À la veille du huitième de finale face à la Tanzanie, Walid Regragui et Romain Saïss ont livré un message clair : le Maroc devra rester fidèle à son intensité, à son pressing et surtout à son humilité pour continuer son parcours dans en Coupe d'Afrique des nations. Entre gestion physique, retour des cadres et état d'esprit collectif, le sélectionneur et son capitaine ont posé les bases d'un match à haute vigilance. À mesure que la CAN 2025 entre dans sa phase à élimination directe, Walid Regragui refuse toute forme de relâchement. Face à la Tanzanie, outsider sur le papier, le sélectionneur marocain insiste sur un mot clé : l'humilité. « Tout le monde nous donne favoris, tout le monde dit que si le Maroc ne gagne pas, c'est un échec. Mon travail, c'est de rappeler pourquoi le Maroc n'a pas gagné la CAN depuis 50 ans : souvent, on a manqué d'humilité. On ne doit pas tomber dans ce piège», a-t-il déclaré. Dans un stade plein, devant près de 68 000 spectateurs, le Maroc jouera sous pression. Mais Regragui assume ce statut tout en rappelant la nature imprévisible d'un match à élimination directe : « C'est comme une coupe nationale : il y a toujours des surprises. À nous de faire en sorte qu'il n'y ait aucune chance pour la Tanzanie. » Mouni Mehimdate Interrogé sur la capacité du Maroc à générer des occasions grâce à son pressing, Regragui s'est félicité des chiffres : les Lions de l'Atlas sont l'équipe qui a créé le plus de tirs après récupération haute dans le tournoi. Mais le sélectionneur nuance : « On ne peut pas presser tout le match, les filières énergétiques ne le permettent pas. Il faut savoir gérer les temps forts et les temps faibles. L'avantage qu'on a, c'est notre banc. Dès qu'on sent un essoufflement, on change pour garder cette intensité. » Une stratégie payante selon lui : « Beaucoup d'équipes craquent en deuxième mi-temps contre nous. C'est l'objectif du pressing. » Brahim Diaz, leader mais pas dépendance Auteur d'un début de CAN impressionnant, Brahim Diaz est devenu l'un des moteurs offensifs du Maroc. Pour Regragui, cette montée en puissance est le fruit d'un long travail d'adaptation. « Quand il est arrivé, je lui ai dit qu'il fallait du temps pour s'adapter au jeu africain. Je suis allé à Madrid pour travailler avec lui. Aujourd'hui, il est plus proche de la surface, plus mobile, plus efficace. » Mais le sélectionneur refuse de parler de dépendance : « Ayoub El Kaabi est à trois buts. Le danger peut venir de partout. Si Brahim peut nous porter et nous faire gagner la CAN, je serai le plus heureux. Mais ce qui m'importe, c'est le collectif. » Hakimi et Ighamane prêts, Saïss en retour Bonne nouvelle pour le Maroc : Achraf Hakimi est apte après sa blessure, comme l'a expliqué le coach : « Concernant Hakimi, le plan a toujours été clair, le remettre progressivement en rythme à travers les entraînements et les matches. Il est prêt physiquement et disponible pour le match de demain. Il peut débuter, après ça sera à moi de décider. » Même constat pour Hamza Ighamane, qui revient progressivement : « Il s'entraîne normalement. Est-ce qu'il peut débuter, entrer 20 minutes ou 10 minutes ? On verra selon le match. » Quant à Romain Saïss, blessé en début de tournoi, le capitaine retrouve peu à peu ses sensations : « Psychologiquement ce n'était pas évident, mais je devais rester positif pour le groupe. Aujourd'hui ça va mieux. Je dois revenir à 100 % pour aider l'équipe. » Mounir Mehimdate Le défenseur central a insisté sur l'état d'esprit du groupe, marqué par les leçons du passé : « On a déjà été éliminés par des équipes supposées inférieures parce qu'on a manqué d'humilité. Aujourd'hui, peu importe l'adversaire, le principal c'est nous et les ingrédients qu'on mettra. » Pour lui, le Maroc possède les qualités techniques, mais c'est le mental qui décidera : « Quand on est prêt à se sacrifier, à être discipliné, on peut aller loin. Les qualités, on les a. » Ayoub El Kaabi, symbole d'un rêve marocain Moment fort de la conférence : l'hommage de Regragui à Ayoub El Kaabi, meilleur buteur marocain du tournoi. « C'est un parcours de résilience. Il a été charpentier, il a joué amateur, arrière gauche, puis attaquant. Il n'a jamais abandonné. Quand je ne l'ai pas pris au Mondial, il n'a rien dit. Il a travaillé pour revenir plus fort. » Le sélectionneur voit en lui un modèle : « Si je devais résumer Ayoub en un mot, ce serait : humilité. Il sait d'où il vient et où il veut aller. Il fait rêver les jeunes Marocains. » Enfin, Regragui et Saïss ont insisté sur le danger tanzanien, une équipe compacte, disciplinée et habituée aux joutes africaines : « C'est une équipe qui grandit, avec des joueurs locaux solides. Ce ne sera pas un match facile. » Regragui a terminé sa conférence sur une note humoristique avec un message au public, jugé peu présent pour supporter l'équipe lors des premiers matchs : « Juste un message pour le public. Au deux premières matchs je m'étais un peu plaint. Au troisième match, ils ont répondu présents et les joueurs l'ont ressenti. Ils m'ont dit de vous faire passer ce message. Donc merci et comme j'ai dit, contre la Tanzanie, on oublie les petits fours et on revient dans les tribunes dès la 45e ». Le Maroc s'avance donc vers ce huitième de finale avec confiance, mais sans arrogance. Les hommes de Regragui seront prêts à relever le défi, ce dimanche à 17 heures pour une place en quarts de finale, après avoir terminé en tête de leur groupe avec deux victoires et un match nul.