Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, a affirmé que « le ministère, en exécution des Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et en tenant compte de l'article 16 de la Constitution qui consacre la protection des droits et des intérêts légitimes des citoyennes et citoyens marocains établis à l'étranger, a placé la défense des droits de cette catégorie au cœur de son action et de ses politiques, à travers une approche axée sur la protection et le soutien. » Dans une récente réponse écrite portant sur la protection de la diaspora marocaine en Espagne contre les agressions racistes, Bourita a souligné que « l'ambassade du Royaume du Maroc à Madrid, en étroite coordination avec les différentes représentations consulaires du Royaume en Espagne, veille à réagir de manière directe et immédiate à toute forme d'agression à caractère raciste pouvant cibler les ressortissants marocains. Cela s'effectue en entreprenant toutes les démarches et interventions nécessaires pour préserver leurs droits et sauvegarder leur dignité. » Le ministre a insisté sur le fait que « le traitement de telles situations passe par l'accompagnement et l'assistance des victimes dans les différentes démarches à entreprendre, outre la communication avec les autorités compétentes du lieu de résidence. Le cas échéant, le ministère s'active à déployer les mécanismes de concertation et de coordination bilatérale, en exhortant les gouvernements des pays d'accueil à adopter les mesures préventives et dissuasives qui s'imposent face aux actes de haine et de racisme. » Le responsable gouvernemental a par ailleurs expliqué que « lorsque des incidents à caractère raciste surviennent, l'ambassade du Royaume à Madrid établit un contact direct avec les responsables des différents ministères espagnols, ainsi qu'avec les délégués du gouvernement au niveau régional. L'objectif est d'obtenir des informations officielles et actualisées, de suivre les mesures prises pour contrer ces actes racistes, de garantir leur non-répétition et d'en protéger les citoyens marocains. » Nasser Bourita a également précisé que « l'ambassade s'efforce de communiquer avec les différentes parties prenantes afin de réfuter et de déconstruire les allégations infondées qui pourraient être colportées à l'encontre des Marocains résidant en Espagne. Ces rumeurs concernent bien souvent d'autres nationalités ou relèvent d'incidents isolés qui ne sauraient être généralisés à l'ensemble de la communauté. L'ambassade met également en exergue le rôle fondamental des Marocains en tant que puissant levier économique en Espagne, puisqu'ils constituent l'une des principales forces motrices de la croissance de la main-d'œuvre étrangère et les premiers contributeurs au système de sécurité sociale. » Sur le plan des initiatives préventives, le ministre a affirmé que « le ministère mise sur la dimension culturelle, considérée comme une porte d'entrée essentielle pour contrer ces pratiques et sensibiliser à leurs répercussions négatives. Dans ce sillage, les centres culturels à l'étranger, à l'instar de la Fondation des Trois Cultures à Séville, s'emploient à bâtir des ponts culturels et à promouvoir la culture marocaine auprès des jeunes Marocains d'Espagne et de leurs homologues étrangers. Cela se traduit par l'organisation d'événements, de journées culturelles et artistiques, ainsi que d'expositions axées sur la diffusion des valeurs de dialogue, de brassage civilisationnel et de respect des spécificités de l'Autre. » Le diplomate a souligné que « les pratiques racistes envers les immigrés en général, qui peuvent ponctuellement toucher des membres de la communauté marocaine à l'étranger, découlent d'attitudes et de perceptions fondées sur des informations erronées concernant l'Autre, ainsi que d'un manque d'imprégnation des valeurs d'ouverture, de vivre-ensemble et de tolérance. De surcroît, la rhétorique de l'extrême droite ne cesse de bâtir ses discours électoraux sur un agenda xénophobe, ciblant particulièrement les ressortissants marocains, en exploitant certains préjugés qu'elle estime encore capables d'influencer l'électeur espagnol et d'attiser ses peurs. » Il a toutefois nuancé son propos en considérant que « les agressions racistes survenues récemment de manière sporadique dans certaines villes espagnoles ne reflètent pas, pour autant, l'existence d'un climat général hostile aux étrangers en Espagne, et aux Marocains en particulier. Il convient de noter que, même lorsque des manifestations racistes de gravité variable sont enregistrées, les réactions face à ces actes sont très souvent marquées par le rejet et la condamnation unanime dès leur déclenchement. » S'agissant de l'enseignement de la langue arabe aux Marocains d'Espagne, il a mentionné que « dès qu'elle a eu confirmation du retrait des régions de Madrid et de Murcie de la mise en œuvre des accords relatifs au programme d'enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine, géré par le ministère espagnol de l'Éducation et de la Formation professionnelle, l'ambassade du Maroc à Madrid a pris l'initiative d'interpeller les ministères espagnols des Affaires étrangères et de l'Éducation. Il s'agissait de s'enquérir des raisons et des motivations de cette décision, tout en insistant sur l'impératif de prendre les mesures nécessaires pour l'annuler ; néanmoins, aucune réponse n'a été reçue de la part de ces deux instances à ce jour. » Le ministre a par la suite ajouté que « notre mission diplomatique à Madrid a également pris part à la seizième réunion de la commission mixte chargée de ce programme d'enseignement, qui s'est tenue au siège du ministère espagnol de l'Éducation le 18 juillet 2005. Lors de cette rencontre, qui a réuni des représentants du ministère espagnol de l'Éducation et de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger, le représentant espagnol a affirmé que les autorités éducatives régionales disposent de l'entière prérogative pour abroger ce programme. » Le chef de la diplomatie marocaine a conclu en affirmant que « le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger demeure pleinement mobilisé pour suivre et accompagner nos concitoyens établis à l'étranger dans toutes les situations auxquelles ils font face. Il s'engage à déployer l'ensemble des moyens disponibles pour les défendre et contrecarrer toutes les campagnes malveillantes dirigées contre eux, lesquelles sont le plus souvent orchestrées par des agendas politiques et ne résultent nullement d'un sentiment sociétal d'hostilité ou de haine. »