Roger Stone, 67 ans, l'ancien conseiller et ami de Donald Trump, a écopé jeudi, de 3 ans et 4 mois de prison (40 mois). Il a été reconnu coupable de mensonges au Congrès dans le cadre de l'enquête, en novembre dernier, sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016. Roger Stone risquait jusqu'à 20 ans de prison. Ce fidèle du président américain est la sixième personne de l'entourage de Donald Trump à avoir été inculpé ou condamné dans le cadre de l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller. Sa peine devait être annoncée hier (20 février) par un juge fédéral, après avis consultatif des procureurs. Dans leurs recommandations de peine, ces derniers avaient suggéré une sentence entre 7 et 9 ans de prison contre Roger Stone, consultant politique, un fidèle du président républicain. Mais cette procédure avait été entachée d'interventions, celle du président Donald Trump et du ministre de la Justice des Etats-Unis Bill Barr. Les deux hommes étaient effectivement intervenus estimant les peines suggérées excessives. Donald Trump avait alors interagi en dénonçant dans son exercice favori un tweet une « situation très injuste » et une « erreur judiciaire » tandis que Bill Barr tout en se défendant d'agir sur instruction de la Maison-Blanche, avait déjugé ses procureurs. Ces derniers, Aaron Zelinsky, Jonathan Kravis, Adam Jed et Michael Marando, s'étaient alors retirés de l'affaire Stone et l'un deux a même démissionné de son poste. Inculpé par le procureur spécial Robert Mueller, Roger Stone, avait été arrêté en Floride en janvier et libéré sous caution. Il avait été reconnu coupable par un jury, des sept chefs d'accusation qui pesaient contre lui. Il était jugé en raison de son faux témoignage en 2017 devant les parlementaires qui enquêtaient sur les efforts du Kremlin pour nuire à la candidature de l'adversaire démocrate de Donald Trump, Hillary Clinton. Dans ce procès qui avait déclenché toute une polémique en raison des diverses interventions en haut lieu, les recommandations du ministre de la Justice d'une sentence comprise entre 3 et 4 ans ont donc été suivies par la juge fédérale Amy Jackson. Elle a condamné l'accusé à 40 mois de prison. « Il n'a pas été poursuivi, comme certains l'ont dénoncé, pour avoir défendu le président. Il a été poursuivi pour avoir couvert le président », a-t-elle déclaré après le prononcé de la peine, se félicitant que « la vérité existe et importe toujours ». Donald Trump a, après coup pour sa part, dit qu'il envisagerait, plus tard, d'éventuellement gracier son ex-collaborateur. « Je prendrai une décision à un moment donné ». Amy Jackson a fait référence aux « commentaires étrangers » dans ce dossier et aux « actions sans précédent du ministère de la Justice la semaine passée ». Mais elle a reconnu que la recommandation de peine initiale était trop lourde, même si elle a salué le travail des quatre procureurs. « Je doute sincèrement que je me serais prononcée » pour une sentence entre 7 et 9 ans, a-t-elle expliqué, ajoutant qu'elle avait pris en compte l'âge de Roger Stone pour prononcer sa peine.