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Les leçons d'une crise
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 21 - 12 - 2009

Le Maroc a eu tort, sur un coup de sang lié à une provocation préparée à l'avance, ourdie comme un complot, de dépouiller une Marocaine de sa nationalité.
Tout Marocain patriotiquement bien constitué ne peut ressentir
qu'un seul sentiment après le dénouement calamiteux de l'affaire Haidar
: la colère. Non pas parce qu'une femme a échappé à la mort. Mais, la
colère parce que notre affaire nationale n'est pas sortie de cette
crise mieux comprise, ni plus renforcée. La colère parce que notre
gouvernance, y compris médiatique, de ce qui est notre droit
inaliénable, le droit à l'unité, ne s'est pas trouvée davantage
légitimée notamment sur le plan international. La colère parce que le
séparatisme à la solde de l'Algérie sort avec une image encore plus
trompeuse que jamais. Pendant plus d'un mois, dos au mur, sous les
coups de boutoirs de la propagande d'Etat algérienne, devant une
opinion publique internationale, bluffée, qui ne comprenait plus nos
motivations ou notre démarche, nous avons reculé. Le pays le plus
avancé — et ce n'est pas du chauvinisme mal placé — dans le monde arabe
en matière des droits de l'Homme et dont l'expérience démocratique est
la plus prometteuse se trouvait brutalement cloué au pilori.
Stigmatisé. Blâmé. Désavoué. Même par ses amis. Pas comme ça, pas de
cette façon, et pas vous, nous disaient-ils. Le Maroc a eu tort, sur un
coup de sang lié à une provocation préparée à l'avance, ourdie comme un
complot, de dépouiller une Marocaine de sa nationalité. Une Marocaine
certes égarée, manipulée, séparatiste, à la solde des adversaires de
son unité nationale et de son intégrité territoriale mais Marocaine
quand même. Là est la faute originelle, pour laquelle nous sommes
démocratiquement, aujourd'hui, en droit d'attendre des explications
formelles et sérieuses. Nous voulons des explications, aussi, sur la
responsabilité dans la gestion, depuis l'origine, de cette scabreuse
affaire tellement le périmètre de cette responsabilité semble variable
et sa densité vaporeuse. Toutefois, pour nous, le temps ne va pas
s'arrêter de tourner, et l'Etat marocain, un Etat multiséculaire, avec
une Monarchie légitime et populaire, ne va faire, ou déposer le bilan,
faillite comme une vulgaire entreprise informelle. Mais nous devons
consolider notre projet démocratique, notre cause nationale, notre
unité, la construction de notre démocratie, notre vivre-ensemble en
apprenant de nos erreurs même quand, parfois, par incompétence, elles
ont risqué d'être fatales à notre Nation. Que faire désormais
d'Aminatou Haidar et de ses semblables séparatistes vivant sur le sol
national ? Ont-ils un statut ? Ont-ils des droits ? Quels sont leurs
devoirs ? Leurs allégeances sont-elles légitimes ? Sont-ils des
traîtres ? Quelle liberté d'aller et venir ont-ils ? Faut-il les juger,
les éradiquer, etc. En refusant de répondre à ces questions de fond,
nous préparons les crises, les erreurs, les fautes de l'avenir. Celles
qui font, par amateurisme et coups de sang inutiles, si mal à ce pays.
Pour se projeter dans l'avenir d'une manière sérieuse, féconde et
constructive, il est préférable en la matière de se doter,
scientifiquement, de quelques doctrines et de quelques références
préalables.


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