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Entretien : «Encore du chemin à faire»
Publié dans Finances news le 29 - 10 - 2009

* L’ensemble des participants au Forum Euromed-Capital plaide pour des incitations fiscales afin de booster l’activité du capital-investissement.
* La région Afrique du Nord intéresse les bailleurs de fonds du Moyen-Orient comme le rapporte Benjamin Aller, avocat associé à Sj Berwin, spécialiste de la formation des fonds de capital-investissement.
- Finances News Hebdo : Où en est, à votre avis, le capital-investissement au Maroc ?
- Benjamin Aller : Je pense qu’il y a certainement un avenir pour le capital-investissement au Maroc et dans le Maghreb. Je suis un avocat basé à Dubaï et je travaille avec des investisseurs du Golfe qui trouvent en cette région un attrait particulier. Maintenant, ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a encore du chemin à faire, notamment en matière de fiscalité, de réglementation et de cadre juridique en général. Certes, tout ceci est dans la bonne voie, mais il y a toujours des efforts à faire pour que cette région puisse développer un écosystème favorable et une culture de gestion d’actif. Avec cela, le Maroc pourra attirer davantage d’investisseurs internationaux, notamment ceux du Golfe.
- F.N.H. : Qu’est-ce qui manque justement à l’écosystème présent dans la région du Maghreb ?
- B. A. : L’Afrique du Nord me rappelle aujourd’hui la situation où se trouvaient l’Europe et la France il y a 15 ou 20 ans. C’est la période durant laquelle cette région avait mis en place la réglementation des Fonds Communs de Placements à Risque (FCPR). Cela date du début des années 80. Aujourd’hui, c’est vraiment une réussite. Cependant, elle n’est pas venue rapidement et il lui a fallu du temps. Il faut encourager non seulement le développement des sociétés de gestion d’actif, mais aussi toutes les professions qui y sont rattachées telles que les experts-comptables, les banquiers d’affaires, etc…
- F.N.H. : Au niveau des PME, on sent une certaine réticence quant à l’ouverture du capital. Comment, à votre avis, peut-on y remédier ?
- B. A. : Il n’y a aucune réponse juste à cela. Parfois, ce sont des raisons émotionnelles… Que ce soit aux Etats-Unis, en Europe, ou ailleurs, les ouvertures du capital passent avant tout par des relations de confiance entre les parties. Des exemples de grandes opérations qui ont marché sont l’un des meilleurs moyens pour convaincre les patrons de PME de céder des parts de leurs capitaux à des tiers.
- F.N.H. : Pensez-vous que le rôle de l’Etat dans le développement du capital-investissement se limite à la mise en place de cadres réglementaires et fiscaux ?
- B. A. : Dans cette industrie, il existe plusieurs modèles. Dans le modèle libéral des pays anglo-saxons, par exemple, l’Etat n’intervient pas. Il se contente de créer un cadre juridique. Il est peut-être compliqué, mais il est efficace. On retrouve aussi le modèle européen où l’Etat subventionne, avec notamment un cadre fiscal qui, jusque-là du moins, était plus léger pour le capital-investissement. Ce qu’il ne faut cependant pas oublier c’est que les deux modèles fonctionnent. Je ne suis pas en mesure de dire quel modèle il faut choisir pour le Maroc, mais je pense que le modèle francophone a permis à l’industrie française d’être l’une des plus performantes dans le capital-investissement et pourrait, éventuellement, être le plus adéquat pour cette région.


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