Nadia Fettah le confirme lors de son passage au Parlement L'économie marocaine toujours résiliente ! C'est en ces termes que Nadia Fettah, ministre de l'économie et des finances, a tenu à rassurer lors de son passage lundi 6 juin au Parlement. En réponse à une question qui lui a été adressée lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, la ministre a fait savoir que malgré les crises successives et dont les aléas ont atteint le Maroc, plusieurs secteurs affichent une résilience. Citons dans ce sens les exportations industrielles, la reprise de l'activité touristique et l'agriculture dont le programme exceptionnel élaboré par le gouvernement sous Hautes Instructions Royales a permis au secteur d'être au rendez-vous et ce en dépit des conditions climatiques difficiles. A cela s'ajoutent également les programmes Forsa et Awrach qui tendent à stimuler l'employabilité au niveau national. Le soutien des transporteurs, un choix judicieux La hausse des prix du carburant a été également au menu de cette plénière. La ministre a souligné dans ce sens que la hausse des prix et les difficultés d'approvisionnement représentent un enjeu mondial. Les répercussions du conflit entre la Russie et l'Ukraine se font sentir au Maroc. «Nous sommes appelés à gérer cette crise sans pour autant délaisser les grands chantiers contenus dans le programme gouvernemental», affirme Mme Fettah. Et de poursuivre qu'«il y a des choix directs que nous devons préserver. Le grand enjeu aujourd'hui est le stock stratégique. Le gouvernement œuvre avec l'ensemble des acteurs pour alimenter le marché en carburants et céréales de façon régulière contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays voisins». La ministre souligne par ailleurs que malgré le manque de visibilité quant à une éventuelle baisse des prix, le gouvernement reste mobilisé et apportera de nouvelles mesures pour accompagner les citoyens dans cette crise. En effet, les cours du pétrole et des combustibles ne cessent de s'accroître depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Ces hausses se sont répercutées de façon directe sur les prix des matières premières et des denrées de base. Pour amortir ce choc et réduire l'impact sur le pouvoir d'achat des consommateurs, la ministre rappelle que le gouvernement a adopté un choix judicieux : celui de soutenir le secteur des transports bénéficiant à ce jour 180.000 véhicules. En ce qui concerne la compensation, le budget fixé pour 2022 atteindra les 30 milliards de dirhams. Investissement public : Un taux de réalisation de 40% L'investissement public a également figuré parmi les points abordés lors de cette séance de questions orales. A cet égard, Nadia Fettah a rappelé qu'il s'agit d'un choix clair pris par le gouvernement et dont l'impact est bénéfique pour atteindre la justice territoriale. «Le gouvernement a décidé cette année de mobiliser un montant exceptionnel de 245 millions de dirhams réparti en quatre axes», indique la ministre. Il s'agit en effet des secteurs productifs, en l'occurrence l'industrie et l'agriculture, les énergies renouvelables et les infrastructures pour lesquelles le gouvernement a consacré un investissement de 47 milliards en 2022. L'Etat social s'érige par ailleurs comme un investissement prioritaire pour le gouvernement actuel. «C'est notre priorité et on continuera d'y investir pour rehausser la croissance à l'avenir», relève-t-on de Nadia Fettah. La ministre a indiqué dans ce sens qu'en dépit de la conjoncture difficile, le taux de réalisation des investissements publics s'est élevé à 40% à fin avril, alors que le taux d'émission des dépenses a atteint 75%, soit le même niveau enregistré en 2021. La ministre a également apporté des éclaircissements par rapport à la réduction des coûts de transferts d'argent. Elle a dans ce sens précisé que la taux a baissé de 200 à 400 points de base au titre des 10 dernières années pour atteindre actuellement les 6,4%. Il s'agit selon Mme Fettah de la moyenne la plus basse du MENA. Toutefois elle reste élevée si l'on compare avec les recommandations des l'ONU qui tablent sur un taux de 3% à l'horizon 2030. Pour atteindre ce niveau, la ministre mise sur la compétitivité à travers le déploiement de solutions digitales en l'instar des M-wallet qui favoriseraient le transfert d'argent à un coût moindre.