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Le jeûne n'explique pas la mauvaise humeur de certains
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 04 - 09 - 2008

Nombreuses sont les personnes qui prennent le mois sacré du Ramadan comme excuse pour expliquer leur mauvaise humeur ou leurs fréquentes et subites colères. Les avis diffèrent quant à ce comportement qui prend beaucoup d'ampleur pendant la période du jeûne.
C'est durant le mois sacré du Ramadan que l'on rencontre ces personnes qui jouent sur le qui-vive et qui se mettent en colère pour un oui ou pour un non. Alors que le mois sacré du Ramadan devrait normalement être une période de piété, de partage, de tolérance et de pardon, certaines personnes et Dieu sait combien elles sont nombreuses, en profitent pour déverser gratuitement leur colère sur les autres. Selon Mohsine Benzakour, chercheur universitaire en psychosociologie, il existe plusieurs catégories de coléreux. «Prenant d'abord le cas des grands fumeurs et spécialement ceux qui fument plus de dix cigarettes par jour. On sait que la nicotine peut jouer sur le système nerveux du fumeur. Elle peut avoir un effet calmant ou excitant selon l'état d'esprit de ce dernier et selon la quantité de nicotine absorbée». Mais cela n'explique en rien, ni n'excuse le comportement fâcheux et coléreux de certains individus. Car tous les fumeurs ne sont pas des coléreux. Concernant les non- fumeurs, et toujours selon les propos confiés à ALM par Mohsine Benzkour, il existe plusieurs cas de coléreux «occasionnels» et qui ne se manifestent que pendant le mois du Ramadan. «Il existe plusieurs catégories : Nous avons ceux que l'on peut qualifier de lâches. Et ce sont ces personnes qui prennent la période du jeûne comme prétexte pour déverser leur rancœur sur les autres, profitant souvent de la candeur et de la tolérance de ces derniers». C'est donc un manque de courage qui pousse cette catégorie de personnes à agir de la sorte durant le mois du Ramadan. «Il faut savoir qu'ils sont pleinement conscients de leur acte d'agressivité gratuite envers les autres», affirme Mohsine Benzakour. En plus de cette première catégorie, on rencontre un autre ensemble de personnes que les psychosociologues rangent dans la catégorie des opportunistes. Pour M. Benzakour, «Les opportunistes sont ceux qui profitent des opportunités, le mois sacré du Ramadan par exemple, pour manifester leur colère. Dans les deux cas, rien n'explique l'emportement souvent gratuit de ces personnes. Ce sont une fois de plus des actes commis conscienmment».
De ces deux cas précités, découle un phénomène social qui s'ancre dans toute société et qui fait que les individus croient par ignorance que ces crises de colère souvent insensées, sont les pures conséquences du jeûne, «alors que c'est pratiquement et complètement faux», confirme Mohsine Benzakour et d'ajouter que «la faim est un besoin biologique de manger quelque chose. Les signaux de la faim réelle sont des gargouillements dans l'estomac, la fatigue ou une mauvaise concentration, mais jamais la colère. Il y a plusieurs façons de gérer les émotions comme le stress et l'ennui. Ettablisez une liste de 10 choses que vous pouvez faire lorsque vous êtes dans cet état: (lire un livre, prendre un bain, se promener, écouter ce qui vous apaise ou appeler un ami...) autant d'idées pour vous mettre en équilibre», explique Benzakour. Le mois sacré du Ramadan devrait permettre au corps de se débarrasser de beaucoup de toxines notamment pour les fumeurs.
C'est une période d'éducation pour promouvoir l'éthique et les bonnes manières. Les gens qui fument ou ceux qui font éclater leur colère prétextant que les autres en sont la raison, ceux-là contredisent l'esprit et la lettre d'une religion qui prône tolérance et pacifisme. Il faut cesser de dire comme le confirme Benzakour : «pardonnez-lui son emportement car il jeûne». La colère pendant le mois du Ramadan est une défaillance du comportement de la personne. «Le mois sacré du Ramadan devrait être une bonne occasion pour les fumeurs d'arrêter de fumer», conclut Mohsine Benzakour.


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