Les « Super Tuesday » de début mars ont toujours été un tournant dans les primaires des Démocrates ou Républicains américains. Celui de la semaine passée, s'il n'a pas fait la différence entre les deux favoris Bernie Sanders et Joe Biden aura néanmoins eu l'avantage de désencrasser la course démocrate à la Maison Blanche. C'est ainsi que l'on a vu un à un les candidats démocrates jeter l'éponge à l'image des modérés Pete Buttigieg, Amy Klobuchar, Beto O'Rourke, Mike Bloomberg et tout récemment Elisabeth Warren, laissant nos deux vétérans en tête à tête pour une explication en haut lieu. Et celui de mardi prochain, avec six nouveaux Etats (Dakota du Nord, Idaho, Michigan, Mississippi, Missouri et Washington) appelés à choisir entre l'un des deux septuagénaires, paraît décisif quoiqu'il ne scellera pas forcément la course à l'investiture. En attendant on fourbe ses armes d'un camp comme dans l'autre. Joe Biden et Bernie Sanders pour ce faire et histoire d'avoir le soutien de communauté afro-américaine fortement ancrée en ces Etats ont reçu des renforts de choix. Le premier, l'ex vice-président de Barack Obama a vu la sénatrice noire Kamala Harris rallier sa cause tandis que pour le Socialiste proclamé, il a vu se ranger à ses côtés, l'un des plus célèbre militant des droits civiques américain et mondialement connu, Jesse Jackson en l'occurrence. Et pour l'un et pour l'autre ce sont là des soutiens de poids à deux jours du premier « face-à-face » de la primaire démocrate. La sénatrice de 55 ans (ancienne procureure de Californie), qui espérait devenir la première présidente noire des Etats-Unis, avait quitté la galère de l'investiture en décembre faute de fonds suffisants pour aller jusqu'au bout. Du tout bon pour Joe Biden le « ressuscité » qui au passage récoltera les voix des modérés « démissionnaires », ce qui n'est pas le cas pour Bernie Sanders qui ne part pas avec les faveurs des pronostics au regard d'une Elisabeth Warren hésitante et dont le cœur balance entre les deux quoique progressiste et que la raison se doit de l'emporter. En effet, allant contre ses principes la sénatrice pourrait rejoindre le clan des modérés pour faire barrage à Bernie Sanders, dont les idées très à gauche pour les Etats-Unis font peur au sein de l'establishment démocrate.« L'appareil du parti s'est mis en marche pour mettre hors course le sénateur du Vermont », a encore gazouillé à juste titre samedi soir sur Twitter le président Donald Trump qui n'en rate pas une de ces primaires démocrates. Et si dans le duel qui l'oppose désormais à Joe Biden, Bernie Sanders, 78 ans, a lui aussi bénéficié d'un soutien significatif avec le ralliement de Jesse Jackson, le scénario se résume quoique l'on ait à dire, à un « Bernie vs everybody ». Il est clair que le Sénateur du Vermont est dans l'embarras car il devra lutter contre un véritable et solide front commun explicitement destiné à lui barrer le chemin de l'investiture. S'il n'est pas investi Bernie Sanders pourra se consoler d'avoir fait au moins aussi que la dernière fois où il fut battu par Hillary Clinton.