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Bilan à mi-mandat du gouvernement : 30 mois pour ça !
Publié dans Finances news le 25 - 07 - 2014

A l'actif de Benkirane, il n'y a encore aucune vraie grande réforme. Loin des promesses électorales, toutes les mesures prises jusque-là ont tourné autour de la réduction du déficit budgétaire structurel, avec des moyens parfois très décriés pour des résultats assez mitigés. Le 19 janvier 2012, dans sa déclaration gouvernementale, Benkirane a été pourtant clair : réaliser un taux de croissance de 5,5% et réduire le déficit budgétaire à 3% du PIB durant les quatre années à venir.
Il y a quelques jours, Abdelilah Benkirane, Chef du gouvernement, s'est livré à un exercice d'auto-congratulation peu étonnant en dressant le bilan à mi-mandat du gouvernement. Que retenir de ces deux ans et demi durant lesquels le PJD a pris les manettes du pouvoir ? Si l'on en croit Benkirane, beaucoup de bonnes choses, résumées dans un bilan qu'il qualifie de «positif», «honorable» et «rassurant», au regard d'une conjoncture difficile. Il l'affirme, les chiffres en sou-tien : réduction de près de deux points du PIB, qui passe de 7,3% en 2012 à 5,5% en 2013, réduction du déficit du compte courant de la balance des paiements de 9,7 à 7,6% sur la même période, crois-sance économique de 4,4% contre 2,7% en 2012... Pourtant, avec le recul, l'on se rend compte que la seule vraie (petite) bataille que le PJD a menée, en utilisant parfois des armes décriées tant par les politiques que les écono-mistes, concerne la réduction du déficit budgétaire, pour des résultats qui restent encore mitigés. Pratiquement toutes les mesures prises par le gou-vernement depuis 2 ans et demi ont tourné autour du rééquilibrage des finances publiques. Ce n'est pas tant un mal. Mais est-ce vraiment suffisant, surtout pour le PJD, alors que pointent leur nez les législatives de 2016 ? Pas si sûr. Pour le comprendre, il faut se rappeler du contexte dans lequel le PJD a été élu. On était alors en plein «printemps arabe». Certains régimes arabes s'écroulaient sous le poids des soulèvements popu-laires et de la contestation sociale. Quand, chez nos voi-sins, les changements s'opé-raient à coups d'armes à feu, d'attentats et... de morts, le Royaume initiait, habilement, un véritable processus de réformes constitutionnelles largement salué par la com-munauté internationale. Des manifestations, il y en a eu certes, comme dans tout pays démocratique où la plurali-té des opinions et la liberté d'expression sont respectées. Mais ces changements consti-tutionnels historiques initiés par le Souverain ont épargné les Marocains des effusions de sang. Ce tour de force réussi sera suivi, un peu plus de quatre mois plus tard, pré-cisément en novembre 2011, par le sacre du PJD aux légis-latives. Dans l'euphorie générale du printemps arabe, les Marocains ont ainsi porté les islamistes au pouvoir. Ce coup de tonnerre dans l'arène poli-tique nationale, le parti de la lampe le devait surtout à une certaine virginité poli-tique : en étant présent dans l'hémicycle, mais en s'écar-tant du pouvoir, les leaders du parti ont voulu «ne pas être associés à l'échec» des gouvernements successifs du Maroc depuis l'avènement du nouveau règne (USFP, Driss Jettou – technocrate-, Istiqlal). Cette posture et l'environne-ment politique qui prévalait à l'époque dans la région, ont donc joué en leur faveur. Mais, cela avait forcément des implications : les islamistes incarnaient l'espoir de tous ces Marocains qui rêvaient de changement dans la gou-vernance des affaires et qui, surtout, espéraient tout sim-plement des conditions de vie meilleures.
Ambitieux programme
Le PJD a-t-il fait de ses élec-teurs des «cocus» ? Difficile de répondre par la négative. Car, faut-il le rappeler, Benkirane et ses camarades de parti ont été élus sur la base d'un programme très ambitieux. Trop ambitieux peut-être, avec comme priorité la lutte contre la corruption (on attend toujours de voir) et la réforme de l'enseignement, un secteur déliquescent, au point qu'il a suscité l'ire du Roi qui en a dressé un diagnostic sévère le 20 août dernier, à l'occa-sion du 60ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple. Surtout, l'on se souvient encore de la déclaration gou-vernementale de Benkirane, un certain 19 janvier 2012. Le programme présenté à l'époque ne visait ni plus ni moins qu'à «réaliser un taux de croissance de 5,5%, maî-triser l'inflation autour de 2%, réduire le taux de chômage à 8% et le déficit budgétaire à 3% du PIB durant les quatre années à venir». Le verdict est sans appel : le taux de chômage actuel flirte avec les 10% et, déclarait récemment Ahmed Laaboudi, Directeur général du Centre marocain de conjoncture, «toute stra-tégie de résorption du chô-mage requiert des seuils de croissance de 6 à 7 % par an, durant plusieurs années suc-cessives ». Or, selon le haut-commissariat au plan, après 4,4% en 2013, le taux de croissance devrait atteindre 2,5% au terme de l'exercice 2014 (contre 3,5% prévu par le gouvernement) et 3,7% en 2015. Pour sa part, le déficit budgétaire passerait à 5,2% du PIB en 2014, puis à 4,7% en 2015, après 7,1 et 5,5% respectivement en 2012 et 2013. On est donc encore loin du compte. Et la seule petite avancée qu'on peut noter est la réduction du déficit, même si l'objectif fixé est encore loin. Et là encore, comme dit plus haut, les moyens mis en oeuvre sont souvent décriés : coupes budgétaires (décidées de manière unilatérale) par deux fois en 2013 pour un total de 25 Mds de DH, taxation des entreprises et des salariés au nom de la cohésion sociale, hausses répétitives de la taxe intérieure de consommation, hausse spectaculaire des taxes liées à l'automobile, indexation partielle des prix des carburants...
