Festival du court métrage de Tanger: le Grand Prix pour un court maltais, deux distinctions pour un film marocain Tanger, 17/09/06- Le court métrage ''Aile soixante 6'' des jeunes réalisatrices maltaises Angélique Muller et Gatheleen Tanti a remporté, samedi, le Grand Prix de la 4-eme édition du festival méditerranéen de Tanger dont le palmarès compte également deux distinctions pour l'excellent ''Tes cheveux noirs Ihsan'' de la jeune réalisatrice marocaine Tala Hadid. Le premier court métrage de la jeune réalisatrice marocaine, établie aux Etats-Unis, a reçu ''le Prix Spécial du Jury'' et celui de la ''Meilleure Interprétation Féminine'' pour l'actrice tétouanaise Naima Bouzid pour sa remarquable prestation dans ce film. Côté hommes, le prix de la meilleure interprétation est revenu à l'acteur Edmund Budina pour son brillant premier rôle dans le court ''Flacons de neige'' de Robert Budina (Albanie). Le prix du meilleure scénario est revenu au cinéma Italien avec ''Devoir de classe'' de Daniel Cascella. Un scénario réalisé par Stefano Marcocci et Domenico Tomasseti. La cérémonie de remise des prix qui s'est déroulée, samedi soir à la salle Roxy, a tenu en haleine le nombreux public du festival compte tenu de la qualité de la plupart des courts métrages en compétition officielle. Les membres du jury, présidé par le cinéaste marocain Moumen Smihi, ont été invités à prononcer sur le ton cérémonial ''The winner is...'' et à remettre les trophées aux heureux vainqueurs. Dans de brèves allocutions, les membres du jury ont été unanimes à souligner la grande qualité des productions présentées lors de cette édition. Un cinéma novateur, du talent avéré, et une vision du monde originale livrée par de jeunes cinéastes engagés à promouvoir les nobles valeurs humaines par le 7-eme art, ont-ils relevé. Le titulaire du grand prix de cette édition, ''Aile soixante 6'', est un court taillé comme un bijou. Il a impressionné et convaincu par sa parfaite maîtrise des techniques cinématographiques. Sous une voix narrative monotone, une jeune pensionnaire d'un asile psychiatrique décrit la détresse des âmes perdues qui y sont tenues à l'écart de la société. L'unique film marocain primé dans ce festival qui est le premier pas dans le 7-eme art pour la jeune réalisatrice Tala Hadid, a été plébiscité par le public du festival. ''Tes cheveux noirs Ihsan'' est l'histoire émouvante d'un homme ayant vécu toute sa vie en Europe et qui revient sur sa terre natale. Un retour pour éveiller les lointains souvenirs de sa mère qu'il a perdue très jeune dans des circonstances dramatiques ayant trait à l'inébranlable emprise des traditions. Un voyage dans la mémoire servi par un remarquable usage de la technique du flash-back et du leitmotive thème de la nostalgie. La jeune réalisatrice a réussit un coup de maître dès son premier court métrage. Le court de Tala Hadid n'est pas à son premier plébiscite. Il a fait sensation dans plusieurs festivals internationaux où il a reçu différentes distinctions. L'excellent ''Flacons de neige'' du jeune réalisateur albanais Robert Budina est une amère diatribe contre l'infranchissable entrave à la libre circulation des personnes qu'est le ''Visa''. Le film relate les déboires d'un homme qui essaie d'obtenir un visa d'entrée à un pays européen pour sa femme qui doit se faire opérer d'urgence. Quant à ''devoir de classe'' (prix du meilleur scénario), il se distingue aussi par la plus jeune actrice de cette 4-eme édition. Le rôle principal du court a été interprété avec brio par la très jeune Tereza Cascella qui vient juste de souffler sa troisième bougie. L'actrice en herbe a été le chouchou des photographes lorsqu'elle est montée sur scène brandir fièrement le trophée avec son père, qui n'est autre que le réalisateur du film. La quatrième édition de ce festival a connu la participation de 40 productions représentant 17 pays du pourtour méditerranéen. Outre ''Tes cheveux noirs Ihsan'', la participation marocaine comptait aussi les courts métrages "30 ans'' de Mohamed Chrif Tribek et ''Casa'' de Ali Benkirane.