Une lueur d'espoir pour des populations en quête d'une vie meilleure Fatima, à l'instar de milliers de marocains en situation de vulnérabilité, a réussi à briser l'enclave de la pauvreté grâce à sa volonté inébranlable et sa persévérance, mais surtout grâce à un microcrédit accordé dans le cadre d'une association. En dépit du modeste montant qu'elle a pu obtenir, alors qu'elle faisait le premier pas vers la concrétisation de son ambition, Fatima a réussi à s'auto affirmer et à mener à bien son projet . "Le microcrédit nous a facilité la création de nos projets et nous a permis d'avoir prendre notre destin en main", a déclaré Fatima à la MAP, racontant avec fierté comment son projet de céramique l'a aidé à assurer son indépendance financière et à subvenir aux besoins de sa famille. "L'avantage que présente ce moyen de financement est qu'il n'exige pas des garanties, ce qui permet aux simples citoyens d'accéder au financement", a-t-elle ajouté. Véritable levier de l'inclusion financière, économique et sociale des populations vulnérables, la microfinance contribue au développement de la bancarisation, à la réduction des disparités géographiques, à la lutte contre la pauvreté et le chô_mage. Initié au Maroc par la société civile au milieu des années 90, le microcrédit est devenu un leader dans le pourtour méditerranéen et la région MENA ayant servi plus de 40 milliards de microcrédits depuis sa création. En revanche, ce secteur se heurte à un certain nombre de contraintes, notamment l'accès aux marchés financiers, la gestion des risques, la supervision et le suivi du secteur et la lutte contre les prêts croisés. La pratique des taux d'intérêt élevé, qui atteignent parfois les 24 pc, constitue également un défi majeur au secteur du microcrédit. Le directeur de la fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), Tariq Sijilmassi, a souligné à ce propos dans une déclaration à la MAP Qu'il n'y a pas de taux de bénéfice dans ce coût de revient. "Le taux pratiqué n'est que l'équivalent du prix de revient pour le secteur, composé du coût de l'argent, du coût de réseau, du coût du risque et d'une marge réglementaire mise dans les fonds propres des associations de microcrédit (AMC). " Pour réduire ce coût de revient, il faut baisser le coût de l'argent en collectant directement de l'épargne ou en ayant des coûts de refinancement moins chers, développer l'efficacité logistique des AMC afin de baisser le coût de déploiement des agences et améliorer l'analyse du risque pour baisser le coût du risque", a-t-il ajouté. Dans ce contexte, le ministre chargé du budget, Driss El Azami El idrissi a fait savoir qu'une "discussion a été entamée au parlement sur l'encadrement du coût de revient afin de le faire baisser au profit du citoyen". Au sujet de l'intégration financière de la microfinance au système financier national, le directeur adjoint de la supervision bancaire à Bank al Maghrib, Hassan Benhalima a indiqué que "dans le cadre de la réforme du texte qui régit la microfinance, la banque centrale prévoit des amendements qui permettent aux associations de transiter progressivement, si elles le souhaitent, vers un modèle d'une société anonyme à capital fixe, qui serait régit par la loi bancaire en veillant à ce que le secteur ne s'écarte pas de sa mission qui est la lutte contre la pauvreté". A l'horizon 2020, le secteur de la microfinance, qui aura évolué vers les meilleurs pratiques financières et amélioré son efficacité, devra pouvoir servir 3,2 millions de bénéficiaires, créer 2,3 millions d'équivalents temps plein additionnel. Ceci signifie que l'encours passera de 5 milliards de dirhams actuellement à 25 MMDH en 2020, soit 1,8 pc du PIB, au travers d'une couverture géographique étendue, de nombreux services de qualité et une meilleure collaboration avec l'environnement réglementaire, financier et juridique.