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Label marocanité : l'imposture de l'éthique
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 14 - 05 - 2010

Les festivals, on le sait, dérangent les islamistes. La musique, et ils le savent, est le seul domaine où ils perdent pied.
En dehors des chants religieux qui restent à audience limitée, tout ce qui est notes, rythmes, percussions ou vocalises prompts à s'emparer de l'âme et des cœurs, doit être, à leurs yeux, détesté et maudit. Ils n'ont donc jamais aimé «Mawâzine» pas plus qu'ils n'aiment «L'Boulevard» ou le Festival d'Essaouira. Et à la limite, c'est leur droit le plus strict et le plus absolu. Mais ce que, en revanche, on doit leur refuser, c'est de parler au nom de tout le peuple marocain. Nous aimons Elton John. Non pas pour son homosexualité, ses provocations ou pour ses accoutrements et lunettes excentriques. Nous l'aimons parce que c'est un grand, très grand artiste. Nous l'aimons pour «Your song» ou pour «Don't let sun down on me». Nous voulons le voir chez nous. Sur le sol marocain. Et, j'en suis convaincu, le public sera au rendez-vous. Ce public ne viendra pas de Sodome et Gomorrhe et personne ne deviendra statue de sel. Ils seront nombreux à venir des quartiers de Rabat, de Salé ou d'ailleurs. Seront-ils pour autant homosexualisés? Il faut raison garder. L'homosexualité assumée d'Elton John, et c'est sa liberté individuelle, n'est pas, à ce que je sache, contagieuse. Il n'y a donc pas de risque d'épidémie. Où est le problème alors ? La demande d'interdiction du concert par un parti conservateur participe de l'opportunisme politicien. Cela aurait été de bonne guerre s'il n'y avait, pour notre pays et son image international, ce retour de bâton puissamment négatif tant l'artiste désigné au couperet de la censure est une icône planétaire. Nous sommes, avec un problème au sud, un voisin hostile à l'est, l'Atlantique à l'ouest et la Méditerranée au nord, presque un pays insulaire. Avec ces offensives intégristes, il y a le risque qu'on devienne des reclus frappés d'insularité culturelle. Mawâzine, particulièrement ces dernières années, constitue un élément d'ouverture extraordinaire et une vitrine qui célèbre les notions de diversité et de rythme. En faisant, ce festival expose aux yeux du monde la part la plus merveilleuse de notre pays et la plus indicible de notre peuple dont la tolérance, le respect de l'autre et surtout sa propre diversité, islamistes compris. Allons-nous alors laisser le soldat Daki seul batailler, avec pour unique plaidoyer la culture, face à cette mystification politicienne qui nous invite à de la chasteté feinte. Il faudrait qu'on soit plus nombreux à s'élever contre ces moines-soldats vertueux, rompus à l'imposture de l'éthique. Sans quoi, nous sommes désormais dans le silence des agneaux.

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