Maroc : Abdellatif Hammouchi reçoit le chef de l'unité danoise contre le crime organisé    Le Sahara parmi les dossiers des relations algéro-américaines discutés par Attaf et Boulos    Un ministre espagnol cite le référendum au Sahara comme solution en contradiction avec la position de l'Espagne    Jeux vidéo au Maroc : la 2e édition du programme "Video Game Creator" lancée à Rabat    Ceuta : La police espagnole neutralise un engin explosif près de la frontière marocaine    L'Algérie considère l'ambassadeur de France comme persona non grata [Médias]    Le président de la FREF veut imposer la finale de la Coupe du Monde 2030 en Espagne    L'AS FAR du Maroc affrontera Arsenal dans un match historique de la Women's Champions Cup    Maroc : vagues dangereuses sur les côtes atlantiques et méditerranéennes à partir de mercredi    Heavy rains and strong winds expected in from Tuesday to Thursday    After Polisario's Washington visit, Massad Boulos heads to Algiers    Automobile: Renault Maroc consolide son leadership industriel et commercial    L'ONMT aborde 2026 avec confiance et ambition    Renouvellement politique au Maroc : une équation encore irrésolue    Communiqué. Le Sénégal réitère son soutien ferme et constant à la souveraineté du Maroc sur son Sahara    Maroc-Sénégal : une relation d'investissement durable et diversifiée    France: l'Assemblée nationale adopte l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans    Une vague de froid extrême enveloppe une grande partie des Etats-Unis    Détroit de Gibraltar : Une intervention d'urgence évite une pollution maritime    Le dispositif juridique marocain d'accompagnement des manifestations sportives mis en avant à Doha    Inondations au Mozambique : L'alerte rouge nationale déclarée    Les barrages du bassin de Sebou affichent un taux de remplissage de 66,1%    Bank of Africa lance «PME INVEST by BOA», une offre intégrée de soutien à l'investissement des PME    Mondial des clubs 2029 : le Brésil se positionne officiellement comme candidat    Coupe Davis : Le Maroc affronte la Colombie les 7 et 8 février à l'USM Tennis Club pour le compte des barrages du Groupe 1 mondial    Real Betis : Abde Ezzalzouli se rapproche de la saison la plus prolifique de sa carrière    FIFA Series 2026 : la Côte d'Ivoire accueille le tournoi    Ligue des Champions : Achraf Hakimi pourrait signer son retour mercredi    La Juve voulait Youssef En-Nesyri, le Lion rejette la formule proposée    Younes Ait Hmadouch : "Aides sociales et travail non déclaré sont le vrai nœud de la pénurie"    Finances publiques : les recettes ordinaires grimpent à 424 milliards de DH en 2025    AMDIE : plus de 55 milliards de DH de projets approuvés au premier semestre 2025    La NASA décerne au Dr Kamal Ouddghiri la Médaille du leadership exceptionnel    Températures prévues pour mercredi 28 janvier 2026    Protection de l'enfance : le projet de loi 29.24 institue l'Agence nationale dédiée    Fès-Meknès : inauguration de 10 centres de santé dans la région    Kech El Oudaïa accueille une soirée de dégustation chinoise avec le soutien de l'OFPPT    Afric'Artech : Casablanca accueille le premier grand rendez-vous continental de la créativité numérique africaine    Mode : Le boubou à l'ère de la modernité    MOBO Awards : la scène africaine brille parmi les nominations 2026    Ramadan : le ministère des Habous renforce ses efforts pour de meilleures conditions    Espagne : démantèlement d'un vaste réseau international de trafic de drogues en collaboration avec le Maroc    Maroc–Sénégal : 17 instruments juridiques signés pour élargir la coopération bilatérale    Le journaliste marocain Najib Salmi n'est plus    Film : «La Mer au loin», à la quête de la Miss Visa    Le Roi offre un déjeuner en l'honneur du PM sénégalais et la délégation l'accompagnant    Le journaliste Najib Salmi n'est plus    SIEL : une 31è édition sous le signe de la France et d'Ibn Batouta    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les fourberies de Pape Thiaw : autopsie d'une finale sabotée
Publié dans Hespress le 23 - 01 - 2026

Ce qui devait être l'apothéose du football africain s'est transformé en une scène de crispation et de confusion. Une finale de Coupe d'Afrique des Nations, un stade plein, deux nations majeures du continent. Mais au lieu d'un sommet sportif, la finale entre le Maroc et le Sénégal a basculé tragiquement, une cacophonie largement provoquée par le comportement du sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, qui avait déjà anticipé, d'une certaine manière, une stratégie de déstabilisation psychologique.
