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Mariage: Les hommes marocains ont dit non ! (Enquête HCP)
Publié dans L'observateur du Maroc le 10 - 04 - 2026

Il fut un temps où la question n'était pas de savoir si l'son allait se marier, mais quand. Ce temps-là semble bien révolu pour une majorité de célibataires marocains. L'Enquête nationale sur la famille 2025 du Haut-Commissariat au Plan révèle un fait inédit : 51,7% des célibataires ne souhaitent pas se marier, contre 40,6% qui l'envisagent encore. Le mariage, pilier séculaire de l'organisation sociale marocaine, traverse une crise d'attractivité profonde qui est inégalement ressentie selon le sexe, l'âge et le milieu.
Les hommes n'en veulent plus
Le chiffre est net : parmi les célibataires marocains, ceux qui ne souhaitent pas se marier sont désormais majoritaires. Mais derrière cette moyenne nationale se cache un écart de genre saisissant. Si les femmes expriment plus souvent l'intention de se marier (53,6%), les hommes, eux, affichent un refus largement dominant avec 59,8%. Seuls 31,5% des hommes célibataires envisagent encore de se marier un jour.
Réticence et renoncement, les hommes n'y croient plus
Une inversion des rôles traditionnels qui mérite attention et cet écart entre hommes et femmes constitue l'un des faits les plus marquants de l'enquête. Les données ne tranchent pas sur ses causes, mais l'enquête relève toutefois que les difficultés matérielles constituent le principal obstacle au mariage chez les hommes.
Fonder une famille, ce qui résiste
L'âge influe également sur les intentions. L'envie de se marier progresse avec les années jusqu'à la tranche 40-54 ans, où elle culmine à 56,4%, avant de chuter après 55 ans à 22,5%. Passé cet âge, note l'enquête, «le célibat étant alors davantage vécu comme un mode de vie ».
Parmi ceux qui envisagent tout de même de se marier, les motivations restent ancrées dans des valeurs fondamentales. Le projet de fonder une famille et d'avoir des enfants est cité par près de 78% des célibataires comme motivation principale. Cette aspiration est plus fréquente en milieu rural (81,8%) qu'en milieu urbain (75,4%), et légèrement plus élevée au sein des familles élargies (80,2%) que dans les familles nucléaires (76,8%).
Pas du tout romantiques !
Au Maroc, on choisit son conjoint avec la tête, pas avec le cœur. Au-delà du projet parental, les ressorts du choix conjugal révèlent une hiérarchie de valeurs claire : les valeurs morales et le sens des responsabilités arrivent en tête des critères pour 44,7% des célibataires, devant les relations psycho-affectives, citées par 21,2%.
Trêve de romantisme, on choisit son conjoint par sa tête
Le mariage romantique fondé sur le seul sentiment amoureux reste minoritaire dans les représentations : c'est désormais le caractère et la fiabilité du conjoint qui priment. Plus de la moitié des femmes non célibataires (55,4%) accordent une priorité nette aux valeurs morales et au sens des responsabilités dans le choix du conjoint. Ce critère est également nettement exprimé par les célibataires (41,9%), signe de la prégnance de ce cadre normatif.
Argent et études, les freins
Pourquoi ne se marie-t-on pas lorsqu'on le souhaite ? Les réponses varient selon l'âge et le sexe, mais la contrainte matérielle domine. Les difficultés financières constituent le principal obstacle au mariage, particulièrement chez les hommes et les personnes âgées de 25 à 39 ans. Cette tranche d'âge qui subit la pression sociale la plus forte et où les exigences économiques liées au mariage sont les plus lourdes.
Chez les plus jeunes, ce sont les contraintes liées aux études qui prédominent. Avec l'avancée en âge, les freins se déplacent vers des facteurs relationnels et familiaux : difficulté à trouver le bon profil, opposition de l'entourage, situations familiales complexes. Le mariage empêché change donc de visage selon les générations : contraint par la précarité chez les trentenaires, freiné par les études chez les plus jeunes, contrarié par les circonstances de vie chez les plus âgés.
Préférences asymétriques
L'enquête s'est également penchée sur les préférences déclarées en matière de profil du conjoint, et les résultats révèlent des asymétries persistantes entre hommes et femmes. Les hommes se montrent globalement indifférents au niveau scolaire de leur future épouse (56,3%) et à son origine géographique (81,3%). En revanche, ils privilégient les femmes plus jeunes (45,7%) et celles appartenant à la même catégorie sociale (43,2%). Le rejet des non-célibataires : veuves et divorcées est massif : 84,8% des hommes l'expriment clairement.
Préférences et asymétries éloignent davantage hommes et femmes
Du côté des femmes, les préférences s'organisent différemment. Elles privilégient des conjoints plus âgés (38,8%) ou du même âge (29,6%), et rejettent elles aussi les non-célibataires dans une large proportion (84%). Contrairement aux hommes, elles expriment une préférence pour un conjoint appartenant à une catégorie sociale supérieure (44,9%). Ce qui reflète une logique d'ascension sociale par le mariage encore présente dans les représentations féminines.
Mariage plus tardif
L'âge au premier mariage a reculé de façon significative. Il atteint aujourd'hui 26,3 ans en moyenne pour les femmes et 33,3 ans pour les hommes au niveau national. Ce mariage tardif est encore plus marqué en milieu urbain qu'en milieu rural, et au sein des familles nucléaires plutôt que dans les familles élargies. L'allongement de la durée des études, les difficultés économiques et l'évolution des aspirations individuelles expliquent en grande partie ce recul.
Pour autant, l'institution ne s'est pas affranchie de l'encadrement familial. La médiation familiale demeure présente dans 58,3% des mariages, avec une prévalence plus marquée en milieu rural (67,5%) qu'en milieu urbain (53,1%). On choisit davantage son conjoint qu'avant, mais on le choisit rarement seul.
Le recul des mariages consanguins confirme cette évolution : les mariages entre apparentés sont passés de 29,3% en 1995 à 20,9% en 2025, signe d'un élargissement du périmètre des alliances matrimoniales au-delà du cercle familial proche. Une ouverture réelle, mais qui reste contenue par une homogamie sociale et territoriale toujours très forte : 83% des femmes épousent un conjoint issu de la même catégorie sociale, et 62,5% un conjoint de même origine géographique.
Crise d'attractivité
La lecture d'ensemble que permet l'ENF 2025 est celle d'un mariage qui ne s'effondre pas, mais qui perd de son évidence. Il recule dans les intentions, se retarde dans les faits, se négocie davantage entre les individus mais il reste structuré par des normes sociales robustes : homogamie, médiation familiale, primauté des valeurs morales sur les critères romantiques.
Le vrai signal d'alarme est peut-être ailleurs : dans la fracture entre les femmes, qui aspirent encore majoritairement au mariage, et les hommes, qui s'en détournent. Cette divergence, si elle se confirme, pourrait durablement remodeler les équilibres conjugaux et démographiques du Maroc dans les années à venir.


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