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Périscope : Amalgame
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 11 - 10 - 2002

Le monde arabe n'est pas hostile à l'Occident, pas plus qu'il n'est hostile aux valeurs de liberté, de démocratie et aux principes qui fondent la communauté internationale.
Le monde arabe n'est pas hostile à l'Occident, pas plus qu'il n'est hostile aux valeurs de liberté, de démocratie et aux principes qui fondent la communauté internationale. Mais il est opposé à la politique américaine vis-à-vis du peuple palestinien qui se bat pour le recouvrement de ses droits légitimes à disposer d'un Etat indépendant et souverain. Il est opposé à l'alignement systématique de Washington sur les positions de Tel-Aviv. Il refuse de cautionner un George Bush qui menace l'Irak sans se soucier de l'opinion de ce même monde arabe.
Particulièrement unanime, même au sein de l'intelligentsia, ce rejet n'y peut pourtant rien : l'Amérique continue de se méprendre sur l'importance de ce rejet, donnant encore l'impression de vouloir le sous-estimer. Le 11 septembre est perçu par les Etats-Unis comme étant constitutif d'un monde nouveau. Cette date est devenue la matrice de l'approche américaine à l'égard des Arabes, de façon simpliste, sans égard même pour les plus américains d'entre eux. De nombreux chefs d'Etat arabes sont autant d'alliés stratégiques qui se trouvent pratiquement à la rue, cherchant depuis cette date fatidique un autre rôle.
La question palestinienne n'est plus un obstacle pour les Etats-Unis pour aller outre les aspirations légitimes du monde arabe. Ils ont ainsi empoigné l'autre crise du Proche-Orient qui ne cesse de les obséder, l'Irak. Certes, le caractère fasciste de Saddam Hussein ne fait aucun doute, mais Washington n'a apporté aucune preuve tangible d'une aide de Bagdad à Oussama Ben Laden. Rien ne permet, non plus, d'avancer que le Hamas ou d'autres mouvements palestiniens aient le moindre lien avec l'organisation Al Qaïda. Amalgamer ces réseaux terroristes et la résistance nationaliste des mouvements palestiniens, dans un suivisme stupide des discours d'Ariel Sharon, ravive bien des animosités.
Au lendemain d'un discours du président américain consacré au Proche-Orient, on assurait en Israël qu'Ariel Sharon aurait pu en écrire chaque mot. Derrière cette approche, le message est clair : Israéliens et Américains ont leur destin lié. Pour le pire et pour le meilleur. Pourquoi s'étonner, dès lors, de l'hostilité du monde arabe ?


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