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Amal Ayouch, l'artiste philosophe
Publié dans Finances news le 15 - 03 - 2007

Une enfance heureuse avec des parents instruits et conscients de l'importance d'élever un enfant en le nourrissant d'éducation scolaire tout en lui assurant des activités parallèles ; voilà ce que ses parents ont offert à Amal Ayouch, pharmacienne et comédienne marocaine.
«J'ai eu la chance de bénéficier très jeune d'activités culturelles. Ma mère adorait nous emmener au cinéma. Je me rappelle d'ailleurs des documentaires de Jacques-Yves Cousteau à l'époque. Et mon père nous a inculqué beaucoup de valeurs humaines. Il nous disait que les filles devaient compter sur elles-mêmes».
Amal a eu, très jeune, une grande ouverture sur le monde. Une chance pour cette enfant curieuse qui assouvissait sa curiosité en s'ouvrant sur beaucoup de choses. Rebelle et garçon manqué, au fil des ans, l'enfant cède la place à une jeune femme qui savoure sa féminité. «J'ai eu une adolescence difficile et mon aspiration était de faire un métier très dynamique, notamment journaliste ou architecte». Au début de ses études, elle voulait suivre une formation littéraire, mais elle s'est réorientée en faisant un Bac scientifique, ce qui lui a permis de découvrir la biologie, une science qui l'a grandement passionnée. Curieuse, elle décida de suivre des cours en rapport avec la biologie et atterrit en pharmacie à Montpellier.
Durant ses études, comme la pharmacie ne lui déplaisait pas sans pour autant être sa vocation, Amal Ayouch a eu envie d'aller voir ailleurs tout en respectant ce contrat moral avec ses parents d'achever ses études.
«J'ai eu la chance de tomber sur une troupe de théâtre et sur un metteur en scène très intéressant qui dirigeait la compagnie «Le théâtre du hangar», au Sud de la France, à un moment où il montait une pièce. J'ai passé un test à la suite duquel j'ai été retenue. Je crois que c'est à ce moment-là que ma passion pour le théâtre s'est révélée». Et hop, elle était dans le bain, un vrai bonheur pour elle ! Des cours de théâtre qu'elle suivait comme élève, elle entreprit ses premiers pas sur scène.
C'est ainsi qu'Amal a découvert tout un aspect de la vie humaine loin des couloirs de l'Université. Une dimension artistique qu'elle n'avait pas connue au Maroc, mais après y avoir goûté en France, lui a paru importante pour atteindre un certain équilibre. Car, pour ceux qui ne la connaissent que sur l'écran, Amal est très subtile, fine, rêveuse, mais tout en étant très dynamique. Sa voix est sublime, son regard tendre et mystérieux à la fois…
Retour sur terre. Après la fin des études, son éducation culturelle touchait à sa fin. La rencontre avec son mari précipite son retour au Maroc. «Sachant que je revenais chaque année au Maroc, j'étais plombée et je ne me sentais pas dans mon élément, non pas familial, mais j'avais l'impression que tout un aspect de moi-même n'était pas nourri et j'avais l'impression de revenir vers des choses sclérosées … Mais une fois sur place, j'ai essayé d'aller de l'avant. La carrière s'est installée… Heureusement pour moi. Parce que cela fait partie d'un équilibre …».
Le moins qu'on puisse dire est qu'Amal Ayouch est une artiste élitiste et elle ne s'en cache pas. Elle aime le beau texte qui transcende un peu certains sujets. Le théâtre qu'elle aime est un domaine élitiste dans lequel on aborde des sujets importants. Même si elle aime bien le divertissement, il lui importe que les textes joués aient un aspect humain qui creuse d'avantage et qui pousse à la réflexion.
