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Fraude fiscale : Le législateur marocain a du pain sur la planche
Publié dans Finances news le 19 - 11 - 2009

* Au moment où le droit marocain cite, à titre limité, les actes incriminés, son homologue français le fait d’une manière extensive.
* Les peines applicables au délit de fraude fiscale sont moins dissuasives en droit fiscal marocain qu’en droit français.
* L’Administration marocaine est dépourvue de moyens.
Au cours des deux dernières Lois de Finances 2009 et 2010, le législateur a procédé à une réduction du taux de l’IS à 30% et celui relatif à l’IR à 40%. Le but étant d’améliorer la compétitivité du tissu national dans un contexte de mondialisation et d’aider à l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens. Bien que de telles mesures risquent de se traduire par une baisse des recettes fiscales et donc un amenuisement des entrées de l’Etat, le législateur avance comme argument un élargissement de l’assiette fiscale par une limitation de pression fiscale et, bien entendu, un contrôle plus rigoureux de la part de l’Administration. Un tel contrôle pourrait ainsi contribuer à la limitation de la fraude fiscale.
Toutefois, et en regardant de près ce qui se passe dans la réalité, on s’aperçoit que le sujet de la fraude fiscale demeure encore tabou, et ce pour des raisons socio-économiques. Les citoyens, bien que conscients de l’importance de l’impôt, n’ont pas encore confiance en l’Etat en tant que redistributeur. Aussi, le niveau de qualité des prestations publiques fournies par l’Etat et que le citoyen juge en deçà de ses aspirations, ne fait qu’alimenter la suspicion à l’égard du Fisc. C’est ce qui explique en partie que la stratégie actuelle en matière de lutte contre la fraude a montré ses limites. Les conséquences risquent d’être encore plus fâcheuses à cause de la morosité du contexte et, en cette période de crise, nombreux sont ceux qui fuient l’impôt pour réduire leurs charges.
Moins de rigueur et de fermeté
Un comparatif entre les droits fiscaux français et marocain a mis en exergue le laxisme de ce dernier en la matière.
En effet, celui-ci ne cite qu’à titre limitatif les actes incriminés et reste hésitant quant à l’incrimination des complices. Au contraire, le délit de fraude est conçu de manière extensive en droit français.
Le législateur français fait preuve de fermeté dans la lutte contre la fraude dans la mesure où il tient le délit même en l’absence de manœuvres frauduleuses et considère ces dernières comme des circonstances aggravantes, alors qu’au Maroc on aborde les choses avec moins de rigueur. «La cadence des contrôles n’est pas très rapprochée dans le temps, ce qui encourage le phénomène d’évasion fiscale», explique un expert-comptable.
A titre d’exemple, en matière de fraude, la minoration des recettes peut être recherchée par des moyens aussi divers que sophistiqués. Or, le droit marocain ne prévoit que deux hypothèses, à savoir la vente sans facture de manière répétitive et la délivrance de facture fictive.
Les autres moyens pouvant réduire les entrées sont : la vente avec facture mais sans comptabilisation de l’opération, l’omission de comptabiliser des ventes par des comptes bancaires non signalés, le règlement direct des fournisseurs par les clients…
La dissimulation de certains achats est fréquemment utilisée comme complément de la vente sans facture avec, notamment, la connivence des fournisseurs et des clients, ce qui rend sans effet tout recoupement tenté par l'agent du Fisc opéré chez ces derniers.
Le droit fiscal français offre la possibilité de poursuivre et de juger les fraudeurs, quelle que soit la technique utilisée pour éluder l'impôt que l'irrégularité a concerné.
D’après notre expert-comptable , «il ne faut pas omettre que l’Administration marocaine ne dispose pas des mêmes moyens de contrôle que son homologue française ». Aussi, il est à signaler qu’en voulant se concentrer sur l’essentiel, l’Administration laisse échapper beaucoup de choses.
Une autre question se pose en matière de fraude : celle de savoir si la matérialité du délit n'est pas suffisante pour qu'il soit constaté et que la mauvaise foi et l'intention de fraude soient présumées. Si la doctrine marocaine n'a pas encore dit son mot à ce propos, les juristes ont déjà débattu de cette querelle doctrinale, mais sans arriver à un consensus. Pour les uns, la référence à l'élément intentionnel ne fait que traduire un principe essentiel du droit pénal. L'Administration fiscale n'est donc pas obligée de prouver la mauvaise foi du fraudeur. Pour les autres, les juridictions pénales ne devront plus défendre sur une volonté de fraude probable.
Quant au juge pénal, il se base sur un ensemble d'indices pour établir l'élément intentionnel du contrevenant en laissant de côté et le mobile et les excuses qui peuvent animer les actes de ce dernier. Parmi ces indices, on cite le caractère répétitif des manœuvres prohibées, le professionnalisme du contrevenant, les opérations frauduleuses.
A noter, par ailleurs, que les peines applicables au délit de fraude fiscale sont moins dissuasives en droit fiscal marocain qu’en droit français.
Au Maroc, l'amende est, pour l'auteur principal, de 5.000 à 50.000 Dh et, en cas de récidive, on ajoute à l'amende l'emprisonnement de 1 à 3 mois. Et pour le complice selon les dispositions de l'article 1871 du code des impôts marocain, une amende égale à 100% du montant de l'impôt soustrait.
En France, la volonté politique de réprimer la fraude fiscale est plus affichée, puisqu'il est prévu une amende de 37.500 euros et un emprisonnement de cinq ans selon les dispositions de l'article 1741 du code des impôts.
La solution au problème de la fraude fiscale au Maroc serait de réformer le dispositif fiscal, à travers une responsabilisation des intervenants, et d’adopter un système de contractualisation informelle pour que chacun sache ce qu'il doit à l'autre. L'Etat doit percevoir son impôt, mais que devra t-on exactement à l'Etat ou, que voudra-t-on de l'Etat en contrepartie ? Ceci favorisera la compréhension pour quelques uns du pourquoi de l'impôt et son utilité indirecte future.
Une chose est cependant sûre : l’atténuation de la pression fiscale reste otage de la complexité de la fraude.


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