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Combattre le terrorisme par la démocratie
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 12 - 09 - 2003

Plus la démocratie se consolide, plus le pays est appelé à se protéger contre la dépravation terroriste. Les acquis des 27 septembre 2002 et 12 septembre 2003 sont l'antidote de la maladie mortelle du 16 mai.
«Le terrorisme international a frappé ce soir à Casablanca. Il s'agit de kamikazes qui ont frappé l'hôtel SAFIR, le Consulat de Belgique, un ancien cimetière juif, un club de la communauté juive et une bombe qui a explosé à la Casa de Espana.
Dans les minutes qui ont suivi ces attentats, une cellule de crise a été immédiatement mise en place à Rabat et à Casablanca ».
C'est en ces termes que le ministre de l'Intérieur, Mostafa Sahel, a, dans une déclaration à la presse faite le 17 mai, annoncé le ton des événements qui ont introduit le Royaume du Maroc dans la sphère des pays touchés par le terrorisme international, et fait 45 morts dont 12 kamikazes.
Le même jour, est arrivé SM Mohammed VI à Casablanca où Il a présidé une séance de travail consacrée à l'examen des répercussions des actes terroristes qu'a connus la ville.
« La signature est celle du terrorisme international », a affirmé M. Sahel, le 17 mai, relevant « la concomitance » de ces attentats ainsi que « leur mode opératoire ». Mais sans fournir de renseignements précis sur les terroristes.
Message clair. Car, à l'évidence, le choix du Maroc ne saurait être aléatoire.
La première réaction est que « le Royaume du Maroc ne se laissera pas intimider, ni déstabiliser par ceux qui veulent aujourd'hui s'attaquer aux acquis démocratiques et constitutionnels de notre pays ».
L'Arabie saoudite a été bombardée, trois jours avant Casablanca, et la liste des villes ou pays ciblés par la nouvelle vague terroriste est loin d'être exhaustive.
Mais, contrairement à d'autres villes et à d'autres pays, Casablanca vit le 25 mai, l'une des plus imposantes manifestations que le monde arabe a connus au cours de son histoire.
Une semaine plutôt, le Parlement donne le ton de l'ambiance qui règne dans le pays et se transforme en lieu de débats houleux entre les courants modernistes et islamistes. Le 17 juin, le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq, fait part d'une stratégie de son ministère et de l'éminente création d'une Direction des mosquées ainsi que de plusieurs projets et mesures qui devront redresser la situation dans le pays.
Mais, entre temps, un islamiste d'Agadir âgé de 22 ans et appartenant au réseau Daâwa oua Tabligh a blessé 7 personnes au couteau avant de se donner la mort.
Les enquêteurs ont trouvé au domicile de ce jeune islamiste plusieurs cassettes vidéo et audio évoquant le djihad.
La ramification des combattants fanatiques dans différents lieux et régions est une donne irréfutable.
Durant la période qui nous sépare du vendredi noir du 16 mai, un millier de personnes sont interpellées par la justice pour appartenance à la Salafia Jihadia, et il ne relève guère du pur hasard de confirmer l'existence d'une main étrangère dans cette affaire, en l'occurrence celle de la cellule Al Qaïda, comme l'ont confirmé les différents responsables gouvernementaux du Maroc.
Mais, ce n'est que plus tard que le lien avec l'étranger a été bel et bien confirmé. L'arrestation du français Pierre Robert et le passage de bon nombre de détenus en Arabie saoudite et en Afghanistan vont s'avérer concluants et tranchants dans cette affaire.
La thèse qui a justifié l'arrestation de trois Saoudiens, en mai 2002, qui indiquait déjà de réelles pistes d'investigation, restées jusque-là occultées ou refoulées, y compris de la part de certains milieux politiques, pourtant maintes fois avisés et informés de la gravité de la situation, va s'avérer juste.
Le terrorisme pointait réellement à l'horizon et n'est guère la pure création de sphères sécuritaires. Hier, encore des coups de feu se sont fait entendre à Casablanca. Un marocain juif vient de succomber à ses blessures, mais, est-ce à dire que la contagion suicidaire et criminelle est une donne structurelle ? Rien ne confirme cette hypothèse, sinon que les Marocains, dans leur majorité écrasante, sont séduits par les promesses de la démocratie et non par le phénomène du suicide ambulant et le paradis virtuel du désespoir.


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