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« Ach Waqe3 » : l'actualité décryptée par Jamal Berraoui
Publié dans Challenge le 18 - 12 - 2019

« Ach Waqe3 » est l'une des émissions phares de MFM Radio traitant des faits saillants de l'actualité du jour. Elle est décryptée par le journaliste politique et économique Jamal Berraoui.
L'émission de ce mercredi 18 décembre traite de 7 questions:
-La réunion trimestrielle du Conseil de Bank Al-Maghrib, tenue mardi 17 décembre. Un communiqué en cinq points a été publié. Il en ressort que ledit conseil maintient inchangé le taux directeur à 2,5%, qu'après 1,9% en 2018, l'inflation a connu une forte décélération au cours des 10 premiers mois de 2019. Elle devrait terminer l'année avec une moyenne de 0,3%, mais s'accélérerait à 1,1% en 2020 et à 1,4% en 2021.
Pour l'année 2019, la croissance économique devrait s'établir à 2,6% après 3% en 2018. La banque centrale du royaume parie sur une accélération de la croissance à 3,8% en 2020 et sur sa consolidation à 3,7% en 2021. Côté marché de l'emploi, on a enregistré une création nette de 143.000 postes entre les 3èmes trimestres de 2018 et de 2019 contre 201.000 un an auparavant. Tenant compte d'une entrée nette sur le marché de 168.000 actifs, le taux d'activité s'est quasiment stabilisé à 44,9% et le taux de chômage est passé de 9,3% à 9,4%. Le cinquième et dernier point concerne les conditions monétaires. Le taux de change effectif réel devrait ressortir en appréciation de 1,2% cette année et resterait quasi-stable à moyen terme. Les taux débiteurs ont connu une hausse de 11 points de base au 3ème trimestre 2019. Dans ce contexte, le crédit bancaire au secteur non financier devrait finir l'année en hausse de 4% et continuerait de se renforcer avec des progressions de 4,7% en 2020 et de 5% en 2021.
Berraoui pense que si le taux d'inflation est trop élevé, il pose problème et constitue une menace pour le pouvoir d'achat des citoyens. S'il est trop bas, cela signifie qu'on est en plein marasme économique. Lorsqu'on parle de 0,3%, ce n'est pas un signe de bonne santé économique. L'autre critère avancé, on a créé moins d'emplois que l'année précédente. Les gens doivent savoir qu'on a un stock de chômeurs depuis un certain temps et auxquels il faut rajouter entre 300.000 et 400.000 qui arrivent chaque année sur le marché. Et lorsqu'on dit qu'on a créé 143.000 emplois, 200.000 autres donc vont enrichir les rangs des demandeurs d'emploi. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) reconnaît d'ailleurs l'incapacité de descendre sous la barre de 9,5% du taux de chômage bien que ses données soient discutables, souligne Berraoui. S'agissant du taux de croissance, l'analyste estime qu'il nous en faut un hors agriculture parce qu'au Maroc, la pluie c'est l'agriculture car en cas de sécheresse, le taux de croissance prend un coup. Le problème au Maroc remonte aux années 1990. Les secteurs de l'industrie et des services évoluent mais leur taux de croissance est très faible, précise Berraoui. Il ajoute que si on veut résoudre ces problèmes économiques, il nous faut un taux de croissance soutenu de l'ordre de 5 à 7% pour au moins une décennie afin de faire baisser le taux de chômage et aller de l'avant.
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Publiée par RADIO MFM Officiel sur Mercredi 18 décembre 2019
-Le ministre de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Said Amzazi a déclaré mardi à la Chambre des conseillers, en réponse à une question orale sur l'augmentation des frais d'assurance dans l'enseignement privé, que les tarifs d'inscription, de scolarité et d'assurance, etc. seront régis par une loi cadre. Un élu de la Chambre a proposé que la famille de l'élève souscrit directement une police d'assurance avec une compagnie et présente à l'école, lycée ou université privés la quittance. Berraoui estime que la promulgation d'une loi ne tient pas la route dans la mesure où l'enseignement privé est une question purement économique. Le ministre dit qu'il va réguler les prix et les tarifs. Et Berraoui de s'interroger : comment faire lorsque quelqu'un décide d'ouvrir un lycée ou une école de très grande qualité avec une crème d'enseignants diplômés des grandes écoles payés avec de gros salaires avec l'objectif de former une élite et des génies en imposant aux parents des frais onéreux, comment le ministre peut-il s'y opposer ?
S'agissant de la question de l'assurance, la solution présentée par le conseiller est bonne mais il y a une alternative meilleure. Le ministère pourrait lancer un appel d'offre couvrant aussi bien le public que le privé et préciser les clauses. On paie 30 dirhams dans l'enseignement public et dans le privé pas moins de 3000 dirhams. Qu'on nous dise ce que couvre une assurance dans le public et celle du privé. Le ministre Amzazi doit préciser les clauses et prérogatives des autorisations accordées au secteur de l'enseignement privé. Est-ce que cette autorisation permet de vendre des assurances, des livres, le transport, la restauration, etc. ? On voit qu'elles englobent plusieurs métiers à la fois. Le ministre compte revoir le cadre légal. Qu'il le fasse mais qu'il n'oublie pas les puissants lobbies qui sévissent, avertit l'analyste.
