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Séminaire sur la lutte contre la corruption
Publié dans Agadirnet le 01 - 04 - 2007


Le Maroc, toujours mauvais élève
La corruption est une gangrène qui mine le Maroc. Elle est partout. Elle avait envahi le terrain, économique puis administratif pour enfin investir depuis plusieurs années, le champ politique. C'est un problème qui a des implications sur tous les aspects de la vie des citoyens et des institutions du pays. Les proportions prises par ce phénomène constituent une menace sérieuse pour la croissance économique et la stabilité politique de notre pays. L'investigation du champ politique n'est pas seulement un problème de gestion de la transition démocratique que traverse notre pays mais surtout une menace pour toutes les institutions y compris celles qui en font usage.
Les conséquences de ce phénomène sont également désastreuses pour l'économie nationale et par conséquent pour ses capacités à régler ses problèmes sociaux et assurer ses ambitions de démocratie, de développement et de modernisation. La confiance du citoyen dans le système politique est tributaire à long terme du succès du Maroc à éradiquer ce phénomène en tant que pratique politico-sociale et à le ramener à un phénomène marginal de simple banditisme, sans implications politiques ou sociales comme c'est le cas dans les pays développés. Comment le faire?
Depuis le début des années 1970, le Maroc a tenté de réprimer ce phénomène. On a assisté à la traduction en justice de certains ministres et hauts fonctionnaires puis à la création de la Cour spéciale de justice. Des contrôles multiples sont organisés avant et après les engagements des dépenses publiques (CED, Trésorerie générale, Inspections des ministères, l'Inspection générale des finances, Cour des comptes, commissions parlementaires).
Le gouvernement d'alternance a entrepris des efforts dans le même sens, en essayant en particulier d'améliorer la transparence et la réforme des modes de passations des marchés publics. Différents procès en liaison avec la corruption et la lapidation des biens publics et d'abus de pouvoir, sont en cours dans différents tribunaux. D'autres sont en cours d'instruction. Ces procès ont montré que la corruption et le détournement des biens publics étaient des pratiques non seulement communes mais qu'elles étaient pratiquées au vu et au su d'un grand nombre de personnes sans qu'il y ait intervention des responsables chargés d'appliquer la loi.
Le phénomène au temps de l'ère de Driss Basri était devenu une pratique presque ordinaire faisant partie du système politique en place. Il avait d'ailleurs déclaré au Parlement qu'il détenait la liste d'élus locaux qu'il accusait de malversations. Aucune poursuite judiciaire n'a été engagée contre ces élus. C'était l'annonce officielle de l'impunité dont jouissaient certaines personnes qui sont soit influentes soit soutiennent le système et probablement font partie d'un réseau politico-économico administratif. Les poursuites ne seront engagées que contre ceux ou celles qui, d'une façon ou d'une autre, ne font pas partie d'un des réseaux ou ne soutiennent pas suffisamment le système basrien. Les fameux procès du milieu des années 1990 s'apparentent plus à des opérations de règlement de comptes qu'à des opérations d'assainissement. C'était le grand signal donné, pas seulement aux élus corrompus, mais à tous les aventuriers qui sont tentés par des activités illicites en matière de trafics de tout genre que s'ils respectaient les "règles du jeu", ils ne seraient pas inquiétés.
L'origine douteuse de l'enrichissement rapide et scandaleux de certaines personnes est connue de tous. La Banque mondiale considère que "le pays ne peut plus faire l'économie d'un véritable changement pour stopper la tendance déclinante de sa classification internationale, au risque de se voir inscrit un jour sur la liste noire des pays qui incitent les investissements étrangers à s'envoler vers des lieux plus sûrs".
Durant les dernières années, des informations sont régulièrement relatées par la presse sur les arrestations, les suspensions de certains responsables y compris dans le corps de la justice et des Forces de l'odre pour cause de corruption. C'est un fait relativement nouveau qu'il faudrait noter et apprécier à sa juste valeur. Il traduit une certaine volonté de l'Etat de réduire le phénomène de la corruption dans ces corps. Des résultats importants ont été obtenus en particulier dans certains établissements et entreprises publics et semi-publics. Des redressements importants y sont menés par des actions disciplinaires et par des renflouements importants de leurs caisses par l'Etat (Crédit Agricole, CNSS, CIH, BNDE ). Des procès sont actuellement en cours pour le jugement de certains élus accusés d'avoir usé de la corruption pour se faire élire. Ces procès témoignent d'une volonté nouvelle de l'Etat de réduire la corruption dans le champ politique. On pourrait cependant se poser des questions sur l'efficacité de ces actions quant à l'éradication du phénomène de corruption dans notre pays.
En effet, malgré tous ces efforts, le Maroc reste classé parmi les pays où le phénomène de corruption est très répandu et il ne semble pas en situation de gagner sa bataille contre la corruption dans un proche avenir. Des fortunes colossales se sont constituées sans commune mesure avec les activités légales des intéressés (corruption, trafic d'influence, trafic de drogue, spéculation immobilière, large sous-payement d'impôts ). Ces fortunes illicites sont en partie utilisées pour vider la démocratie de son sens (achats des voix et de certaines presses et financement de milices pour influencer les décisions internes de certains partis). Une des manifestations de cet échec est l'influence que, certaines sphères suspectées par l'opinion publique d'être derrière des malversations, continuent d'exercer des pouvoirs politiques et économiques.
Le Maroc devrait s'interroger sur l'approche poursuivie et sur les raisons des échecs enregistrés dans cette lutte. Jusqu'à maintenant, la lutte contre la corruption s'est essentiellement focalisée sur les manifestations de la corruption plutôt que sur les causes. En effet, elle s'est orientée sur une plus grande efficacité de contrôles administratifs et sur la répression judiciaire et sur les aspects réglementaires. L'analyse des causes de la corruption est une nécessité pour la combattre efficacement. Il ne s'agit pas simplement de continuer à dénoncer ce phénomène alors qu'il continue de se répandre mais d'élaborer une véritable stratégie de lutte à même de juguler ce phénomène. Cette stratégie devrait s'attaquer non seulement aux manifestations mais surtout aux causes du phénomène.
Le séminaire que la Fondation socialiste de la recherche et des études organisé le samedi 3 mars au siège de l'USFP se propose d'analyser le phénomène de la corruption au Maroc et de dégager les grandes lignes d'une stratégie de lutte efficace contre le phénomène de la corruption.


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