibilité du dirham et non pas d'une libéralisation totale, mais bien partielle, de la monnaie», souligne l'économiste Najib Akesbi.
Cette réforme du système des changes annoncée pour la fin du mois de juin a effectivement rendu fébrile le secteur, ce dernier craignant une dépréciation du dirham et une mise en danger des banques. Une crainte pourtant tempérée par l'agence de notation financière internationale Fitch Ratings dans une étude rendue publique cette semaine, expliquant notamment que les banques marocaines encouraient très peu de risques. Or, le contraire semble se produire selon Najib Akesbi ; ce ne serait d'ailleurs que les prémices d'un processus qui s'avère mauvais pour l'économie du royaume.
La flexibilité du dirham mettrait l'économie marocaine en danger
«C'est une décision qui peut être grave et très dangereuse car les conditions objectives ne sont pas réunies et n'y sont pas propices», indique Najib Akesbi. Des conditions qui englobent notamment le commerce extérieur qui, selon lui, «est structurellement et lourdement déficitaire» au Maroc. Or, ceci constitue la principale source des réserves de change du pays. «D'après les statistiques élaborées ces dernières années, ces ressources sont soit stagnantes, soit en régression», poursuit l'économiste.
Najib Akesbi évoque le fait que «les réserves de change sont la vraie défense et l'arsenal de protection du cours du dirham. Or, lorsqu'il est libéralisé, tout tourne autour de ces réserves». Sauf que celles-ci sont aujourd'hui «insuffisantes» et compromettent ainsi le choix de Bank Al Maghrib. L'économiste d'ajouter : «Selon Jouahri lui-même, on aurait perdu 40 milliards de dirhams au niveau de nos réserves de change.» Malgré la partialité de la libéralisation du dirham et le maintient des fluctuations dans la limite autorisée, le déficit structurel enregistré permettra forcément un mouvement régressif et de dépréciation de la monnaie, d'après l'expert.
Une tendance qui pousse naturellement les entreprises et opérateurs économiques à demander plus de devises afin de sécuriser leurs opérations, ce qui contribuera «à une demande de devises supérieure à celle du dirham». Ces spéculations, selon Najib Akesbi, contraindraient Bank Al Maghrib à réagir pour ajuster le cours du dirham.
«Le problème, c'est qu'elle risque d'être vite dépassée. Pour maintenir le niveau du dirham, elle devra acheter du dirham avec des devises qui seront puisées dans les réserves de change.»
Une décision imposée par le FMI
Concernant le danger que présente cette pratique, le mouvement marocain Anfass Démocratique a publié un rapport le 5 janvier dernier qui mettait en exergue les impacts négatifs que pourrait engendrer le flottement de la monnaie. Selon l'enquête, ce choix a été fortement «recommandé» par des organisations internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. L'association, qui a évoqué un éventail d'arguments prouvant l'inefficacité du processus, affirme son rejet de la libéralisation du dirham :
«Nous refusons les démarches qui stipulent la préparation dans les bureaux fermés de 'réformes' qui conditionneront la vie de nos concitoyens. Nous considérons que l'économie est d'abord un sujet politique et que la décision économique doit être subordonnée à l'approbation politique d'une manière démocratique.»
Un scénario semblable à celui qu'a connu l'Egypte est-il envisageable ? «On nous fait croire que ce n'est pas la même chose, que l'Egypte a dû subir tandis que chez nous, c'est volontaire. Mais si nous avions vraiment le choix, nous ne l'aurions pas fait maintenant puisque la situation n'est pas bonne», explique Najib Akesbi. L'économiste explique en l'occurrence que «cette flexibilité est un package qui est toujours et depuis longtemps imposé par le Fonds monétaire international».
Le scénario égyptien pourrait également se produire au Maroc dans le cas où les spéculations viendraient de l'étranger. En effet, «si les spéculateurs internationaux se mettent également à spéculer contre le dirham, toutes les réserves de change de Bank Al Maghrib ne suffiraient pas, sachant que ces réserves sont limitées et que la banque doit en garder pour acheter les produits de première nécessité, notamment». On perdrait dans ce cas là sur les deux tableaux : «D'un côté on aura épuisé une partie de nos réserves de change et de l'autre, on aura quand même déprécié et dévalué le dirham» conclut Najib Akesbi.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.