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Ahmed Benjilany, un «minerai» précieux

Né dans une famille nombreuse, en plein milieu de la fraterie, Ahmed Benjilany, le Directeur général de la Sacem, se rappelle avoir eu une enfance heureuse et sereine. De son père qui avait fait une partie de sa carrière à la Jeunesse et aux Sports, Ahmed a hérité l'amour du voyage.
“Mon père avait un esprit très ouvert sur le monde et nous inculquait qu’il n’y avait pas de qualité plus précieuse que la modestie et nous rappelait toujours de garder la tête sur les épaules et les pieds sur terre».
Avec sa mère, Ahmed a entretenu une relation particulièrement forte : «C‘était une femme sereine et très sage».
L'un comme l'autre, ses parents ont veillé à ce que la famille soit et reste soudée. Objectif atteint, puisque jusqu'à ce jour les membres de la grande et de la petite famille restent très unis.
Quand le père d’Ahmed entame une carrière militaire, toute la famille se déplace avec lui. C’est ainsi qu’Ahmed se rappelle avoir passé son enfance entre Salé, Casablanca, Azrou, Ouarzazate, Tantan puis Rabat. À l’époque, la carrière que le père de famille souhaitait voir embrasser par ses enfants était celle de médecin ou de pharmacien. Si le voeu du père est exhausé à trois reprises, Ahmed et deux de ses frères choisissent des voies différentes.
«En Terminale, nous étudiions Germinal, le roman d’Emile Zola qui traçait une puissante description de la vie des mineurs». Peut-être, qu’inconsciemment, cet ouvrage a influencé le choix d’Ahmed qui, par un concours de circonstances, s’est retrouvé à l’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale. Diplômé ingénieur en 1978, il ne s’arrête pas en si bon chemin et rejoint l’ENSG de Nancy où il décroche le diplôme d’ingénieur géologue en 1983, puis celui de docteur ingénieur en 1985.
«J’avais l’habitude de voyager à l’étranger, mais j’avoue que les premiers mois à la cité universitaire ont été difficiles». En effet, non seulement la population de la région de Nancy est réputée renfermée mais, en plus, le ciel y est généralement gris. Ahmed devait donc attendre patiemment le mois de juin pour rentrer au Maroc passer ses vacances au soleil, entouré des siens. Très concentré sur ses études, il ne tardera pas à rejoindre les équipes de recherche de l’Institrut National Polytechnique de Lorraine (INPL) .
Son professeur de thèse de doctorat lui proposera un poste d’enseignant à l’Université de Nancy pour poursuivre la recherche entamée. Mais il déclinera la proposition, préférant rentrer au pays et travailler pour sa patrie.
En 1985, il regagne le Royaume où il intègre le ministère de l’Energie et des Mines en tant qu’attaché à la Direction des mines, en charge de projets miniers supervisés par le ministère. Mais sa vocation va se révéler lorsqu’il est nommé en 1987 directeur technique de la CADETAF.
Cette entreprise minière était en butte à de grosses difficultés techniques et financières. Avec le Directeur général, Ahmed diposait d’une année pour redresser la situation. "Le DG attaquait les problèmes liés à la gestion, et moi j’étais chargé de résoudre des problèmes techniques (exploitations, commerciales...). Nous n’avions qu’une année pour assainir la situation et relancer l’activité de cet établissement».
Challenge réussi puisque 25 ans plus tard, l’entreprise vit toujours. Et cette expérience, qui ne devait durer qu’une année, s’est poursuivie pendant près de 10 ans. Trois années après qu’il eut rejoint la CADETAF, Ahmed en fut nommé Directeur général pour assurer la continuité des actions menées.
En 1995, il sera appelé à relever un nouveau challenge : celui de la modernisation de la gestion du personnel et du social au sein du ministère de tutelle où il a été nommé à la tête de la Division des Ressources Humaines, avec pour objectif la dynamisation de la gestion des RH, (formation, motivation, plans de carrière…). Cette expérience l‘éloigne de sa spécialité, mais il s'adapte avec aisance et se passionne à découvrir le monde des RH, tant et si bien qu'il devient membre de l'Agef, l'Association nationale des responsables de personnel où son dynamisme lui vaut de se voir élire à la présidence du bureau de l'AGEF-Centre à Rabat.
Ces diverses expériences devaient le propulser en 2002 à la tête des RH du BRPM en préparation à la fusion avec l’ONAREP. «Nous avons introduit de nouveaux concepts de GRH. Mais le plus dur, par la suite, a été d’assurer une harmonisation entre les deux organismes qui ont donné vie à l’ONHYM» en gérant les sensibilités de pas moins de 7 représentations syndicales ! Il secondera activement Amina Benkhadra, Directeur général de l'Office, pour gérer les questions sociales et asseoir un climat social et culturel serein au sein d’un office homogène.
Cette réussite aidant, Amina Benkhadra fit appel à lui en novembre 2006 pour redresser in extremis la Societé Anonyme Cherifienne d'Etudes Minières (SACEM). La société était alors au bord de la liquidation. Autant dire que le redressement constituait une véritable gageure. Et pourtant ! Ahmed Benjilany parviendra à relever le défi.
Grâce au ferme soutien d’Amina Benkhadra qui présidait le Conseil d’Administration, il a commencé peu à peu à assainir la situation. D’abord, en se réappropriant la confiance des salariés : «ils étaient très compréhensifs et patients», puis en regagnant la confiance des clients. Il a fallu honorer une première, puis une seconde commande passée pour relancer graduellement la machine. Et d’un seul client, en 2007, la SACEM en comptera en 2008 une dizaine et pas des moindres et dans les quatre continents (Afrique, Asie, Europe, Amérique). Et de 7.550 tonnes en 2006, les ventes passeront à 157.000 tonnes en 2008. En une année, les dettes de 10 ans d’arriérés seront remboursées !
Bien évidemment, Ahmed se défend d’avoir à lui seul tout le mérite de cette réussite et évoque le «club des cinq» : les autres ingénieurs et cadres qui l’ont aidé dans l’application de la stratégie de sauvetage de la SACEM. Il souligne aussi l'excellence de la coopération avec les différents services de l'administraion centrale et provinciale ainsi que les partenaires sociaux. Il reconnaît volontiers, par ailleurs, que ces résultats n'ont été rendus possibles qu'à la faveur d'une évolution positive de la conjoncture sur le marché international des minerais.
La reprise a permis la conduite d’actions sociales à proximité de la mine : citons la mise en place par la Sacem, sous l’impulsion d’Ahmed Benjilany, d'un dispositif d'alphabétisation en faveur des femmes des mineurs et de leurs enfants. Aujourd'hui, un projet de crèche pour les enfants de moins de 7 ans a été réalisé et l'insertion socioprofessionnelle pour les enfants déscolarisés. Et pour accompagner l'effort productif des mineurs, la SACEM soutient la mise en place d’une coopérative de logements à leur intention. « Ainsi, à sa retraite, chaque mineur aura un logement décent ».
Si Ahmed Benjilany est connu pour son perfectionnisme sans verser pour autant dans l’autoritarisme, il est surtout apprécié pour sa sociabilité et son empressement à rendre service dès qu’on fait appel à lui. Et après 32 ans de carrière, ce n’est pas cet ingénieur qui vous contredira si vous dites qu’il n’y a pas plus précieux minerai que les ressources humaines. Il ajoutera aussi que sa ressource humaine majeure, au plan personnel, n'est autre que sa famille : son épouse et leurs trois enfants, sur lesquels il veille avec attention et tendresse et qui lui transmettent en échange chaleur et force de vie.


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