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Le dernier remaniement ministériel est purement politique
Publié dans Finances news le 10 - 06 - 2004

Le dernier remaniement ministériel a alimenté les analyses des différents spécialistes et politiciens. Tout le monde s’accorde à dire que ce remaniement est purement politique; rejetant par là la thèse officielle qui y voit un remaniement purement technique. Tour d’horizon avec Mohamed Darif, politologue.
F. N. H. : Quelle lecture faites-vous du dernier remaniement ministériel ? Ne risque-t-il pas d’être considéré comme une simple fuite en avant ?
M.D : En général, dans n’importe quel pays, dès que l’idée d’un remaniement gouvernemental s’impose, cela signifie qu’il y a un dysfonctionnement, au niveau du rendement de l’équipe dirigeante, qu’il faut pallier. Chez nous au Maroc, il est à remarquer que ce sentiment d’insatisfaction, relatif au rendement gouvernemental, a toujours été présent. C’est un sentiment exprimé sous forme de crise politique ou autre.
En somme, parler d’un remaniement ministériel, c’est reconnaître l’existence de ce dysfonctionnement.
Ceci n’est pas nouveau au Maroc. Il est de coutume qu’une fois un gouvernement constitué, on aborde, de suite, l’idée d’un remaniement ministériel.
Les faits sont là pour le prouver. Quand le gouvernement de Youssoufi a été constitué en 1998, le discours officiel, véhiculé à l’époque, rapportait que la première année de ce nouveau gouvernement serait simplement évaluative.
En 2000, un remaniement a eu lieu. Le même scénario s’est répété avec le gouvernement Jettou. Celui-ci a été constitué en novembre 2002. En 2003, l’idée du remaniement ministériel commença à circuler sous prétexte que l’homogénéité, force de tout gouvernement qui se respecte, faisait défaut à un amalgame politico-technocrate. Puis, on a avancé le prétexte du faible rendement de certains ministères. Ensuite, le discours officiel a véhiculé la thèse selon laquelle ce dysfonctionnement relève de l’incompétence de certains ministres et n’est aucunement lié au gouvernement en entier ; ce qui n’est pas vrai.
Le remaniement a donc eu lieu, en juin 2004, c’est-à-dire moins de 2 ans après la constitution du gouvernement Jettou.
Les débats qui alimentaient les milieux politiques laissaient croire que le remaniement serait global (et non partiel) pour permettre le passage d’un gouvernement à dominante technocrate à un gouvernement composé uniquement de partis politiques. Cela aurait permis d’avoir un gouvernement responsable devant le Parlement. Rien de cela n’est arrivé.
F. N. H. : Driss Jettou a qualifié ce remaniement de « technique ». Quel commentaire en faites-vous ?
M.D : Je ne crois pas que ce remaniement soit technique. Disons-le clairement : nous sommes devant un remaniement politique.
Dans un remaniement technique, on remplace une personne « incompétente » par une autre plus compétente. Dans le cas de ce remaniement, la raison est politique dans la mesure où le souci de réduire le nombre de portefeuilles ministériels s’est traduit par les faits en passant de 39 membres à 35.
C’est une réduction dont la portée est fortement politique. La deuxième motivation politique relève d’un souci de restructuration et de redynamisation. Il s’agit en l’occurrence de booster, à travers leur restructuration, trois secteurs essentiels au Maroc : l’enseignement, l’agriculture et le tourisme. A cet effet, le ministère de l’Education Nationale gère désormais l’Enseignement Supérieur et la Recherche Scientifique. Celui de l’Agriculture voit ses prérogatives s’étendre à la Pêche Maritime. Enfin, le Ministère du Tourisme prend les commandes de l’Artisanat et de l’Economie Sociale. Il ne faut pas omettre, non plus, la suppression du ministère des Droits de l’Homme ainsi que le secrétariat d’Etat à l’Environnement.
Le système a une orientation politique claire. Son souci de « technocratiser » le gouvernement, de quelque manière que ce soit, est constamment présent; sinon comment voyez-vous le fait de nommer trois ministres technocrates sous l’étiquette « RNI » ?
Tous ces éléments conjugués nous permettent de déduire qu’il ne s’agit nullement d’un remaniement technique.
F. N. H. : N’y a t-il pas une contradiction entre, d’une part, le discours officiel qui prône la démocratie et le renforcement des partis politiques et, d’autre part, les impératifs du système ?
M.D : C’est une pratique justifiable. Pourquoi ?
Depuis le temps, nous avons eu au Maroc un conflit opposant le Roi aux partis. Avec le gouvernement Youssoufi, un conflit de légitimité s’est installé.
Mais, avec l’intronisation de SM le Roi, les donnes ont changé. Le Roi a accordé priorité au Social ; alors que Youssoufi favorisait du Politique. L’opposition était donc évidente. Avec le gouvernement Jettou, la binarité proximité-efficacité embrassait les priorités du Roi. Qui des deux parties, selon vous, technocrates ou politiciens, serait assez pragmatique pour traduire, dans les faits, les orientations royales ? Dans la réponse, vous trouverez la motivation du dernier remaniement ministériel.
Quand le Roi affirme, dans un discours, que les partis politiques doivent se restructurer en attendant la nouvelle loi sur les partis, et quand il reconnaît qu’il ne faut pas perdre de temps en responsabilisant des partis politiques au faible rendement, cela nous pousse à méditer sur la question. Le dernier remaniement ministériel corrobore cette vision.
Les débats qui alimentaient les milieux politiques laissaient croire que le remaniement serait global (et non partiel) pour permettre le passage d’un gouvernement à dominante technocrate à un gouvernement composé uniquement de partis politiques.
F. N. H. : Les partis politiques n’ont pas trop critiqué le dernier remaniement. Cela signifie-t-il qu’ils en sont satisfaits ?
M.D : Il y a eu des réactions. Dans l’édito du journal « Al Alam », organe de presse du PI, on a pu relever une non-satisfaction. D’autres politiciens, en l’occurrence Khiari et le Président du groupe parlementaire « RNIste » ont exprimé leur mécontentement. En fait, même si les partis politiques adoptent une attitude critique, ils manquent d’arguments dans la mesure où le rendement gouvernemental était en deçà des attentes. D’ailleurs, ces mêmes partis participent au gouvernement actuel. S’il y avait eu élimination ou substitution de ces partis, les réactions auraient pris une autre tournure.


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