À très haut niveau, les finales ne se jouent jamais uniquement sur la pelouse. Elles se construisent aussi dans les discours, les silences, les attitudes et les messages envoyés à l'adversaire comme à l'environnement. Dans les grandes compétitions internationales, la communication devient une arme à part entière, capable d'influencer le climat, la perception et parfois même le déroulement des événements. La finale de la CAN 2025 n'a pas échappé à cette réalité, tant le contexte émotionnel et médiatique a été chargé dès les heures précédant le coup d'envoi, installant une tension latente qui dépassait largement le cadre du jeu.
En effet, la veille de la finale de la CAN 2025 face au Maroc, Pape Thiaw a choisi de sortir du cadre strictement sportif pour déplacer le débat sur le terrain extra-footballistique. En dénonçant publiquement des manquements supposés en matière de sécurité lors de l'arrivée de la délégation sénégalaise à Rabat, le sélectionneur des Lions de la Teranga a installé un climat de tension inédit à quelques heures d'un rendez-vous majeur.
« Mes joueurs étaient en danger », a-t-il martelé en conférence de presse, évoquant une situation « anormale » et laissant entendre que « tout pouvait se passer ». Un discours lourd de sous-entendus, dans lequel la question sécuritaire dépasse largement le simple cadre logistique pour devenir un élément de pression psychologique à la veille d'une finale continentale.
Installer une idée d'un environnement défavorable avant d'abattre l'ennemi
Cette prise de parole, loin d'être anodine, s'inscrivait dans une séquence bien huilée. Quelques heures plus tôt, la Fédération sénégalaise de football avait déjà ouvert la voie en pointant du doigt des « dysfonctionnements » et en appelant la CAF à intervenir pour garantir équité, fair-play et sécurité. En relayant et en amplifiant ce message, Pape Thiaw a contribué à installer l'idée d'un environnement défavorable, voire hostile, autour de son équipe.
Aux yeux de nombreux observateurs, cette communication offensive ressemblait davantage à une tentative de déstabilisation du contexte de la finale qu'à une simple alerte sécuritaire. En plaçant «l'image de l'Afrique » et la crédibilité de la CAN au Maroc, au cœur de son discours, le sélectionneur sénégalais a indirectement mis les organisateurs et le pays hôte sous pression, tout en préparant le terrain psychologique de l'après-match.
Une stratégie classique dans les grandes compétitions, mais rarement assumée avec autant de fermeté à la veille d'une finale, et qui a contribué à alourdir l'atmosphère autour d'un Maroc-Sénégal déjà chargé d'enjeux sportifs et symboliques.
Le coup de grâce intervient lors du match, au moment du penalty accordé au Maroc en faveur de Brahim Díaz. À partir de là, le match quitte le terrain du jeu pour entrer dans celui de la mise en scène. Contestations outrancières, agitation incontrôlée du banc sénégalais, puis un geste spectaculaire et rarissime à ce niveau : l'ordre donné aux joueurs de quitter la pelouse.
Un acte lourd de sens. Et surtout lourd de conséquences.
En ordonnant à ses joueurs de sortir du terrain, Pape Thiaw n'a pas défendu le football sénégalais. Il l'a exposé. Il a placé ses propres joueurs dans une position intenable, les transformant en instruments d'un rapport de force émotionnel et symbolique.
Il a interrompu une finale continentale suivie par des millions de téléspectateurs, érigeant une décision arbitrale contestable (à son sens) en crise institutionnelle.
À cet instant précis, l'arbitre n'était plus au centre du débat. Le jeu non plus. Le principal protagoniste était devenu le sélectionneur lui-même, un sélectionneur qui semble avoir oublié le Code disciplinaire de la Confédération Africaine de Football et notamment l'article 148 qui stipule clairement que : « Toute équipe qui refuse de jouer ou de poursuivre un match qu'elle a commencé sera sanctionnée par un forfait, assorti d'une amende minimale de 20 000 dollars américains, sans préjudice d'autres sanctions plus lourdes».