-Le quotidien L'Economiste consacre un article à la fiscalité agricole contenue dans la loi de finances 2020. Toutes les exploitations agricoles réalisant un chiffre d'affaires de l'ordre de 5 millions de dirhams et plus doivent payer 20% d'impôts. Les exploitants ayant un chiffre d'affaires en dessous des 5 millions de dirhams seront exonérés. Pour Berraoui, fixer la barre à 5 millions de dirhams, c'est trop comme seuil. Il souligne que les petits agriculteurs ont besoin d'aide. Les grands doivent payer comme tout le monde. Certains construisent carrément des usines de conditionnement dans leurs fermes. Cela fait partie du secteur industriel et non pas agricole et en plus, ils ne respectent même pas le salaire minimum agricole. La justice fiscale doit leur être appliquée. Toute personne ne gagnant pas 7000 dirhams par mois doit être exonérée. Il faut criminaliser l'évasion fiscale et le marché noir. Payer ses taxes et impôts est un acte de citoyenneté et il faut élargir l'assiette fiscale, conclut Berraoui.
-Le ministre de l'Equipement, du transport, de la logistique et de l'eau, Abdelkader Amara a révélé, lundi 16 décembre au Parlement, que le Maroc compte environ 10.787 ponts dont près de 500 menacent ruine, 680 étaient submergés et 1.728 trop étroits.
Pour Berraoui, l'enveloppe annoncée ne suffira pas. Et en plus, c'est grave et dangereux que d'annoncer de tels chiffres. Est-ce qu'il peut réparer un tel nombre de ponts avec 1 milliard de dirhams. On doit faire une pause sur l'axe Casablanca-Tanger et se tourner vers les régions enclavées qui ont besoin d'infrastructures de base.
-L'Allemagne compte recourir à l'immigration légale pour lutter contre la migration clandestine. Son ambassade à Rabat a mis en ligne sur son site les conditions requises pour postuler.
L'analyste de MFM note que l'Allemagne souffre d'un grave problème de vieillissement et de renouvellement de générations. Elle a besoin de compétences. Si Merkel a accepté un million de réfugiés syriens, ce n'est pas uniquement par soucis humanitaires. Pour la jeunesse marocaine, l'Allemagne reçoit depuis quelques temps des étudiants marocains selon les besoins de leur marché. Le problème pour le Maroc est la fuite de ses cerveaux. Il faut s'attaquer à ce fléau et chercher l'origine du mal qui fait perdre au royaume sa matière grise.
-Le quotidien Aujourd'hui le Maroc rapporte que la Turquie va envoyer dans les prochains une délégation officielle pour des négociations avec les responsables marocains en vue de chercher des solutions pour rééquilibrer la balance des échanges commerciaux qui enregistre un net déficit en défaveur du Maroc. Les exportations turques vers le royaume ont quadruplé depuis l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange signé en 2006 entre les deux pays. Les exportations marocaines ont connu une tendance baissière surtout au cours des deux dernières années. L'office des changes a révélé pour sa part que les exportations turques se sont élevées à 21,5 milliards de dirhams en 2018, enregistrant une hausse de 11,4%.
L'analyste de MFM se demande si les responsables qui avaient signé cet accord ne connaissent pas la réalité de l'économie marocaine. Avant de signer des accords, il faut prévoir des clauses de sauvegarde. Le textile marocain est à l'article de la mort. Les Turcs sous-traitent leurs confections de textile au Bengladesh et ils peuvent nous dire que leur marché est ouvert sans restrictions, souligne Berraoui et d'ajouter en guise d'interpellation : qu'est-ce qu'on va leur vendre ?
Carte blanche : Jamal Berraoui revient sur son voyage en Chine en 1998 à l'occasion de la visite officielle de l'ancien chef de gouvernement, Abderrahman Youssoufi. Dans l'hôtel où il était descendu, Berraoui a remarqué que le jus d'orange qu'on servait provenait d'Israël. Et là il interpelle les exportateurs marocains et se demande si c'est un problème de distance ou de paresse et de manque d'audace commerciale. Idem pour le marché du tourisme. Plus de 300 millions de touristes chinois sillonnent le monde chaque année mais la part du secteur marocain varie entre 150.000 et 200.000. Les Chinois adorent le tourisme culturel et les sites archéologiques. Le Maroc est riche en patrimoine et a beaucoup à offrir.
Pour les Russes, ils ont de l'argent et adorent sortir faire la fête. Il est temps de revoir notre politique de marketing touristique et aux acteurs du secteur de bouger et on doit faire attention au tourisme de club et du All Inclusive.
« Ach Waqe3 » est une émission incontournable. Elle est diffusée sur les ondes de MFM Radio du lundi au vendredi à partir de 12h30 et rediffusée les mêmes jours à 19h30.


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