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Ce qu'a (vraiment) écrit Mohammed Loulichki sur Mansaso, l'autonomie saharienne proposée par le Maroc comme unique horizon et la fenêtre diplomatique de 2025
Publié dans Barlamane le 24 - 08 - 2025

Le projet Mansaso — Mission d'assistance pour la négociation d'un statut d'autonomie au Sahara occidental —, mentionné pour la première fois dans un Policy Paper de Mohammed Loulichki publié en avril 2025 par le Policy Center for the New South (PCNS), n'a été que furtivement évoqué par nos confrères d'Africa Intelligence. Derrière cette appellation encore confidentielle se profile pourtant une évolution majeure : la transformation de la Minurso (Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental) en une mission politique nouvelle, conçue pour «accompagner et soutenir les efforts de facilitation des négociations». Ce texte, riche et documenté, éclaire d'un jour inédit l'architecture diplomatique qui pourrait mener, dès octobre 2025, à une résolution du Conseil de sécurité affirmant que «l'autonomie constitue à la fois le point de départ et l'aboutissement du nouveau processus de négociation».
Le projet Mansaso — Mission d'assistance pour la négociation d'un statut d'autonomie au Sahara occidental — constitue l'aboutissement envisagé par Mohammed Loulichki dans son Policy Paper n°12/25, «Cap sur l'autonomie pour le Sahara ; une dynamique en marche», publié en avril 2025 par le Policy Center for the New South. Selon lui, le mois d'octobre 2025 verra la présentation au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (Onu) d'une résolution affirmant que «l'autonomie constitue à la fois le point de départ et l'aboutissement du nouveau processus de négociation» et transformant la Minurso (Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental) en une mission politique nouvelle, Mansaso, dont la vocation serait «d'accompagner et de soutenir les efforts de facilitation des négociations».
Une trajectoire nourrie par Washington et Paris
Dès les premières pages, M. Loulichki rappelle que le Maroc avait présenté en avril 2007 sa proposition d'autonomie comme base de règlement du différend et que, depuis lors, «des dizaines de pays de toutes les régions du monde l'ont appuyée, selon des formulations variées ou nuancées mais convergentes». Il souligne que trois reconnaissances furent décisives : celles des Etats-Unis, de la France et de l'Espagne, trois pays membres du groupe des amis du secrétaire général pour le Sahara, dont deux disposent d'un siège permanent au Conseil de sécurité.
L'auteur insiste sur le rôle particulier de Washington et de Paris, qui se sont «nettement distingués des autres membres permanents», non seulement en reconnaissant que l'autonomie est «le seul cadre réaliste de règlement», mais aussi en manifestant «une ferme volonté de faire progresser le processus politique sur cette base». Le 8 avril 2025, les Etats-Unis ont réitéré cette position en incitant M. de Mistura, envoyé personnel du Secrétaire général, à œuvrer sur ce fondement. Dans le même esprit, une lettre d'Emmanuel Macron adressée au roi Mohammed VI affirmait qu'«il est temps d'avancer» et appelait toutes les parties à «se réunir pour parvenir à une solution politique durable, désormais à portée de main».
M. Loulichki souligne également que la tournée de Massad Boulos, conseiller du président américain pour les affaires africaines et moyen-orientales, avait pour objectif «d'accélérer le processus et d'encourager l'Algérie à s'impliquer activement». Dans ce contexte, l'auteur assure que «l'engagement conjoint de Washington et de Paris en faveur de la relance du processus de règlement exige du temps, de la constance, mais surtout une volonté politique sincère de la part de l'Algérie et du Polisario».
Le cheminement historique vers l'autonomie
Pour éclairer cette orientation, M. Loulichki revient sur l'historique. Après l'abandon du Plan de règlement de 1990, l'Onu avait conclu en juin 2001 à son inapplicabilité. C'est alors que James Baker, envoyé personnel, avait proposé un Accord-cadre. Dans ses termes, «il ne servirait à rien de tenir de nouvelles réunions des parties, à moins que le gouvernement marocain, en tant que puissance administrante du territoire, ne soit prêt à proposer ou à appuyer véritablement la délégation de certains pouvoirs concrets à tous les habitants et anciens habitants du territoire, conformément aux normes internationales».
Le Maroc avait accepté d'explorer cette voie, prévoyant une autonomie régionale sous sa souveraineté. Le projet de Baker proposait notamment que la région élise ses propres organes exécutif, législatif et judiciaire, tout en laissant à Rabat les compétences régaliennes. Il prévoyait en outre que «le gouvernement français et le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique se portent garants de l'application de l'accord par les parties».
Face aux blocages persistants, Rabat élabora en 2007 un projet plus abouti, fruit d'un «processus national inclusif», destiné à représenter «un compromis entre intégration au Maroc et indépendance», à «préserver l'unité nationale et l'intégrité territoriale» et à «constituer une base crédible susceptible de rallier l'adhésion des autres parties».
Une démarche inscrite dans les réformes nationales
Pour montrer la cohérence interne de la proposition, M. Loulichki rappelle que cette démarche prolongeait les réformes engagées depuis l'indépendance. Selon lui, «le régime d'autonomie envisagé pour la région du Sahara constitue une étape avancée de la démocratie participative». Il ajoute qu'il s'agit d'un prolongement des textes majeurs que furent la Constitution de 2011, le Code de la famille de 2004 — en cours de révision — et le Nouveau modèle de développement de 2021.
La proposition de 2007 fut conçue comme une «démarche inclusive et consensuelle», inspirée des expériences internationales et adaptée aux spécificités sociologiques du Sahara. Elle allait plus loin que le projet Baker en introduisant des garanties supplémentaires : respect des droits de l'homme, dignité des populations des camps de Tindouf, amnistie générale, et soumission du statut d'autonomie à l'approbation démocratique des populations concernées.
