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Veillée d'armes autour du business du «.ma»
Publié dans Challenge le 08 - 09 - 2007

Dès décembre prochain, l'ANRT aura terminé de restructurer le marché du domaine « .ma ». Entamé en 2006, le chantier a entraîné dans sa foulée une bataille de repositionnement des différents acteurs.
Entre l'Européen Vala Blue, filiale de Vala Net Word, qui vient à peine de débarquer, et les pionniers du marché comme Casanet (Menara), Maroc Connect (devenue Wana Corporation), Maroc Host, Arcanes Technologies ou encore des entreprises étrangères telles que Wanadoo, L-net…, la bataille pour le contrôle du marché national de l'enregistrement de noms de domaine et de l'hébergement des sites internet est bien lancée. De plus, dans ce marché, ces entreprises structurées ont à faire face à une floraison de sites internet (sans domiciliation) qui proposent les mêmes services. Pourtant, il y a seulement dix ans, le nombre d'opérateurs pouvait se compter sur les doigts d'une main. Malgré tout, voulant anticiper sur le développement de ce marché, ces entreprises se sont installées sans que les conditions de l'expansion du nom de domaine « .ma » ne soient remplies.
Le flair de l'EMI
Pour la petite histoire, comme ce fut le cas pour un grand nombre d'extensions nationales à travers le monde, l'attribution initiale de la gestion du « .ma » a découlé d'une initiative personnelle émanant du milieu académique. Un membre de l'Ecole Mohammedia d'Ingénieurs (EMI) avait contacté Jon Postel, co-fondateur de l'Internet et obtenu la délégation du « .ma ». Ainsi, l'adresse marocaine était officiellement administrée par l'EMI, considérée comme l'interlocuteur principal au niveau des instances internationales. L'Ecole Mohammedia, n'ayant pas non plus les compétences techniques pour la régir, en avait confié la gestion à l'Office national des postes et télécommunications (ONPT) en 1995, seul opérateur jugé techniquement apte à l'époque, selon une source à l'ANRT. À la dissolution de l'Office, c'est tout naturellement Maroc Telecom qui en a hérité. L'opérateur historique s'est ainsi vu assurer la gestion des aspects techniques, administratifs et commerciaux. Étant gérant technique et prestataire de services en même temps et sur un marché devenu depuis concurrentiel. La situation était vécue comme un conflit d'intérêt et une atteinte au libre jeu de la concurrence pour la commercialisation des noms de domaine «.ma» par les autres opérateurs.
Peau neuve pour le «.ma»
L'ANRT (Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications) a depuis souhaité revoir la façon dont le « .ma » est géré en allant vers un système plus officiel.
Elle a alors commencé par demander à l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) de lui redéléguer le « .ma », chose qui a été faite en août 2006. L'objectif est la mise en place de procédés de gestion des noms de domaine ".ma" conformes aux normes reconnues en la matière au niveau international.
Mais c'est la promulgation de la loi 29-06 qui va permettre à l'Autorité de régulation d'engager une série de réformes destinées à rendre le domaine « .ma » plus accessible et performant. « Depuis la promulgation de la loi 29-06 modifiant et complétant la loi 24-96 relative à la Poste et aux Télécommunications, qui charge l'ANRT de la gestion du « .ma », l'Agence a entamé le processus de définition et de mise en place des modalités de gestion administrative, technique et commerciale du domaine ".ma" », explique Hamida Benlemlih, chef du projet .ma au sein de l'autorité de régulation nationale.
Ainsi, l'Agence a mis en place en janvier dernier une charte de nommage qui formalise désormais quelques règles de base, afin de permettre un fonctionnement organisé du « .ma ». La principale porte sur le fait de demander un contact administratif local pour les futurs enregistrements en « .ma ». En effet, auparavant ouvert à tous, le .ma marocain devient plus fermé. La nouvelle charte de nommage exige désormais que le titulaire d'un .ma dispose d'un contact administratif au Maroc.
De plus, pour enregistrer un « .ma », le titulaire devra passer par un prestataire de droit marocain, disposant d'au moins deux serveurs DNS. « Au départ, nous avons opté pour cette limitation afin, d'une part, de permettre à des prestataires locaux de se développer, et d'autre part, de pouvoir maîtriser le marché des prestataires. Nous sommes prêts à lever cette restriction, une fois le marché structuré et arrivé à maturité », explique Hamida Benlemlih.
Depuis avril dernier également, l'ANRT a lancé le site officiel du « NIC .ma ». Ce site comporte une plateforme d'enregistrement en ligne pour les registrars ainsi qu'un service Whois complet. « Notre objectif est de structurer le marché des noms de domaine ".ma" », précise le chef du projet « .ma » au sein de l'ANRT.
Les prémisses de la concurrence
Pour ce faire, outre le fait d'avoir établi les règles et modalités de gestion du ".ma", et contrôlé l'application de ces règles par les différents intervenants, l'Autorité de régulation est en train de déléguer la gestion technique à un gestionnaire qui sera désigné d'ici la fin de l'année selon un processus transparent. « Après cela, l'ANRT accrédite les prestataires qui commercialisent les noms de domaine ".ma" aux utilisateurs finaux. A ce titre, le gestionnaire ne commercialisera les noms de domaine ".ma" qu'aux prestataires, qui, eux, assureront l'interface avec les utilisateurs », souligne Hamida Benlemlih. De quoi attiser une concurrence qui a commencé à se faire sentir en 2006. Aux yeux des opérateurs du secteur, l'année dernière a été le début du boom du nom de domaine «.ma. » grâce à la baisse importante par Maroc Telecom des prix d'abonnement, mais aussi du lancement par l'ANRT d'un projet de nommage du «.ma ».
