A l'occasion de la Journée mondiale de la santé digestive, célébrée le 29 mai, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, s'est inquiété de l'obésité dans le monde, préconisant l'amélioration de la prévention, de l'accès à une alimentation saine et de la prise en charge des personnes en surpoids. "Le monde fait face à une pandémie d'obésité en constante progression, qui touche des personnes de tous âges dans toutes les régions. La façon dont elle frappe les jeunes est particulièrement inquiétante", a-t-il rappelé. Au cours des quatre dernières décennies, le pourcentage de personnes de 5 à 19 ans souffrant de surpoids ou d'obésité a plus que quadruplé, passant de 4% à 18%. Chaque année, plus de quatre millions de personnes meurent dans le monde à cause de l'une ou l'autre de ces pathologies. Autrefois considérés comme un problème des pays riches, le surpoids et l'obésité sont désormais en hausse dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, notamment dans les villes, selon l'ONU. La grande majorité des enfants en surpoids ou obèses vivent dans les pays en développement, où la hausse a été supérieure de plus de 30% à celle des pays développés. Pour le chef de l'ONU, "la pandémie de COVID-19 est venue rappeler la menace que l'obésité fait peser sur la santé, les patients obèses ayant quatre fois plus de chances de développer une forme grave de la maladie". L'Assemblée mondiale de la Santé a fixé pour 2025 des objectifs de réduction de l'obésité chez les enfants, les adolescents et les adultes. S'il est peu probable que ces objectifs soient atteints au rythme actuel, l'obésité et les problèmes de santé qu'elle engendre peuvent toutefois être contenus, souligne-t-il. "En tout premier lieu, nous devons améliorer la prévention, ce qui veut dire d'abord assurer une bonne alimentation pendant la grossesse, puis veiller à ce que les nourrissons soient allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois, l'allaitement devant se poursuivre jusqu'à deux ans voire au-delà", a relevé M. Guterres, soulignant le besoin de politiques et d'investissements qui facilitent l'accès à une alimentation saine et nutritive – une question qui devrait être abordée lors du prochain Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires. "Les personnes en surpoids ou obèses doivent être mieux prises en charge par les systèmes de santé", a-t-il encore noté.