Lancement de la plateforme de suivi de mise en œuvre des recommandations émises par la Cour des comptes    Procès du 13 Novembre: de deux ans d'emprisonnement à la perpétuité pour les vingt accusés    Sondage du CESE: 85% des interrogés insatisfaits de l'état d'aménagement et d'urbanisation du littoral    Forsa : La SMIT dément les fausses informations concernant les appels d'offres n°100 et n°103    African Lion 2022 : les tirs d'armes retentissent à Cap Draa lors des exercices interarmées    Ministère des Habous: voici la date de l'Aïd Al Adha    Football : le Wydad sacré champion du Maroc pour la 22e fois de son histoire    Football: Palmarès des champions depuis la saison 1956-1957    Tragédie à Casablanca : l'effondrement du fronton d'un café cause trois morts    Casablanca : Trois morts et deux blessés dans l'effondrement d'une partie du fronton d'un café    Météo Maroc: temps assez chaud et rafales de vents assez fortes ce jeudi 30 juin    Drame à Casablanca: l'effondrement de la façade métallique d'un café fait trois morts    Grand prix de Tunis de para-athlétisme : Le Maroc totalise 11 médailles, dont 6 en or    France : Borne entretient le suspense    Agadir : évaluation de la réactivité de l'Unité de Secours et Sauvetage des FAR    Maroc : La mise en œuvre des recommandations la Cour des comptes suivie grâce à une plateforme    Quel avenir pour le Made in Morocco    « Art à Porter » à la galerie Marsam    «Sahran Lil» en collaboration avec Universal Music MENA    Le Festival de Fès de la Culture Soufie de retour en présentiel    Bonne gouvernance et gestion locale : la nouvelle méthode Laftit    Mohamed Benchaâboun : « Le Maroc restera engagé pour la réalisation des objectifs conjoints de la TICAD »    Covid-19 au Maroc: le bilan de ce mercredi 29 juin    Anfa Park / Casablanca : Le programme du Jazzablanca Festival dévoilé    Détresse lors d'une veillée pour les migrants retrouvés morts dans un camion au Texas    Nouvelle vague de Covid-19: Les Marocains appelés à renforcer leur immunité collective (Tayeb Himdi)    Drame de Melilla : L'AMDH réclame des autopsies    Immigration illégale. Pedro Sanchez appelle au soutien du Maroc    Migration illégale: Pedro Sanchez appelle à aider le Maroc à faire face aux mafias    Variole du singe : plus de 3.400 cas confirmés dans le monde (OMS)    Les précisions de Chakib Benmoussa    Prix à la pompe : La barre des 16 dh pour le diesel et 18 dh l'essence bientôt franchie    Finance durable : l'AMMC et l'IFC signent un nouvel accord    Le sommet de Madrid organisé par l'Otan confirme une position unique antirusse    Futsal : La sélection nationale marocaine intègre le Top 10 mondial    Quand Kenza Hamoumi allie le végétal à la féminité dans ses toiles    Renault express fête sa 1ère année de commercialisation avec plus de 10 000 unités vendues au Maroc    La chanteuse égyptienne Sherine est-elle en froid avec Saad Lamjarred ? (PHOTO)    Conseil de gouvernement: Positif au Covid-19, Baitas n'animera pas le point de presse    Mustapha Hadji poursuit Vahid Halilhodzic pour diffamation    UE : Les 27 actent la fin du moteur thermique en 2035    Europa Press : Assaut de Melilla, « Sánchez confirme des décès dans la police marocaine »    Coopération sécuritaire : Pourquoi le Maroc est de plus en plus sollicité ?    JM Oran 2022 : Elliot Benchetrit file en quarts de finale    Ecriture et infini : La mystique en littérature pour l'amour de soi et de l'autre    Correspondances : Jalil Bennani et Roland Gori font le pari du Sud    Ouahbi: Le gouvernement engagé à parachever les importants chantiers issus de la réforme constitutionnelle    Football U18 : Le Maroc bat l'Algérie aux Jeux méditerranéens    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



«L'IRCAM n'est inféodé à personne»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 02 - 04 - 2004

L'Institut royal de la culture Amazighe (IRCAM) vient de présenter le premier manuel scolaire en langue amazighe. Ahmed Boukous, recteur de l'IRCAM, en explique la teneur et clarifie, au passage, certaines choses à l'adresse des activistes amazighes.
ALM : Comment qualifiez-vous la réalisation d'un manuel scolaire amazigh ?
Ahmed Boukous : La réalisation du manuel Tifawin a tamazigh (Bonjour tamazighte) est un événement historique qu'il convient de saluer à sa juste mesure. C'est en effet la première fois dans l'histoire de l'éducation au Maroc qu'un ouvrage d'enseignement de l'amazigh est adressé à des enfants marocains de langue maternelle amazigh et arabe. Ce manuel est destiné à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Il comprend aussi des textes relatifs à la culture amazigh, notamment des contes, des comptines et des devinettes. Sa principale originalité est qu'il est entièrement rédigé en tifinaghe, graphie officielle de l'amazigh, et réalisé dans le cadre d'une approche pédagogique novatrice. Il est élaboré par une équipe mixte comprenant des chercheurs de l'Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) et des experts du ministère de l'Education Nationale et de la Jeunesse selon les prescriptions pédagogiques et techniques stipulées dans le cahier des charges concernant la confection du manuel scolaire en général.