Bref, le gouvernement aura tout essayé (ou presque), en ne s'embarrassant pas de démarches procédurières qui peuvent ralentir, voire anéantir ses actions. Car, pour tenter de rééquilibrer des finances publiques copieusement chahutées par un déficit structurel criant, les plus importantes décisions économiques ont été prises entre quatre murs au sein de la Primature : quelques circulaires ont suffi et rien n'aura été discuté en Conseil de gouvernement. Cette attitude aura conduit plusieurs observateurs à soutenir que le gouvernement a mis le Maroc sous le diktat du Fonds monétaire international. D'autant que le FMI, qui faisait miroiter ses fameuses lignes de précaution et de liquidité, avait et a toujours comme exigence l'assainissement des finances publiques, à travers les réformes fiscales, du système de subventions et de la retraite. Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, estime d'ailleurs ces réformes nécessaires et urgentes. «Ces dernières, aussi difficiles et impopulaires soient-elles, sont les seules à même de rétablir les équilibres macroéconomiques, d'assurer leur viabilité et de redonner à l'Etat les moyens pour améliorer la compétitivité, relancer la croissance et renforcer la cohésion sociale, tout en préservant les bonnes relations du pays avec ses partenaires internationaux. En revanche, leur report ne fera qu'alourdir leur coût économique et social», soulligne-t-il dans la note introductive du rapport annuel 2012 de l'institut d'émission.
Jusqu'à présent, ces réformes structurelles de fond n'ont certes pas été initiées (hormis celle entamée de la Caisse de compensation avec l'indexation partielle), mais l'austérité budgétaire, soigneusement enveloppée dans le terme «bonne gouvernance» par le gouvernement, a fait mouche auprès du FMI. Mais irrité les alliés politiques de Benkirane.
Alliances de circonstance
Les choix économiques de Benkirane et une majorité gouvernementale de circonstance reposant uniquement sur l'arithmétique politicienne auront été, entre autres, parmi les raisons qui ont conduit à faire voler en éclats l'alliance PJD – Parti de l'Istiqlal. Une séparation douloureuse... pour le Maroc dont l'économie aura été prise en otage, pendant plusieurs mois, par deux chefs de parti aveuglés par leur ego.
Pour autant, cela a permis aux islamistes de découvrir la délicatesse d'être aux affaires, de détenir les clés du Royaume. Surtout si l'on n'a pas forcément le sens du partage des pouvoirs et de la concertation. Conséquence : acculé et critiqué, le PJD noue une nouvelle alliance, cette fois, avec le RNI, avec l'avènement du gouvernement Benki II le 10 octobre 2013.
Avec un peu plus de hauteur, l'on se rend compte que, finalement, l'habit de chef n'est pas taillé sur-mesure pour Benkirane. Il reste encore trop grand pour lui. Qualifié d'entêté et de manquer de tact et de sens du compromis, il verse souvent dans le populisme. C'était le cas récemment lorsqu'il a comparé les femmes à des «lustres» pour évoquer leur situation au foyer (www.financenews.press.ma).
Surtout, Benkirane a pris la fâcheuse habitude de «court-circuiter» le patronat pour apaiser les tensions sociales, raison pour laquelle il a décidé une hausse unilatérale du SMIG dans le privé, sans aucune forme de compensation à la clé. Conséquence : il a aussi les patrons sur le dos, alors que les syndicats et l'opposition continuent de faire feu de tout bois sur le gouvernement. A force de ménager la chèvre et le chou, il dilue ses efforts pour un rendu qui, au bout de 30 mois, laisse plus d'un sur sa faim.
C'est dire qu'en définitive, à l'actif de Benkirane, il n'y a encore aucune vraie grande réforme. Peut-être va-t-il nous surprendre lors de l'élaboration du projet de Loi de Finances 2015 ? En tout cas, 2016 n'est pas loin. Il lui reste donc peu de temps pour convaincre de nouveau les électeurs.


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