«J'ai eu la chance de pouvoir travailler un moment avec Nabil Lahlou sur de beaux textes, notamment «Ophélie n'est pas morte». C'est quand vous endossez un personnage et que vous vous exprimez par lui, que vous le rencontrez et vivez ses angoisses, ses problèmes… ». Amal Ayouch a incarné l'avocate dans le dernier film du réalisateur Ahmed Boulane qui revient sur l'affaire des rockers accusés d'être des adorateurs de Satan. «J'ai été effrayée durant cette période parce que je voyais la culture en péril et la non-compréhension en train de s'installer et de devenir une valeur… C'était pour moi une façon de m'exprimer par rapport à cette affaire et d'exorciser un peu ces démons».
Et c'était pour évacuer le stress, la colère et la fatigue qu'Amal Ayouch a fait du yoga qui lui permet de se retrouver et d'évoluer dans une certaine philosophie de la vie. Ça permet de réfléchir sur soi.
De tempérament nostalgique, Amal Ayouch arrive à évacuer ses angoisses et trouve un grand épanouissement dans l'art. Par contre, elle n'a jamais vraiment touché à la politique, en dehors des personnages qu'elle incarne. «La politique n'est pas un domaine pour moi, parce que je suis trop puriste…».
Il n'empêche qu'Amal Ayouch a déjà identifié des chantiers sur lesquels il faut agir rapidement, notamment le sort des enfants de la rue, le travail des enfants et l'alphabétisation. «Des chantiers sont engagés dans ce sens, mais si j'étais ministre de l'Urbanisme, j'interdirais qu'on construise n'importe comment avec des façades horribles sans aucun cachet architectural. Je trouve ça désastreux !». Et ce n'est pas fini ! Si ça ne tenait qu'à elle, elle construirait des théâtres dans chaque quartier ainsi que des espaces culturels. Elle irait même jusqu'à décréter la musique, le dessin et la culture comme matières obligatoires dans l'éducation scolaire… Pour elle, la culture n'est pas un luxe.
Elle est également marraine de l'Association Solidarité Féminine. Une rencontre avec ces mères célibataires rejetées par la société lui a suggéré, à travers leur témoignage, de monter une pièce, «Violoncelle». C'est une cause qui l'a beaucoup touchée dans la mesure où, malgré leur détresse, ces femmes n'abandonnaient pas leurs enfants.
A propos de maternité, Amal est maman de deux jeunes garçons. «Je pense être une maman proche de ses deux garçons. J'essaye d'être à leur écoute. Je suis parfois maman poule, parfois maman dure qui essaye de ne pas lâcher les rênes et qui veille à la discipline. Il faut savoir redresser la barre, leur inculquer les valeurs de la vie et leur apprendre à voir la vie telle qu'elle est sans être trop protectionniste».
À la fin mars, on retrouvera notre héroïne dans «Le jeu de l'amour», un film où elle joue avec Younès Megri et qui sera présenté en avant-première au Festival du Film de Tétouan. «C'est un bon film qui aborde les histoires de couples de manière plus moderne et plus intellectuelle. Mais le dernier mot reviendra au public».
Bien que Zen et calme, il n'en demeure pas moins qu'Amal Ayouch a subi beaucoup de critiques. Surtout quand elle a eu le courage d'interpréter le rôle de prostituée dans le film culte «Ali Zaoua». «Des fois, les gens ne font pas le distinguo entre l'artiste, l'être et le rôle qu'il joue. On n'incarne pas des personnages juste pour faire de belles choses, mais pour explorer les différents rôles. Il était très difficile de faire accepter mon rôle dans «Ali Zaoua», mais ça fait partie de ma démarche de comédienne. On apprend à assumer, sinon on arrête ou on fait des choses moins intéressantes».
Son choix est donc fait ! La discussion est passionnante, le ton serein ; Amal Ayouch ne parle pas de sa vie, mais de l'être : «tant que je ne suis pas cloisonnée dans quelque chose, tant qu'il y a cette souplesse de l'esprit, j'attends encore de la vie. Il y a tellement de choses à explorer».


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