Concrètement, qu'est-ce qui va changer avec la publication de ce manuel ?
Beaucoup de choses vont changer et dans le bon sens. En effet, c'est la première fois que l'élève va aborder l'amazigh dans sa maternelle et dans sa culture première. Cela est très important car, en rentrant pour la première à l'école, il va être accueilli dans sa langue maternelle dans un environnement nouveau pour lui. Par le moyen de cette langue, il va recevoir les enseignements fondamentaux qui vont déterminer sa trajectoire scolaire et plus tard sociale.
Son équilibre psycho-affectif et ses capacités cognitives n'en seront que plus affermis. En outre, l'enseignement de l'amazigh va permettre à la langue et à la culture amazighes de se développer et de se moderniser afin de faire face aux nécessités de l'éducation formelle, de la communication et de la création dans monde sans cesse changeant et par surcroît menacé par le processus d'uniformisation qu'impose la mondialisation des échanges.
Quelle est la politique éditoriale de l'IRCAM dans la perspective de l'accomplissement de la langue amazigh ?
L'IRCAM a effectivement une politique éditoriale mûrement réfléchie. Elle vise à faire connaître la langue et la culture amazighes par le moyen du livre, à encourager la recherche publiée sur l'amazigh et, surtout, à produire des outils pédagogiques destinés les uns à l'enfant et les autres à l'adulte. C'est ainsi que l'IRCAM a déjà réalisé le manuel scolaire, Tirra, un ouvrage sur l'origine de l'écriture amazigh. D'autres supports didactiques, notamment des contes, des comptines, une BD, un dictionnaire imagier vont bientôt voir le jour. En outre, des ouvrages consacrés à l'histoire, à la langue, à la culture et à la société sont en voie de réalisation.
Enfin, il est incontestable que la politique éditoriale de l'Institut va contribuer à la mise à niveau de l'amazigh et à son accomplissement en tant que langue à part entière. Ceci va sans aucun doute enrichir le paysage éditorial marocain et affirmer le caractère pluriel de notre culture pour l'enrichissement de notre société et de notre pays.
Au moment où la Kabylie vit une crise identitaire violente, pensez-vous que l'IRCAM soit de nature à calmer les appréhensions des activistes amazighes ?
Les termes dans lesquels se pose la revendication identitaire chez nous sont différents. En effet, au Maroc la création de l'IRCAM s'inscrit dans une stratégie claire énoncée dans le discours royal d'Ajdir et confirmée dans le dahir créant et organisant cette institution. Il s'agit d'une institution qui a une place définie dans un projet de société démocratique et moderniste dans la mesure où la création d'une institution dévolue à l'amazigh est un signe de reconnaissance des droits linguistiques et culturels amazighes. Un gage dans la voie de la constitution d'un Etat de droit qui reconnaît la pluralité culturelle et linguistique de notre société. Cette reconnaissance est à mon sens une chance historique qui est offerte aux Imazighens et à tous les citoyens marocains pour valoriser la langue et la culture amazighes en tant que composantes de la culture nationale. Ignorer ce fait ou combattre l'IRCAM revient à faire objectivement le jeu des adversaires de l'amazighité dans notre pays. En ce moment où l'intolérance menace notre intégrité, notre devoir est de nous unir pour bâtir ensemble un rempart face aux intégrismes. Ce rempart est fondé sur la démocratie, la modernité et le développement. Voilà les véritables enjeux.
Pourtant, certains activistes amazighs ne sont pas satisfaits des mesures prises pour la reconnaissance de l'amazigh. Comment réagit l'IRCAM à leurs propos ?
Encore une fois, l'IRCAM est une institution nationale dotée de la pleine capacité juridique. Il a des instances qui fonctionnent selon les normes de la gestion moderne. Il élabore ses plans d'action en toute autonomie. Il n'est donc inféodé à aucune partie.
Chose aussi importante : de nombreuses personnes travaillant à l'IRCAM sont également des militants du mouvement associatif. Il ne doit pas y avoir de rupture entre ce mouvement et l'IRCAM. Il doit y avoir au contraire bonne intelligence et coopération avec les associations. D'ailleurs, beaucoup ont répondu à l'appel de l'IRCAM pour travailler en partenariat sur des actions précises, notamment la collecte des matériaux linguistiques et culturels, la formation en langue et culture amazighes, l'enseignement de l'amazigh, l'organisation de cours d'alphabétisation et la publication des actes des colloques organisés par les associations. Un principe fondamental anime nos rapports avec le mouvement associatif : la coopération dans l'indépendance.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.