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Quand Christophe Ayad et Frédéric Bobin falsifient leurs sources et recyclent le labeur d'un ancien confrère dans leur «dossier» sur le roi Mohammed VI
Publié dans Barlamane le 27 - 08 - 2025

Présentée comme une investigation fouillée, l'«enquête» publiée par "Le Monde" s'apparente à une tromperie sur la marchandise : citations amputées, anecdotes recyclées, emprunts non attribués et procédés biaisés. Au lieu d'éclairer le lecteur, le montage opéré par Christophe Ayad et Frédéric Bobin constitue un artifice éditorial conçu pour accréditer une thèse préfabriquée, sans respect des standards déontologiques attendus d'un quotidien de référence. Barlamane.com le prouve.
Dans le troisième volet du dossier que consacrent Christophe Ayad et Frédéric Bobin au roi Mohammed VI (26 août), les deux journalistes admettent noir sur blanc que «la plupart des informations de [leur] enquête» sont «difficiles à faire confirmer». Une telle confession mine la crédibilité de leur propos et laisse planer l'ombre d'un travail largement approximatif. Barlamane.com a pu retracer comment lu duo a fabriqué son travail.
Jean-Pierre Tuquoi repris jusqu'a la nausée
Un passage particulièrement révélateur illustre ce procédé : qui est «ce bon connaisseur des subtilités du Makhzen», mentionné dans le troisième volet de l'«enquête», affirmant que le roi Mohammed VI «était peut-être un homme qui ne voulait pas être roi à ses débuts, mais le système l'a changé. Il a pris goût au pouvoir» ? Tout porte à croire qu'il s'agit de Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste... du Monde. À son insu sûrement.
Dans son ouvrage Majesté, je dois beaucoup à votre père... France-Maroc, une affaire de famille (Albin Michel, 2006), l'auteur écrivait déjà : «Il [le souverain] a pris goût au pouvoir et à ses plaisirs musqués mais n'a que peu d'appétence pour les inconvénients de la charge.» La similitude des formules est telle qu'elle ne peut guère relever du hasard. Christophe Ayad et Frédéric Bobin changent quelques mots et le tour est fait pour réactualiser et réexploiter des sentences éculées.
Autre illustration : l'épisode non attribué rapporté par Ayad et Bobin selon lequel, «le soir de la mort d'Hassan II, son cousin germain, le prince Hicham, aurait insisté pour le convaincre d'aller dormir au palais royal et non dans sa résidence personnelle des Sablons. Le soir de l'enterrement, nouvel accrochage entre les deux hommes, lorsque ce même Hicham reproche à Mohammed et à son frère Rachid une humeur trop joyeuse, comme soulagés de la disparition de leur père.»
Cet extrait, présenté comme une révélation, n'est en réalité qu'une distorsion d'un récit ancien. Jean-Pierre Tuquoi, cette fois dans Le Dernier roi (Grasset, 2001), rapporte les propos de Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur : «Lorsque Jean Daniel rencontre Mohammed VI pour une conversation, Hassan II est décédé depuis à peine plus d'un mois. Son fils l'a-t-il déjà oublié ? "Je n'ai pas vu quelqu'un qui était en deuil mais un homme heureux d'être roi et décidé à gouverner, et pas simplement à régner", constate le directeur du Nouvel Observateur.»
Même l'intitulé général de l'«enquête» semble emprunté de la même source : Le Monde écrit «Au Maroc, une atmosphère de fin de règne pour Mohammed VI», formulation étrangement proche du Crépuscule d'un règne signée... Tuquoi, dans son propre livre vieux de vingt-quatre ans.
Une citation châtrée de Caroline Pigozzi
Dernier exemple, particulièrement éclairant : les deux journalistes citent Caroline Pigozzi, de Paris Match, en ramenant son témoignage à cette formule appauvrie censée accréditer l'image d'un monarque hédoniste : «J'ai [le roi Mohammed VI] décidé de ne rien modifier, absolument rien, à ma vie d'avant».
Or, la phrase complète, publiée en 2004, est bien différente : «J'ai décidé de ne rien modifier, absolument rien, à ma vie d'avant. J'ai plus de travail, plus de responsabilités, mais si je ne me préservais pas, si je changeais tout sans faire la part des choses entre la vie privée et mes fonctions officielles, ce serait étouffant.» L'extrait intégral infirme donc la lecture partisane proposée par Ayad et Bobin.
Un pillage fort de l'indisponibilité de quelques sources
Barlamane.com a identifié d'autres passages problématiques, des emprunts opaques et des sources incomplètes, confirmant une pratique d'approximation et de recyclage dans le dossier du Monde profitant de la quasi-indisponibilité de quelques références sur le net. En définitive, les six volets de l'«enquête» de Le Monde apparaîtraient moins comme un travail journalistique rigoureux que comme un assemblage hétéroclite de fragments puisés dans des ouvrages anciens, de citations tronquées et de récits anecdotiques, amalgamés pour servir une thèse préconçue.
Sur le plan technique, l'accumulation d'emprunts non référencés, l'usage de formulations réinjectées massivement et l'altération volontaire de citations constituent non seulement une faute déontologique, mais également une entorse grave aux standards méthodologiques de la presse de référence. Un tel procédé, relevant plus du montage polémique que de l'enquête vérifiable, fragilise la valeur probatoire du travail et expose l'ensemble de la production éditoriale à une contestation fondée sur le manque de rigueur, la manipulation des sources et la partialité du récit. Barlamane.com a, même, repéré des passages réécrits tirés du Roi prédateur (2012), livre de Catherine Graciet et d'Eric Laurent, reconnus coupables d'avoir exercé un chantage sur le roi du Maroc en demandant de l'argent contre la non-parution d'un livre en cours d'écriture sur les finances du pays. Ubu presse ne se refuse rien, maintenant on le sait.


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