La modernisation du recouvrement des amendes routières franchit une nouvelle étape. En concertation avec l'Agence Nationale de la Sécurité Routière (NARSA) et la Trésorerie Générale du Royaume, le ministère de l'Intérieur étudie la généralisation des terminaux de paiement électronique, afin de renforcer la transparence des paiements, d'accélérer les procédures et d'améliorer l'expérience des usagers. L'impératif de modernisation des services publics et l'alignement sur les standards numériques contemporains dictent une trajectoire résolue pour l'administration marocaine. Cette volonté se manifeste dans la gestion des amendes de circulation, un domaine où l'efficacité et la transparence sont des enjeux cruciaux. Le ministre de l'Intérieur, M. Abdelouafi Laftit, a récemment entériné cette orientation, en réponse à une interpellation parlementaire relative à l'extension des modalités de règlement électronique des contraventions routières. Il a ainsi confirmé l'étude de faisabilité, menée de concert avec la NARSA et la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), concernant le déploiement généralisé des terminaux de paiement électronique (TPE). Cette mutation n'est pas le fruit d'une impulsion soudaine, mais s'inscrit dans une stratégie graduelle et réfléchie. Initialement, le dispositif s'est concentré sur l'instauration d'un système multicanal dédié aux procès-verbaux différés. Cette première phase a permis aux contrevenants de s'acquitter de leurs obligations pécuniaires tout en bénéficiant des abattements légaux, via une panoplie d'options incluant les guichets bancaires, les agences de proximité, les bureaux de la TGR, et le virement bancaire. Lire aussi : Casablanca-Rabat : Début des travaux de l'autoroute continentale reliant les deux métropoles L'étape subséquente a vu l'élargissement de ce champ d'application aux règlements immédiats ou différés, offrant la possibilité de s'acquitter de l'amende transactionnelle ou forfaitaire in situ, non seulement par espèces ou chèques, mais également par des solutions de banque électronique, des services bancaires mobiles et la plateforme numérique de la TGR. L'intégration des TPE représente l'apogée de cette trajectoire de dématérialisation. Ces outils, omniprésents dans les systèmes de paiement modernes, garantissent un règlement instantané et sécurisé par carte bancaire ou tout autre moyen électronique agréé, éliminant de facto la manipulation du numéraire. Pour l'appareil administratif, cette généralisation est synonyme d'un gain d'efficience substantiel. Elle promet une réduction significative des délais de traitement, une traçabilité accrue des flux financiers, une limitation des risques d'erreur ou de dépassement, et une documentation méticuleuse de chaque opération d'encaissement. Sur le plan organisationnel, elle favoriserait l'intégration des services de sécurité dans une chaîne numérique unifiée, facilitant le contrôle et l'audit. Du côté des usagers, l'adoption des TPE est perçue comme un gage de souplesse et de commodité. Elle permet un paiement sur place, réduisant les pérégrinations administratives et le désengorgement des guichets, tout en préservant l'accès aux réductions légales. Des experts du secteur bancaire soulignent, par ailleurs, que cette dématérialisation est un puissant vecteur de confiance dans l'action publique, en instaurant des circuits de paiement sécurisés et parfaitement transparents.