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Ahmed Reda Chami : C’est l’ambition qui paye
Publié dans Finances news le 21 - 01 - 2010

* La crise ne remet pas en question les différents plans sectoriels puisque ces derniers s’étalent à moyen et long termes.
* Quelque 111 mesures concrètes ont été approuvées pour concrétiser le Pacte pour l’Emergence Industrielle.
* Sur 22 plateformes industrielles intégrées, 2 sont déjà en chantier et 7 sont lancés et leur aménagement est prévu en 2010.
* Le Plan Rawaj a profité à ce jour à plus de 1.300 commerçants.
Ce n’est certainement pas un rhume d’hiver qui va clouer au lit Ahmed Reda Chami, le Ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies. Ainsi, après avoir lancé un workshop sur l’urbanisme commercial en relation avec le Plan Rawaj, il a été notre Invité de la Quinzaine. Une discussion à bâtons rompus pour faire, avec lui, le bilan de ces deux dernières années à la tête du ministère.
«Il est difficile de faire un bilan exhaustif. Mais cela ne nous empêche pas de parler de manière générale des grands axes qui ont été entrepris par ce ministère tout au long de ces deux années», souligne d’emblée Ahmed Reda Chami.
Des trois secteurs qu’il chapeaute, à savoir le Commerce, l’Industrie et les TIC, Ahmed Reda Chami a entamé son bilan par le Pacte National pour l’Emergence Industrielle. Ce dernier, qui fait suite au Plan Emergence signé en 2005 sous la responsabilité de M. Mezouar, est venu avec un plan d’actions concret pour exécuter les ambitions industrielles du Maroc.
«Le travail que nous pouvons mettre à l’actif de ce ministère est d’avoir affiné la stratégie en concentrant les efforts sur certains secteurs dans lesquels on avait un certain avantage concurrentiel. Un travail qui s’est traduit par un plan d’action concret avec une feuille de route, un budget et une gouvernance», se félicite le ministre.
Toute stratégie doit, pour sa réussite, se doter obligatoirement de moyens pour l’exécuter. Le Pacte National pour l’Emergence Industrielle, qui a été signé en février 2009, est venu définir 111 mesures concrètes qui allaient permettre de développer les métiers mondiaux du Maroc à travers un nouveau concept que sont les plateformes industrielles intégrées. «Ce nouveau concept est venu enrichir le Plan Emergence. Pour un industriel, quel qu’il soit, la première chose dont il a besoin pour développer son activité est le terrain. Aussi simple que cela puisse paraître. Et nous maîtrisons aujourd’hui ce volet foncier puisque nous travaillons avec les développeurs et avec le soutien du Fonds Hassan II pour élaborer une offre flexible avec des prix abordables», soutient le ministre.
Pour lui, sans cela, on ne pourrait pas faire de l’industrie.
Ce Pacte est venu avec 22 plateformes industrielles intégrées sur plus de 2.200 hectares avec des vocations spécifiques à chacune d’elle, et une mobilisation essentiellement du terrain domanial ou collectif. «Et aujourd’hui, je suis content de vous annoncer en avant-première que sur les 22 zones, 2 sont déjà en chantier et 7 sont lancés et leur aménagement est prévu en 2010», nous annonce-t-il en exclusivité.
Un autre chantier de ce pacte est celui de la modernisation de la PME. Ce chantier figurait déjà dans la première mouture du Plan Emergence, mais des actions et des programmes d’accompagnement, notamment Imtiaz et Moussanada, ont été déclinées.
«Bien évidemment, un des points auxquels nous accordons un grand intérêt est celui de la formation. Le fait de l’isoler et de l’ériger en chantier propre permet de mettre en place des actions qui lui sont spécialement dédiées en lui donnant plus d’importance puisqu’on l’identifie comme facteur clé du succès», ajoute Chami.
L’autre volet qui n’existait pas dans le premier Plan est celui du climat des affaires. «C’est ma casquette de responsable des investissements qui m’a poussé à intégrer ce volet».
Pour évaluer la mise en place de ce plan et les avancées réalisées, il a été décidé d’organiser les Assises de l’Industrie dans les mois à venir. Probablement en mars.
«Je dirais que la première grande réalisation de ce mandat est ce Pacte National pour l’Emergence Industrielle à condition de le mener jusqu’au bout», conclut le ministre à ce sujet.
