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Hommage au féminin à la grande figure de l'islamologie
Publié dans Albayane le 19 - 09 - 2014

Un hommage posthume a été rendu à Mohamed Arkoun, figure de proue de l'islamologie, par un panel d'intellectuelles abondamment imbues de sa pensée philosophique et anthropologique du fait religieux. Réunies autour d'une table-ronde à l'Institut Français de Casablanca, les conférencières, notamment des politologues, des chercheuses et des spécialistes en Islam contemporain, ont livré un témoignage exhaustif sur la pensée de cet intellectuel français, d'origine algérienne, qui était l'une des personnalités les plus influentes dans le monde islamique contemporain.
En témoignent les nombreux ouvrages dans lesquels ce penseur et islamologue incontournable a développé une critique, des plus objectives, de la modernité et de la pensée islamique, plaidant pour «repenser l'Islam» dans le monde contemporain.
Sur les innombrables documentaires réalisés sur le grand penseur arabe, l'assistance a eu l'occasion de suivre un film : «Mohammed Arkoun, pour une pensée libératrice» où le défunt livrait ses dernières réflexions, sept mois avant sa disparition, à la politologue et présidente de l'Association Dakira-Bruxelles, Meryem Amrani.
Prenant part à ce rendez-vous culturel, Mme Amrani a tenu à faire remarquer que cette rencontre exclusivement féminine, s'érige en une plate-forme d'échange et de débat sur les écrits audacieux et courageux de Mohamed Arkoun, notamment sa conception de l'islamologie appliquée , discipline qu'il avait développée dans diverses universités européennes, américaines et maghrébines. Grâce à la brillante idée de lancer l'islamologie appliquée, feu Mohamed Arkoun s'était imposé comme une grande figure du réformisme musulman, a-t-elle insisté.
A travers cette discipline, il propose une relecture de l'histoire des courants philosophiques musulmans au moyen d'outils épistémologiques modernes privilégiant la critique par opposition à la notion de précepte immuable, a-t-elle souligné. Le film projeté ambitionne de concrétiser l'idée de cohabitation sur un même territoire, a-t-elle expliqué, soulignant, à cet égard, qu'il est grand temps de créer un espace de rencontre et de réflexion sur cet enjeu de vie en cohabitation. Le film est une initiative citoyenne pour promouvoir et tisser des liens et faire en sorte que l'esprit se libère, a-t-elle encore dit. Abondant dans le même sens, l'islamologue Ursula Günther, qui s'enorgueillit d'être considérée comme sa fille spirituelle, s'est dite certaine que feu Arkoun compte parmi les quelques professeurs chevronnés d'histoire de la pensée islamique et un des initiateurs du dialogue interreligieux.
La titulaire de la Chaire intérim de Sciences des Religions à l'université de G?ttingen, spécialisée en Islam contemporain, a estimé que ce penseur émérite avait pour seule préoccupation de confirmer la culture de dialogue inhérente à l'Islam et d'exhumer les preuves d'une histoire qui ne fut pas forcément conflictuelle entre l'Orient et l'Occident.
Non sans nostalgie dans la voix, l'épouse du défunt, Mme Touria Yacoubi Arkoun a, quant à elle, révélé que dans un souci de préserver l'œuvre de son mari de peur qu'elle ne finisse dans les oubliettes d'austères bibliothèques, elle a entrepris, des mois durant, la tâche ardue de collecte d'archives.
Aussi rude qu'elle soit, elle réussit cette gageure avec le lancement du site hommage «Fondation Mohammed Arkoun pour la paix entre les cultures».
J'ai créé cette Fondation pour centraliser toutes les œuvres de mon défunt mari, surtout les conférences, les interviews audio, les vidéos et les nombreux textes de ce grand islamologue, disparu en 2010, a-t-elle dit, faisant savoir que le trésor de son mari est mis gracieusement à la disposition du grand public.
Cette collecte, ayant nécessité trois ans de travail, permettra inéluctablement de garder vivante cette œuvre monumentale et constitue un patrimoine de l'humanité qui doit être connu et préservé également pour les générations futures.
Et Mme Yacoubi Arkoun de confier, à cette occasion, son intention de rééditer les ouvrages qui ont été épuisés et d'en publier des études traitant de l'oeuvre et du penseur. Elle n'a pas manqué d'assurer, sur le même registre, qu'elle compte organiser des manifestations aussi bien au Maroc qu'en France dans l'objectif de revisiter la pensée de cette grande figure de l'islamologie qu'est feu Mohamed Arkoun (1928-2010), qui avait développé une critique de la modernité et de la pensée islamique.
Il appelait à repenser l'Islam dans le monde contemporain en y consacrant de très nombreux ouvrages parmi lesquels «La Pensée arabe» (Paris, 1975), «Lectures du Coran» (Paris, 1982), «Penser l'islam aujourd'hui» (Alger, 1993), ou encore «The Unthought in Contemporary Islamic Thought» (Londres, 2002). Agrégé en Langue et Littérature arabes à la Sorbonne, il a enseigné dans plusieurs universités avant d'être nommé en 1980 professeur à la Sorbonne nouvelle-Paris III. Initiée conjointement par l'Institut Français et la Fondation Mohammed Arkoun pour la Paix entre les Cultures, cette rencontre a été organisée à l'occasion de la commémoration du 4ème anniversaire de la disparition du Professeur Mohammed Arkoun.


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