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Petits films pour chansons : Des vidéoclips qui partent en poussière. A quoi bon ?
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 30 - 08 - 2013

Tourner un vidéoclip est une question épineuse qui devrait tarauder l'esprit de tout chanteur marocain. Ce constat fait l'unanimité dans les rangs des réalisateurs de vidéoclips qui n'hésitent pas à interroger les interprètes sur la nature du contrat qui lie ceux-ci avec la chaîne télévisée qui diffusera leurs œuvres étant donné que ce moyen s'avère le plus idoine pour mieux valoriser ce produit.
Il est vrai que nos chaînes nationales émettent de temps à autre, faute d'espace, des chansons tournées en clips sauf que cette diffusion demeure insuffisante quant à la promotion des artistes. Et donc, ces vidéos partent en poussière! «Face à cette situation, les chanteurs se voient obliger de faire un vidéoclip avec leurs propres moyens pour finalement être partagés sur un site web d'hébergement de vidéos notamment Youtube», relève Abdessamad Charaf, réalisateur de vidéo-clips, qui a eu la chance de réaliser des films pour des chansons interprétées par la majorité des lauréats de l'émission Studio 2M.
Cependant, cette industrie, qui s'est relativement développée à partir de 2005, a tendance, selon Abdessamad Charaf qui s'estime heureux puisqu'il a contribué à cette évolution par amour à la réalisation de vidéo-clips, à connaître un déclin ces deux dernières années. Quand même, il demeure optimiste du moment qu'il entamera, en septembre prochain, le tournage d'un petit film pour la chanson «Layali» de Mohamed Adli, lauréat de l'émission The Voice, qui, pour sa part, a des craintes quant à la diffusion de son œuvre notamment sur les chaînes orientales. Et dans environ trois semaines, ce jeune réalisateur concevra le clip de «Mouchkila» de Hatim Idar qui sera également diffusé sur les chaînes orientales. Celles-ci sont, par contre, très exigeantes pour diffuser une œuvre musicale qui devrait être tournée avec une caméra ultra HD.
Et du coup, le coût diffère. Si un clip professionnel est destiné à Youtube, le prix est, selon Abdessamad Charaf, fixé à 20.000 DH versé par le chanteur, or le coût de celui réalisé avec une caméra ultra HD oscille entre 50.000 DH et 200.000 DH. De plus, la diffusion n'est pas gratuite sur les chaînes orientales et la contrepartie varie selon les temps de passage.
Alors quoi faire pour mieux valoriser les chansons marocaines et leurs interprètes ? «Créer des chaînes spécialement dédiées à la musique de notre pays ainsi les chanteurs marocains seront mieux connus de par le monde et seront invités à participer à des festivals internationaux», insiste Abdessamad Charaf. A bon entendeur salut !


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