1.300 commerçants ont déjà bénéficié du plan Rawaj
Dans le cadre de ce plan qui prévoit la création de zones d’activités commerciales, deux villes ouvriront le bal, à savoir Casablanca et Oujda.
«Nous avons œuvré pour la mobilisation du terrain dans les deux villes et c’est chose faite. Nous sommes donc entrés plus en détail dans le plan Rawaj et nous avons lancé des programmes de modernisation du commerce. Nous avons ainsi signé des conventions qui concernent 5.000 commerçants inscrits dans ce programme de modernisation. A fin 2009, 1.300 commerçants ont été accompagnés dans leur projet de modernisation et les autres sont en cours de réalisation», assure Ahmed Reda Chami.
Avant d’arriver aux locaux de Finances News Hebdo, le ministre avait lancé un workshop sur l’urbanisme commercial. Et le constat qu’il fait est le suivant : il n’existe pas de zones d’activités commerciales dans la plupart des plans d’aménagement de l’urbanisme, aussi invraisemblable que cela puisse paraître. Conséquence : la ville, dont les plans ne spécifient pas les emplacements des espaces réservés au commerce et ne tiennent pas compte des besoins de la population, est une ville qui risque d’être désorganisée avec des problèmes urbains, indépendamment du fait qu’un commerce est important pour que les citoyens puissent trouver où acheter tout ce dont ils ont besoin, et indépendamment du fait également que le commerce est créateur d’emplois et d’animation dans une ville.
Pour remédier à cette situation, le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies et le ministère de l’Urbanisme travaillent en étroite collaboration.
S’agissant des Nouvelles Technologies, Ahmed Reda Chami ne cache pas sa fierté quant au Plan Maroc Numeric. Dix jours après la signature de ce plan devant SM le Roi, le ministère lance le programme INJAZ, destiné aux étudiants du second cycle universitaire dans le domaine de l’ingénierie, des sciences et des technologies de l’information et de la communication et qui vise l’équipement de ces derniers en PC portable et connexion internet. Ce projet vise à équiper 17.000 bénéficiaires pour l’année en cours avec un objectif de 80 000 à horizon 2013. Et selon les derniers chiffres (à Janvier 2010), plus de 14.000 d’entre eux en ont été pourvus. «On n’est plus dans des stratégies stratosphériques, on passe au champ d’application», souligne le ministre.
Le dernier volet concerne la législation. Le ministère a été très actif dans ce sens, plusieurs projets de lois ayant été présentés et approuvés au Parlement ces deux dernières années. «Hier, (mardi 12 janvier, ndlr) j’ai fait passer la loi sur la Poste qui est devenue une SA. Les Français avaient démarré ce chantier avant nous et on les a battus d’une journée ou deux. Et l’on a fait passer des lois relatives à la zone franche, à la normalisation, mais également la loi relative à la création de l’Agence Marocaine du Développement des Investissements (AMDI) et celle relative à la protection des données personnelles et d’autres sont à venir», avance Ahmed Reda Chami. Ces deux ans ont été très riches sur le plan législatif.
Objectifs raisonnables dans un contexte de crise ?
«Si vous ne voulez pas prendre de risques en politique ou ailleurs, vous n’avez qu’à vous fixer des objectifs très simples pour être sûr de passer pour un héros à la fin. Mais dans ce cas, le risque est de ne pas faire avancer les choses. Il faut donc qu’on se fixe des objectifs ambitieux, des challenges et faire tout pour les réaliser. Et si l’on ne les réalise pas à 100% ou qu’on n’en réalise que 80 %, ce n’est pas grave, c’est déjà ça de gagné», telle est la philosophie d’Ahmed Reda Chami.
«Je peux illustrer mon propos en donnant l’exemple du tourisme. En 2002, on accueillait 3 à 4 millions de touristes tout au plus. Alors, on a décidé de faire 10 millions de touristes et les gens nous ont pris pour des fous.
Aujourd’hui, si on ne reçoit que 9 millions et quelque, c’est magnifique. Plus de 90 % de l’objectif, jugé ambitieux au départ, sont atteints», poursuit-il.