En effet, l'opérateur historique a réduit en mars 2006 d'une manière drastique les tarifs aussi bien pour le «.ma » que pour les autres extensions internationales «.com, .net, .org ». Depuis, pour acheter un nom de domaine marocain «.ma » et ses différentes variantes (.net.ma, .press.ma, .co.ma, .gov.ma, .org.ma), il faut payer seulement 150 DH/HT comme frais d'abonnement annuel. Auparavant, il a toujours fallu payer 500 DH pour les frais d'installation plus ceux de l'abonnement (300 DH). Au total, le prix de «.ma » a chuté de 800 DH/HT par an à 150 DH/HT par an. Pour les autres extensions de nom de domaine international, Maroc Telecom a supprimé les frais d'installation (600 DH) et a ramené les prix d'abonnement annuel à 300 DH au lieu de 480 DH. Depuis, ces dispositions tarifaires avantageuses ajoutées aux solutions haut débit dédiées au monde des entreprises et des professionnels sont en train de contribuer davantage au développement du nombre de porteurs de noms de domaine marocains et par là même à la promotion de « .ma » à travers le réseau Internet.
Toujours est-il que c'est dans quatre mois qu'un nouveau tournant dans le processus de démocratisation du nom de domaine marocain «.ma » verra le jour avec le choix du futur gestionnaire technique du domaine ".ma". Rappelons que l'ANRT, qui doit récupérer la plateforme de chez Maroc Telecom, au plus tard en décembre prochain, boucle son dossier. L'Agence qui a lancé, en juin dernier, une consultation publique relative aux conditions requises pour le choix du futur prestataire, a réussi à recueillir les avis des acteurs et utilisateurs des noms de domaine « .ma ». « Les six entreprises qui ont répondu à la consultation n'ont pas encore exprimé leur intérêt pour prendre en charge la gestion technique. Le processus du choix proprement dit n'est pas encore lancé », signale Hamida Benlemlih.
Quoi qu'il en soit, la concurrence risque d'être rude car l'ANRT a opté pour un seul gestionnaire pour des raisons techniques. A ses yeux, un seul gestionnaire peut gérer une partie de l'arbre DNS (Domain Name System), par exemple ".ma", ".gov.ma" ou ".net.ma". Or, les noms de domaine en ".ma" directement représentent près de 90 % du parc. Ainsi, si elle délègue les noms de domaine sous ".ma" directement à un premier gestionnaire, il ne restera pas grand-chose à déléguer à un éventuel deuxième ou troisième gestionnaire.
Convoitise des opérateurs
Aujourd'hui, en plus des deux opérateurs de téléphonie nationaux (Maroc Telecom et Méditel), quatre autres opérateurs de telecom s'intéressent au business du nom de domaine «.ma». Il s'agit de l'Afnic, une association française à but non lucratif chargée de la gestion administrative des noms de domaine «.fr» (France) et «.re» pour la Réunion, et de l'américain Mark Monitor, une société d'enregistrement de noms de domaines dédiés aux grandes entreprises et fournisseurs de services de protection de marques sur Internet.
Mutimédia studios, une entreprise marocaine de développement Internet spécialisée dans la communication marketing, le développement multimédia, la création 3D, et Intelcom, spécialisée dans l'ingénierie des télécommunications en tant qu'intégrateur de solutions d'infrastructures de système d'information, veulent aussi assurer la gestion du « .ma ». A en croire un opérateur du secteur, d'autres opérateurs marocains comme Wana Corporate, MTDS, L&L Technologies, Shelly Co et Arcanes Technologies n'ont pas encore dit leur dernier mot. Parallèlement, d'autres acteurs sont en train de se préparer pour devenir des prestataires accrédités des noms de domaine ".ma". « Jusque-là, nous avons opté volontairement pour ne commercialiser que les noms de domaine international. Notre impasse sur le « .ma » s'explique par l'absence d'un système de gestion uniformisé. Mais avec la restructuration du marché promis par l'ANRT, nous serons partants pour sa commercialisation », souligne Radouane Eddahani, directeur de Rak Communication, société basée à Marrakech et spécialisée dans l'enregistrement de noms de domaine et de l'hébergement des sites internet.
Pour un responsable de Maroc Host, le marché pouvait être plus concurrentiel si le gestionnaire actuel du « .ma » ne vendait pas au même prix que celui facturé aux providers internet. « Cette situation oblige les providers à vendre à un prix supérieur. En ce qui nous concerne, nous vendons les « .ma » à 200 DH/HT en incluant une marge de 50 DH pour couvrir une partie des frais administratifs et techniques », dit-elle. Notons que sur le marché, les revendeurs proposent les noms de domaine « .ma » à des tarifs variant entre 180 et 200 DH/HT. Actuellement, le Maroc détient près de 25.000 noms de domaine en .ma.
Pour leur compétitivité, nombreux sont les prestataires qui proposent des packages. C'est bien là où Vala veut faire la différence, avec un package complet incluant 7Go et 85 Gb de bandes passantes pour 50 dirhams par mois. De la concurrence dans l'air.


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