La situation hydrologique demeure préoccupante à Ksar El Kébir, où le niveau des eaux du oued Loukkos a enregistré, ce lundi, une hausse notable par rapport aux jours précédents. Cette évolution est principalement liée à l'augmentation des volumes déversés par le barrage Oued El Makhazine, dont le taux de remplissage a atteint des niveaux exceptionnels à la suite des fortes précipitations ayant touché la région. Sur le terrain, l'avancée progressive des eaux a été constatée dans plusieurs zones urbaines, notamment les quartiers situés en contrebas. Des axes routiers stratégiques ont été temporairement coupés, en particulier aux entrées de la ville en provenance de Rabat et de Larache, compliquant davantage la circulation et l'accès à la commune. La route de Larache figure parmi les secteurs les plus touchés, avec des quartiers entiers envahis par les eaux. Le même constat s'impose à proximité du pont menant vers Rabat, où les débordements du Loukkos menacent les zones résidentielles avoisinantes. Selon les autorités locales, les eaux poursuivent leur progression vers les quartiers les plus vulnérables, tels que Bab El Oued, Belabbas, Azib Errafai et Al Andalous, entre autres. Ces zones pourraient connaître une aggravation de la situation dans les heures à venir, en fonction de l'évolution des débits et des précipitations attendues. Face à ce scénario, une importante mobilisation a été observée sur le terrain. Les équipes de la Protection civile, appuyées par la Gendarmerie royale et les Forces armées royales, ont renforcé leur présence afin d'anticiper toute situation d'urgence. Des équipements lourds et des pompes de grande capacité ont également été déployés pour procéder à l'évacuation des eaux dans les zones les plus exposées. D'après des sources locales, les responsables de la gestion du barrage Oued El Makhazine ont décidé d'augmenter, dès ce lundi, les volumes d'eau libérés vers le Loukkos, afin d'absorber les apports importants enregistrés ces derniers jours. Ces apports proviennent notamment des fortes pluies tombées dans les provinces de Chefchaouen, Ouazzane et Larache. Les mêmes sources n'excluent pas une nouvelle hausse du niveau des eaux au cours de la nuit, en raison des lâchers du barrage combinés aux précipitations annoncées par les services météorologiques. Ces développements surviennent alors que les autorités s'acheminaient vers l'annonce d'une date indicative pour le retour progressif des habitants évacués à leurs domiciles. Cependant, une nouvelle alerte météorologique annonçant des pluies abondantes dans la région a conduit la commission de vigilance à repousser toute décision, prolongeant ainsi l'attente des familles encore hébergées dans des centres d'accueil ou des logements temporaires à Asilah, Tanger, Tétouan, Martil et Fnideq.