L’important est de ne pas avoir peur d’affronter les problématiques telles que la compétitivité des PME. Ainsi, des moyens financiers d’accompagnement importants sont mobilisés, mais les PME aussi doivent jouer le jeu de la transparence.
De même que pour le Plan Maroc Numeric, les autorités publiques comptent également sur le soutien des opérateurs dans ce projet.
«Nous pensons que les effets de régulation à mettre en place et la concurrence vont jouer», soutient Chami.
Le ministre se veut rassurant, la crise ne remet pas en cause les différents plans qui sont des perspectives à moyen et long termes. Ainsi, l’objectif de créer 220.000 emplois à l’horizon 2015 est-il maintenu. On garde le cap et on fera une évaluation à mi-chemin. Maintenant, si on annonce, avec des éléments concrets, qu’on va créer 220.000 emplois, ce n’est pas pour faire un effet d’annonce; «nous allons donner, pour réaliser ce chiffre, un input au système de formation pour obtenir les ressources humaines recherchées», assure Ahmed Reda Chami.
L’un des sujets abordés avec Chami est celui des pertes d’emplois causées par la crise. Un sujet qui fâche, mais, aussi étonnant que cela puisse paraitre, Ahmed Reda Chami l’aborde sereinement.
«Le Maroc s’en est très bien sorti avec un nombre important de sociétés ayant bénéficié des mesures d’urgence. Et quand on regarde aujourd’hui l’impact sur l’économie, on s’en est bien tiré. Entre 10.000 et 14.000 emplois perdus sur l’ensemble des secteurs, donc 10.000 familles affectées certes, mais comparés aux 500.000 emplois perdus par mois aux USA, on s’en sort bien», estime Ahmed Reda Chami. Rappelant au passage que les autorités publiques avaient sommé les entreprises qu’il était impératif que les pertes d’emploi ne dépassent en aucun cas 5 %, quitte à mettre les salariés au chômage technique en attendant la reprise.
«Le Comité de veille stratégique public-privé a bien travaillé», conclut Ahmed Reda Chami. Tout prête à croire que les antagonismes entre Rabat et Casablanca ont l’air de s’estomper un peu puisque le partenariat public-privé semble définitivement instauré.
* Industrie automobile : Les Asiatiques sont invités à investir au même titre que les Européens
Concernant les droits de douane appliqués à l’importation des véhicules asiatiques comparativement aux droits préférentiels dont jouissent les véhicules européens, le ministre Chami assure qu’il n’y a pas de volonté de favoriser les uns par rapport aux autres. « Il y a une logique économique : nous avons signé des ALE avec certaines régions du monde. Ces ALE nous obligent à diminuer nos droits de douane sur certains produits et en contrepartie ces pays diminuent aussi leurs droits de douane pour certains de nos produits », soutient-t-il.
Aujourd’hui, les véhicules européens pénètrent le territoire marocain avec des droits de douane avantageux, et le Maroc aussi introduit ses produits de textile, d’habillement, d’équipements et d’agro-industrie avec des droits de douane avantageux. Et, il ne faut pas voir en cela une position personnelle du ministre vis-à-vis des voitures asiatiques. «Nous ne sommes pas dans la même logique avec les pays asiatiques. Si demain on est avec eux dans la même configuration, je serais heureux de voir appliquer des droits de douane avantageux de part et d’autre », affirme Ahmed Reda Chami. «Cela dit, il y a aujourd’hui un consensus sur l’importance de digérer d’abord les ALE signés. Donc, des ALE avec certains pays asiatiques ne sont pas à l’ordre du jour pour le moment. Cela ne veut pas dire qu’il ne va pas y en avoir à l’avenir. On est ouvert à toute proposition», ajoute le ministre.
«J’encourage les importateurs marocains de véhicules asiatiques à inciter les constructeurs à créer des sites de production au Maroc, ce qui leur permettra de vendre sur le marché marocain à zéro droits de douane et d’exporter vers l’Europe et les USA à des prix préférentiels», conclut-il. Pour cela, les Asiatiques peuvent s’inspirer de la saga de la Logan au Maroc. Ainsi, après le marché marocain et européen, la Logan a investi le marché égyptien avec plusieurs milliers de véhicules vendus, et aussi la Tunisie qui a déjà importé 200 modèles du véhicule made in Morocco.


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