Difficile de ne pas y voir une tentative de déstabilisation psychologique délibérée : pression exercée sur le corps arbitral, tension imposée à l'adversaire, rupture volontaire du rythme du match, et construction immédiate d'un récit de victimisation.
Une stratégie connue dans le football, mais rarement assumée avec autant de théâtralité lors d'une finale continentale. Le problème, c'est qu'elle n'a produit aucun effet. Le penalty a été maintenu, la rencontre a repris, et le Sénégal n'en est pas sorti grandi.
Pire encore, cette séquence a éclipsé la prestation des joueurs, réduit la finale à une polémique extra-sportive et donné de la sélection sénégalaise l'image d'un groupe davantage focalisé sur la contestation que sur le jeu.
Une posture de victime après le sacre
Cette stratégie de communication ne s'est pas arrêtée au coup d'envoi. Après la finale, Pape Thiaw a prolongé sa ligne de défense médiatique en se positionnant, cette fois, en victime d'un contexte qu'il jugeait injuste. Furieux après le penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, le sélectionneur sénégalais a franchi un cap en demandant à ses joueurs de regagner les vestiaires, provoquant une interruption du match de plus de dix minutes et une séquence largement relayée à l'international.
Un geste spectaculaire, vécu au Maroc comme une atteinte grave à l'esprit du jeu, mais que Thiaw a tenté de recontextualiser après la rencontre. Confronté à l'hostilité ambiante et contraint d'annuler sa conférence de presse, le technicien sénégalais a opté pour une communication défensive, mêlant mea culpa et justification. « Je m'excuse pour le football », a-t-il déclaré, reconnaissant une réaction à chaud tout en remettant implicitement en cause l'arbitrage, évoquant un penalty contestable et un but sénégalais refusé quelques instants plus tôt.
Ce discours, sous couvert d'apaisement, s'inscrivait dans la continuité d'un narratif déjà installé avant la finale : celui d'un Sénégal confronté à un environnement défavorable, contraint de subir décisions arbitrales et tensions extérieures. En invoquant l'erreur humaine de l'arbitre et en soulignant la pression émotionnelle du moment, Pape Thiaw a cherché à diluer la responsabilité de son geste, tout en recentrant le débat sur ce qu'il percevait comme des injustices accumulées.
Cette posture victimaire, assumée après coup, a renforcé l'idée d'une communication maîtrisée de bout en bout, où chaque sortie publique participait à construire un climat de défiance et de tension autour de la finale. Si le Sénégal a finalement soulevé le trophée, la controverse, elle, a durablement marqué les esprits, au point de reléguer l'exploit sportif au second plan, éclipsé par une gestion émotionnelle et médiatique jugée excessive par une partie des observateurs.
Pape Thiaw, du sommet à la dégringolade?
Cette séquence n'est d'ailleurs pas restée sans conséquences sur le plan disciplinaire. Quelques heures seulement après le sacre du Sénégal, le comportement de Pape Thiaw s'est retrouvé au cœur des discussions au sein de la Confédération africaine de football.
Selon plusieurs sources concordantes, l'instance continentale étudiait la possibilité d'une sanction lourde à l'encontre du sélectionneur sénégalais, jugé directement responsable d'avoir incité ses joueurs à quitter la pelouse après le penalty sifflé en faveur du Maroc.
Une suspension de plusieurs rencontres était évoquée, d'autant que l'intervention du capitaine sénégalais aurait été décisive pour éviter un abandon pur et simple du match. Dans l'hypothèse d'une sanction sévère, cette affaire pourrait même avoir des répercussions à long terme, allant jusqu'à compromettre la présence de Thiaw sur le banc lors de la Coupe du monde 2026. La Fédération sénégalaise de football, de son côté, n'échapperait pas non plus à d'éventuelles mesures disciplinaires, notamment financières, en raison des incidents et débordements constatés dans les tribunes au cours de la finale.
Ce qui restera de cette CAN 2025, au-delà du résultat, c'est l'image d'une finale confisquée par un comportement managérial défaillant. Le football africain mérite mieux que des scènes théâtrales. Il mérite des dirigeants capables de gérer la pression, d'encadrer leurs joueurs et de respecter l'institution qu'ils représentent.
En choisissant le spectacle du conflit plutôt que la maîtrise, Pape Thiaw a fragilisé sa propre crédibilité, bien davantage que ne l'aurait fait n'importe quelle décision arbitrale.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.