Les eaux ont de nouveau envahi de vastes étendues agricoles dans les régions déjà durement touchées par les récentes inondations, à Ksar El Kébir et dans les communes rurales avoisinantes. L'oued Ouarour a une nouvelle fois franchi la digue de protection des terres cultivées, bloquant la route reliant Ksar El Kébir à Tanger au niveau de l'entrée de Souaken. D'importantes quantités d'eau, gonflées par les fortes précipitations du milieu de semaine, se sont déversées dans les champs. Ces flots ont emporté les renforts temporaires mis en place par les services du ministère de l'Équipement et de l'Eau, qui étaient censés colmater la brèche ouverte au plus fort des précédentes crues. Dans des déclarations concordantes accordées au journal électronique Hespress, des sources locales ont fermement dénoncé l'inachèvement des travaux de consolidation. Elles tiennent les ministères de l'Équipement et de l'Agriculture pour responsables du calvaire que continuent de subir les habitants. Abdeslam Bencheqra, agriculteur du douar de Souaken — l'une des zones les plus sinistrées —, a confié à Hespress que cette nouvelle montée des eaux « a réduit à néant le rêve des agriculteurs pour la saison printanière ». La voix empreinte de colère, Bencheqra se désole : « Il ne nous reste plus rien. Parler des cultures printanières, pour lesquelles le ministère prévoyait de nous soutenir, n'a désormais plus aucun sens. » Il a fortement insisté sur l'urgence de réviser le programme d'aide gouvernemental après cette rechute, estimant que les pertes essuyées par les agriculteurs de Souaken et des villages limitrophes ont atteint un niveau insoutenable. De son côté, Bachir Laabidi, président d'une coopérative de collecte de lait au douar Mouarâa Sekouma (commune de Souaken), a déploré que l'infiltration des eaux de l'oued Ouarour ait « multiplié les pertes et les difficultés des agriculteurs de la région ». Il affirme sans détour que la saison printanière « est d'ores et déjà finie » pour eux. « Nous souffrons énormément, particulièrement pour notre bétail que nous ne savons plus comment nourrir », a-t-il déclaré, fustigeant les promesses de soutien en fourrage qui ne sont, selon lui, que « de la poudre aux yeux ». Il poursuit : « Nous n'avons reçu ni l'aide de 6 000 dirhams, ni le fourrage promis dans les campagnes de communication, bien que nous soyons sinistrés dans tous les sens du terme. » À l'instar des autres habitants et agriculteurs touchés, M. Laabidi a réitéré sa demande d'une aide financière directe. Selon lui, c'est la seule solution viable pour alléger le lourd fardeau de l'endettement et atténuer la crise socio-économique à laquelle la population fait face depuis que ces inondations ont ravagé l'ensemble de leurs récoltes.