La Brigade nationale de la police judiciaire a lancé une enquête autour de marchés publics entachés de graves irrégularités dans plusieurs communes de la région Casablanca-Settat. Anciens élus, présidents de conseils communaux, techniciens et entrepreneurs sont rattrapés par des soupçons de détournements et de favoritisme remontant parfois à plusieurs années, apprend-on de nos sources. Selon des sources bien informées de Hespress, la Brigade nationale de la police judiciaire a adressé des convocations urgentes à un ensemble d'entrepreneurs impliqués dans des affaires de passation douteuse de marchés publics. Les investigations, menées sur la base de rapports de la Cour des comptes et de ses antennes régionales, mettent en lumière un système bien rodé de détournement de fonds, de complicités entre élus locaux et entreprises, ainsi que de manipulations lors de l'exécution des contrats. Au fil des auditions, plusieurs entrepreneurs ont détaillé les mécanismes de ces arrangements occultes, comprenant ententes avec des présidents de communes, paiements irréguliers pour des travaux inachevés, ou encore livraisons d'équipements fictifs. Certains ont confirmé que des cahiers des charges étaient volontairement rédigés avec des clauses restrictives, taillées pour des sociétés « privilégiées », leur assurant la mainmise sur des marchés communaux pendant des années. En outre, des fonctionnaires et techniciens communaux, notamment dans les services des marchés, de l'urbanisme et de la fiscalité, pourraient à leur tour être inquiétés. Leur rôle dans la validation et le suivi de ces dossiers soulève de lourdes questions de responsabilité administrative. Par ailleurs, ces pratiques mises au jour ont eu un coût direct pour les collectivités. Plusieurs projets vitaux sont restés inachevés après le retrait d'entreprises incapables d'honorer leurs engagements. Les communes concernées ont dû puiser dans leurs budgets pour achever les travaux, tout en supportant les frais liés à des litiges judiciaires avec les prestataires défaillants. Rappelons que lors de la discussion de la loi de finances actuelle, des parlementaires avaient déjà appelé à une révision profonde du cadre juridique, notamment en ce qui concerne les bons de commande. Ces derniers, censés faciliter la commande publique, sont pointés du doigt pour leur exploitation abusive par certaines collectivités au détriment des petites et très petites entreprises, souvent exclues de la compétition.