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Cyberdjihad : Comment le terrorisme 2.0 menace le Maroc
Publié dans Hespress le 25 - 02 - 2025

Le Contrôleur général de la police au Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), Mohamed Nifaoui, a mis en évidence l'un des défis majeurs auxquels font face les forces de sécurité marocaines : la dangereuse connexion entre la menace terroriste et les nouvelles technologies de communication. Cette préoccupation est accentuée par la prolifération des plateformes de propagande, tant officielles que non officielles, affiliées à des groupes tels qu'Al-Qaïda et Daech, ainsi que leurs branches régionales.
Lors d'une conférence de presse tenue récemment au siège du BCIJ à Salé, Nifaoui a détaillé comment les groupes extrémistes exploitent de plus en plus Internet. Cette utilisation intensive du web a engendré une nouvelle génération de combattants radicalisés, formés virtuellement en ligne et désormais capables de mener des actions destructrices.
Depuis 2016, environ 600 extrémistes actifs sur Internet ont été appréhendés, illustrant l'ampleur croissante de cette menace. Les organisations terroristes adoptent des stratégies peu coûteuses, telles que le recours aux « loups solitaires » et à des actions à faible budget, comme provoquer des incendies, utiliser des armes blanches ou commettre des crimes mineurs. Cette approche a conduit à l'émergence du concept de « djihad à faible coût« .
Dans ce contexte, le porte-parole de la Direction générale de la sûreté nationale, Boubker Sabik, a révélé que la cellule des « lions de la Khalifa« , composée de 12 membres et démantelée dans neuf villes marocaines, avait initialement planifié des attentats à distance. Les membres de cette cellule avaient suivi des formations en ligne sur l'utilisation d'armes à feu, dispensées par des plateformes affiliées à des organisations terroristes.
Sabik a également abordé la diffusion de discours sceptiques sur les réseaux sociaux, soulignant qu'ils font partie intégrante de l'idéologie des groupes terroristes. À titre d'exemple, il évoque le chef de la cellule des « Trois Frères » publiait des messages remettant en question des opérations antérieures, avouant lors de son interrogatoire que cette stratégie visait à discréditer les efforts des forces de sécurité et à inciter les autorités à se replier sur elles-mêmes.
De son côté, Habboub Cherkaoui, directeur du BCIJ, a précisé que, à ce stade de l'enquête, 12 individus âgés de 18 à 40 ans avaient été arrêtés. Cette cellule entretenait des liens avec un leader de Daech d'origine libyenne, nommé Abderrahmane Assahraoui. Il a expliqué que la majorité des membres présentaient un faible niveau d'instruction : huit n'avaient pas achevé le secondaire, trois n'avaient suivi que l'enseignement de base, et un seul avait effectué une année universitaire. Sur le plan social, seuls deux étaient mariés et pères de famille, tandis que la plupart exerçaient des métiers précaires et non qualifiés.


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