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La tragédie humanitaire de Gaza : entre impératifs moraux et réalités politiques
Publié dans Barlamane le 10 - 08 - 2025

Il convient, avant toute analyse de la guerre de Gaza et de la tragédie humanitaire qui frappe aujourd'hui les Gazaouis, de poser quelques prémisses inattaquables. Les erreurs du gouvernement israélien actuel et les images bouleversantes de destruction et de famine ne doivent pas occulter certaines réalités fondamentales. Les ignorer, ce serait courir le risque, une fois de plus, de retomber dans les horreurs de l'antisémitisme ou de banaliser la Shoah.
Précisions préalables indispensables
1. Critique légitime : on peut – et parfois on doit – critiquer les politiques du gouvernement israélien, y compris lorsque son Premier ministre place ses intérêts politiques personnels au-dessus de ceux de l'Etat. Dans un pays comme Israël, cette dérive est particulièrement grave.
2. Critique motivée par l'antisémitisme : une autre catégorie de critiques provient de l'antisémitisme, tapi au sein des franges extrêmes de nos sociétés – extrême droite, gauche radicale, et même une partie de l'ancienne gauche modérée radicalisée – qui profite de la situation au Proche-Orient pour afficher son visage le plus sordide.
3. Exigence d'équilibre et de retenue : l'analyse doit rester équilibrée, prudente et, autant que possible, dénuée de passion.
4. Distinction morale fondamentale : mettre Israël et une organisation terroriste comme le Hamas sur le même plan, malgré les erreurs du gouvernement et la gravité des conséquences humanitaires, serait une faute morale. La Ligue arabe elle-même a exigé la reddition et le désarmement immédiat du Hamas. Israël, de son côté, doit mettre fin à la guerre et à la tragédie humanitaire, mais la nature des exigences morales envers l'un et l'autre n'est pas comparable.
5. Légitimité internationale d'Israël : l'Etat d'Israël est né de manière légitime, reconnu par le droit international. Utiliser la tragédie de Gaza pour en contester l'existence revient à servir la stratégie, mûrement calculée, de ses ennemis. La sécurité des quelque 7 millions de citoyens juifs d'Israël – et, au-delà, celle d'une communauté juive mondiale de moins de 16 millions de personnes – constitue un impératif moral pour la communauté internationale.
6. Une menace existentielle permanente : depuis sa naissance, Israël vit sous la menace constante de son anéantissement. Cette donnée existentielle reste mal comprise en Europe et ailleurs.
Le 7 octobre : barbarie terroriste et calvaire des otages
La guerre de Gaza a commencé par l'attaque brutale et planifiée du Hamas et du Jihad islamique : environ 1 300 personnes assassinées et 250 otages enlevés. Pour ces organisations, la population civile n'est qu'un bouclier humain et une monnaie d'échange. Depuis 2007, Gaza vit sous la férule du Hamas : les Gazaouis en sont les premières victimes.
«Le Hamas n'est pas un mouvement de libération : c'est une machine de mort qui sacrifie les siens pour ses objectifs idéologiques» — Amos Yadlin, ancien chef du renseignement militaire israélien.
Un Premier ministre prisonnier de ses calculs politiques
La situation judiciaire et politique de Benyamin Netanyahou est précaire. Un cessez-le-feu pourrait signifier la fin de son gouvernement et l'organisation d'élections anticipées. Pour ses opposants, cette perspective expliquerait sa réticence à mettre fin au conflit, malgré sa justification initiale.
Dissensions au sommet et contestation sociale
La démission de Benny Gantz en juin 2024, dénonçant l'absence de plan pour «le jour d'après», a révélé les fractures au sein du cabinet de guerre. Dans les rues, la mobilisation est massive : grèves, blocages, rassemblements hebdomadaires menés par le Forum des familles d'otages. Les slogans Deal Now ou Bring Them Home traduisent une exigence unanime : sauver les otages et mettre fin à la guerre.
Des voix respectées, comme l'acteur américain Mandy Patinkin (Homeland) ou l'actrice britannique Miriam Margolyes (Harry Potter), ont dénoncé la prolongation du conflit comme immorale, pointant le risque d'alimenter l'antisémitisme mondial.
Selon l'OCHA (ONU), 70 % des bâtiments de Gaza étaient détruits ou endommagés en avril 2025 ; l'OMS indiquait en mai que 94 % des hôpitaux avaient subi des frappes. L'ONG Physicians for Human Rights – Israel parle d'un «anéantissement du système de santé», privant 2,2 millions de personnes de soins de base.
L'appel des 550
En août 2025, plus de 550 anciens hauts responsables sécuritaires – ex-directeurs du Mossad, du Shin Bet, généraux – ont demandé à Washington de forcer la fin de la guerre et la libération des otages. Ils alertent sur le dommage stratégique que cause la poursuite de la guerre à la sécurité d'Israël et à la cohésion des communautés juives dans le monde.
L'impasse du "jour d'après"
Aucune stratégie politique crédible n'existe pour l'après-guerre. Les questions clés demeurent sans réponse :
● Durée de l'occupation : Netanyahou évoque un «contrôle militaire total», sans horizon de sortie.
● Garanties de sécurité : quelles forces contrôleront les frontières et empêcheront la contrebande d'armes ?
● Autorité civile : Washington propose une ANP réformée ; Netanyahou refuse. Les Etats arabes discutent d'une administration transitoire et d'un fonds de reconstruction de 20 milliards USD.
● Reconstruction : Banque mondiale et ONU estiment le coût à 53 milliards USD sur 10 ans.
● Prévention du réarmement : sans contrôle effectif, Gaza replongera dans la guerre.
«Sans solution politique à deux Etats, aucun cessez-le-feu ne sera durable» — António Guterres, Secrétaire général de l'ONU.
Responsabilités attestées
1. Responsabilité duale : le 7 octobre est un crime de guerre et contre l'humanité du Hamas et du Jihad islamique, avec le soutien de l'Iran et du Hezbollah.
2. Pas de punition collective : l'objectif de la guerre ne peut être l'anéantissement fonctionnel de Gaza ni la famine comme instrument de pression.
3. Une stratégie politique indispensable : la supériorité tactique ne suffit pas. L'absence de plan de sortie divise les alliés, fragilise la légitimité internationale et traumatise la société israélienne.
Dénoncer la tragédie de Gaza et la mort de civils innocents n'est ni être "anti-israélien" ni antisémite : c'est servir la démocratie israélienne en rappelant que justice, sécurité et politique doivent aller de pair.

*ancien ambassadeur d'Espagne


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