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Nadia Larguet : Une photo, une polémique
Publié dans Finances news le 19 - 11 - 2009

* La photo parue sur la couverture de «Femmes Du Maroc» a eu le mérite de lancer un vrai débat sociétal et professionnel.
* L’intéressée ne veut pas se prononcer pour le moment.
* Selon Nadia Lamhaïdi, professeur de presse écrite, Nadia Larguet aurait pu faire prévaloir d’autres atouts.
Une première au Maroc ! L’apparition de Nadia Larguet, productrice et ancienne animatrice télé, sur la couverture du magazine «Femmes du Maroc» du mois de novembre, a défrayé la chronique. Il y a de quoi. Elle y pose quasi-nue avec une main posée sur son ventre de femme alourdie par la grossesse et l’autre cachant ses seins. Il aura suffi d’une couve pour enflammer les débats sur le droit de l’image et les limites de la liberté des médias. Surtout que cette illustration touche à deux sujets sensibles : l’image de la femme et les limites que la presse doit respecter.
Contacté par nos soins, un haut cadre ministériel ayant requis l’anonymat, nous explique que c’est un geste inutile, surtout dans un contexte très sensible pour la presse écrite au Maroc. Des réactions ont fusé de partout, surtout sur le Net où la photo a bénéficié d’un buzz important. Des critiques tempérées aux plus virulentes, la photo n’a laissé personne indifférent parmi ceux et celles qui l’ont vue.
«Ma première réaction a été celle de la femme que je suis, et de la maman enceinte que j’ai été à deux reprises : je préfère de loin la photo de Nadia Larguet en robe fleurie publiée en pages intérieures. Elle y est ravissante, tenant avec amour et affection son petit ventre de huit mois», explique Nadia Lamhaïdi, professeur de presse écrite à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication. Pour cette spécialiste de l’image de la femme dans les médias, cette photo pose un vrai débat culturel et professionnel. «Quelles valeurs de modernité voulons-nous pour le Maroc d’aujourd’hui et de demain ? Ces valeurs-là ne devraient-elles pas être partagées par l’ensemble des Marocains pour garantir un seuil minimum de cohésion sociale? Je vais illustrer mon propos : la qualité artistique de la photo, la beauté du nu… sont-elles des références communément partagées par les Marocains qui sont la première cible du magazine ? », s’interroge Nadia Lamhaïdi. Cette photo a tout de même le grand mérite de créer un grand débat sur ces questions cruciales dans un Maroc en mouvement et qui tend vers la modernité.
Une modernité qui est taillée sur mesure en tenant compte de la spécificité de notre société. «Sur le plan professionnel stricto sensu, la question est de savoir si c’est une photo journalistique ? Je pense que c’est une photo qui verse plus dans le sensationnel et sa logique relève plus du voyeurisme pour satisfaire un désir instinctif de regarder à travers le trou de la serrure ce qui se passe dans l’intimité de l’autre. Les personnes publiques, stars du sport et du showbiz sont les plus exposées à cette pratique journalistique», souligne Nadia Lamhaïdi.
Pour elle, cette photo dessert la femme qui en est le sujet : Nadia Larguet. « Elle a d’autres qualités à faire valoir, c’est une très bonne professionnelle des médias : elle est derrière de nombreux concepts d’émissions, c’est une excellente animatrice télé…Ce sont justement les nouveaux rôles de la femme que les médias sont censés représenter. La charte nationale pour l’amélioration de l’image de la femme dans les médias insiste sur une représentation équilibrée de la femme. Certes, les professionnels des médias n’en sont pas encore imprégnés. Concernant le plan d’action de cette charte, le département de Mme Nouzha SKalli devrait répondre à cette préoccupation. Si cela a boosté les ventes de «Femmes du Maroc», tant mieux ! Ce que je retiens, c’est que cela a provoqué un débat sociétal et déontologique majeur », poursuit-elle.
L’intéressée, Nadia Larguet, préfère garder le silence pour l’instant et ne pas s’exprimer sur la question tant que le numéro est toujours en vente, nous explique un proche.
Entre temps, certains supports de presse se sont saisis de «l’affaire». Entre défenseurs et détracteurs, les arguments fusent. Les plus modernistes défendent le droit de la jeune femme de partager sa joie de maternité avec les autres femmes qui sont les premières cibles du magazine. Pour les plus conservateurs, cette image représente un total irrespect de la société marocaine qui est par essence musulmane. Ce qui biaise d’emblée le débat puisque l’on verse plus dans la polémique plutôt que d’aboutir à une réflexion sur l’usage de l’image dans les médias.
Un avis que partage Nadia Lamhaïdi qui forme les futurs journalistes : «Moi, je dirais tout simplement : Haro sur le jeu de la récupération ! Les joutes oratoires et la manie du «je t’aime, moi non plus», ne servent aucunement le développement de la presse nationale qui souffre d’une crise de lectorat pour cause, entre autres, de crédibilité».
Une chose est sûre, cette photo a poussé un peu plus loin le débat sur la liberté d’expression qui, jusqu’à ces jours, se concentrait sur l’écrit et plus récemment les caricatures, mais jamais sur les images. Un questionnement profond est désormais lancé sur le devenir de la presse et de ses droits et devoirs, surtout sur des aspects qui semblent, à première vue artistiques, mais qui, au fond, sont tout aussi importants que le contenu.
«Je note avec bonheur que des sentinelles sont en état d’alerte et que la veille stratégique, l’une des principales recommandations de la charte pour l’amélioration de l’image de la femme dans les médias, est en marche. Une société qui opère une telle introspection, où la confrontation d’idées est en marche, est une société sur la bonne voie. Aux médias, qui sont le miroir de la société, de refléter ce débat et de le faire partager», conclut Nadia Lamhaïdi. Dans le contexte actuel, beaucoup d’événements sont survenus sur la place et tendent tous vers l’importance de rouvrir un débat sérieux sur les médias, leurs droits et devoirs. Espérons au moins qu’il réussira à mettre les premiers jalons de l’exercice du métier dans un contexte très précis qui accompagne à la fois le développement de la société, et en anticipe les besoins en la tirant vers le haut.


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