* Limpact dune pub est vite noyé au milieu dune masse de spots généralistes diffusés durant le Ftour, le pic maximal daudience. * Enregistrant les meilleures audiences, le Ramadan traduit une importante évolution des investissements publicitaires. * Ce carambolage émane également du manque de maîtrise du positionnement du produit. La période du Ftour connaît un foisonnement, une manière polie de parler de bourrage en spots télé. Le mois sacré est une période de haute consommation, mais pas seulement. «Le mois de Ramadan enregistre les meilleures audiences sur lannée et il équivaut à deux mois dactivité et de ce fait les investissements publicitaires doublent durant cette période», affirme Anouar Sabri, Directeur dImperium Media. Ces pics daudience, ou plutôt le pic daudience pousse les annonceurs à linvestir en masse, ce qui ne produit pas forcément un résultat satisfaisant pour les téléspectateurs, surtout après la rupture du jeûne alors quils émergent à peine de létat dengourdissement quimpose une journée de jeûne continu. Cest un avis partagé, le bourrage de lheure qui suit la rupture du jeûne nest pas bénéfique pour la pub, car limpact escompté nest pas au rendez-vous. Alors trop de pub, tue la pub ? «Oui, certainement, puisquil y a une saturation de laudience», explique Nabil Boutaleb, Directeur Stratégie et Création Altaïr. Il assure également que cette situation émane de la fragilité de laudience, les annonceurs redoutent tellement le zapping quils déversent trop de pub durant le Ftour. «On constate que le plus gros de linvestissement se concentre entre 18h30 et 21h, ce qui nous fait des écrans longs. Et ces écrans publicitaires ne sont pas répartis sur la durée du jour, mais plutôt concentrés lors des audiences maximales», souligne-t-il. Aissam Fathya, média planeur et Directeur général de Kenzmedia, est pour sa part daccord jusquà une certaine mesure. «Oui, trop de pub, tue la pub, mais la HACA a bien réglementé la chose en limitant le temps de pub à 19 minutes par heure». Il reconnaît néanmoins que durant le Ramadan le pic daudience sétale sur deux heures. La première, entre 18h et 19h, connaît une accélération des pubs vers la fin de lheure, soit au moins 7 minutes de pub en un temps réduit. Et à partir de 19h, laudience est assaillie par les 19 minutes de pub, soit au total 26 minutes de pub en un temps très court. Ce qui narrange pas les choses. Dans ce sens, il explique que les médias planeurs qui pensent mettre toutes leurs pubs sur un seul créneau, notamment le pic daudience, se gourent. Il ne faut jamais mettre tous ses pions sur une même tranche. «Il y a également le début et le deuxième de soirée à exploiter», précise-t-il. Mais doù nous vient cette nouvelle tendance ? «Disons que les mesures daudience qui se sont faites au cours de ces derrières années, les scan ponctuels et les enquêtes approfondies dimpact ont influencé lévolution du métier. Lactivité va se professionnaliser davantage avec loutil médiamétrie qui sera opérationnel prochainement», explique Boutaleb. Il souligne quil ne faut pas minimiser linfluence de ce qui se fait à linternational. La politique internationale est de faire recette. Au-delà de leffet désagréable que cela peut procurer aux téléspectateurs, ou à la saturation de laudience, et sur le volet très pointu quest le positionnement dun produit, la manière dont est présentée la pub durant le mois de Ramadan est grossière. La cible nest pas spécifique. «On constate quil y a un manque de volonté de positionnement», soutient Nabil Boutaleb. Selon lui, il ne faut pas penser que traditionnellement le Ramadan est propice à la pub dans une pure vision commerciale basée sur le prix du produit. «Il ne faut pas également croire que la cible est passive, bien au contraire, elle est très active et son niveau dexigence est le même que celui dun consommateur européen. Il faut motiver et séduire la cible qui est plus sensible à la qualité quau prix. Cest une marque de respect envers le consommateur», constate-t-il. Et sur ce niveau, souligne Nabil Boutaleb, tout revient au chef dentreprise, sil a une vision globale de son marché, sil a une vision ouverte ou fermée et surtout sil veut prendre le risque. «Imaginez une assemblée générale où un annonceur ne veut pas prendre le risque de valider une pub et préfère rester dans les généralités. Ce nest pas propre quau Maroc, mais disons quil faut avoir une vision qui dépasse le profit commercial et industriel», conclut-il.