Pour le Conseil de sécurité, ces attributs conféraient à l'offre marocaine le caractère de «solution politique négociée, réaliste et mutuellement acceptable». L'auteur note que le Conseil, par touches successives, a reconnu ses qualités de «sérieux, crédibilité, esprit de compromis, pragmatisme, réalisme et réciprocité», ce qui explique le soutien croissant qu'elle a recueilli depuis dix-huit ans.
L'exigence d'une «autonomie véritable»
M. Loulichki consacre un long développement à l'expression «autonomie véritable», que Washington a adoptée dans ses communiqués. Le secrétaire d'Etat américain affirmait que «les Etats-Unis continuent de considérer qu'une véritable autonomie sous souveraineté marocaine constitue la seule solution réalisable». Mme Kenna, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires politiques, allait dans le même sens en déclarant que «les parties doivent désormais venir à la table des négociations pour parvenir à un résultat mutuellement acceptable».
L'auteur rappelle que cette insistance n'est pas nouvelle : dès l'an 2000, James Baker posait déjà la condition d'une délégation de compétences «authentique, substantielle et conforme aux normes internationales». En octobre 2024, M. de Mistura déclarait devant le Conseil de sécurité que «le moment est venu pour le Maroc d'expliquer et de développer sa proposition d'autonomie de 2007» et qu'«il est essentiel de donner une idée claire des prérogatives qui seraient transférées à un Sahara occidental véritablement autonome».
Pour M. Loulichki, le recours au terme «véritable» traduit une attente : le projet doit apparaître solide, sincère et ouvert à la négociation. Il cite plusieurs passages de la proposition marocaine qui insistent sur ce caractère évolutif : «créer les conditions d'un processus de dialogue et de négociation débouchant sur une solution politique mutuellement acceptable» ; «prêt à s'engager dans une négociation sérieuse et constructive» ; «la solution du différend sur le Sahara ne peut être que le fruit d'une négociation» ; ou encore «le Maroc s'engage à négocier de bonne foi dans un esprit d'ouverture et de sincérité».
Le rôle central des Etats-Unis
Au plan diplomatique, M. Loulichki prévoit une étape cruciale en octobre 2025. Les Etats-Unis, en tant que «pen holder» du dossier, devraient présenter un projet de résolution consacrant l'autonomie comme «seule et unique issue politique durable». Cette résolution introduirait deux changements : l'affirmation que l'autonomie est à la fois «le point de départ et l'aboutissement du nouveau processus de négociation», et la transformation de la Minurso en Mansaso, mission politique d'appui aux négociations.
Ce texte devrait rallier douze membres du Conseil, malgré les abstentions probables de la Russie, de la Chine et de l'Algérie. L'auteur ajoute que cette évolution impliquerait aussi une adaptation du mandat onusien : la mission verrait son rôle évoluer «d'une mission traditionnelle de maintien de la paix vers une mission politique», avec pour vocation principale de soutenir les négociations.
M. Loulichki estime que le succès de ce processus dépendra de gestes politiques forts, notamment «le rétablissement des relations diplomatiques avec le Maroc, rompues le 21 août 2021» et la réouverture des frontières. Il considère que l'Union du Maghreb arabe (UMA) pourrait devenir un cadre approprié à ce dialogue, avec des retombées positives pour la stabilité du Sahel.
Déclarations américaines et réactions algériennes
Dans une interview accordée à Al-Arabiya le 18 avril 2025, M. Boulos rappelait que le dossier du Sahara durait depuis près d'un demi-siècle et affirmait que «le Maroc est un allié stratégique des Etats-Unis, mais nous aspirons également à renforcer nos relations avec l'Algérie». Il ajoutait qu'il était «essentiel de parvenir à une solution définitive à la question du Sahara» et évoquait les 200 000 réfugiés sahraouis vivant en Algérie.
Ces propos ont été interprétés de manière tendancieuse par la presse algérienne, qui y a vu une remise en cause de la reconnaissance américaine. L'auteur rapporte qu'une mise au point fut nécessaire, réaffirmant que «la position des Etats-Unis ne souffre d'aucune ambiguïté, et que toute information contraire relève de simples approximations, dénuées de fondement».
La nécessaire évolution du Polisario
M. Loulichki insiste enfin sur la mutation attendue du Front Polisario. Selon lui, une solution durable suppose d'abord «l'acceptation, longtemps différée, du recensement des populations dans les camps de Tindouf», puis un renoncement définitif à la lutte armée, comparable aux transitions observées en Colombie avec les FARC et en Turquie avec le PKK. Le Polisario devrait devenir une formation politique civile, apte à rivaliser avec d'autres partis dans un cadre démocratique.
Il avertit que l'Algérie pourrait voir cette évolution comme une perte d'influence, mais aussi comme un soulagement face au poids sécuritaire des camps. En contrepartie, Alger chercherait à obtenir des garanties symboliques, tandis que Rabat veillerait à ce que l'autonomie ait un caractère irréversible.
En conclusion, M. Loulichki écrit que «la fenêtre qui s'ouvre aujourd'hui pour un règlement définitif du différend autour du Sahara constitue, sans conteste, un tournant majeur dans l'histoire de la région». Il appelle à dépasser «les logiques de blocage, de méfiance et de rivalité qui ont trop longtemps entravé la région», en privilégiant «les principes du dialogue, de la coopération et de l'intérêt commun».
Selon lui, l'ambition est claire : «transmettre aux générations futures un Maghreb apaisé, solidaire et résolument uni».


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