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Indice de résilience sociale : le Maroc progresse mais reste exposé aux chocs énergétiques
Publié dans Hespress le 15 - 03 - 2026

Le Maroc améliore sensiblement sa position dans l'Indice de résilience sociale 2025 publié par Allianz. Cependant, cette progression reste fragile : la dépendance aux importations d'énergie et de produits alimentaires pourrait amplifier l'impact des turbulences géopolitiques sur l'économie et la stabilité sociale.
Le Maroc enregistre une progression notable dans la dernière édition de l'Indice de résilience sociale (SRI) élaboré par Allianz. Avec un score de 41,5 points, le Royaume se situe au 103e rang mondial sur 171 économies, un résultat qui traduit une amélioration sensible par rapport à l'édition précédente.
Cette avancée s'inscrit dans une dynamique plus large d'amélioration des fondamentaux économiques et institutionnels. L'indice repose sur une douzaine d'indicateurs combinant performance économique, cohésion sociale et qualité des institutions, ainsi que la capacité d'un pays à absorber des chocs extérieurs.
Pour les analystes d'Allianz, la résilience sociale constitue aujourd'hui un facteur déterminant pour la stabilité économique et financière. Les pays disposant d'institutions solides et d'un tissu social plus cohésif affichent généralement une croissance plus stable et une plus grande confiance des investisseurs.
Une amélioration encore vulnérable aux chocs externes
Malgré ces progrès, le rapport souligne que le Maroc demeure exposé à certains risques structurels, en particulier face à une hausse durable des prix de l'énergie.
L'étude classe le Royaume parmi les économies présentant un niveau de résilience relativement modeste combiné à une forte exposition aux importations de carburants et de produits alimentaires. Dans ce groupe figurent également le Vietnam, la Thaïlande, la Tunisie et la Malaisie.
Dans ces pays, une flambée des prix énergétiques peut rapidement se répercuter sur l'inflation et le coût de la vie. L'impact est d'autant plus sensible que les importations d'énergie et de denrées alimentaires représentent une part importante de l'économie.
Le rapport met en garde : une augmentation prolongée des prix du pétrole et du gaz peut ralentir la croissance, accentuer les tensions sociales et peser sur les finances publiques, surtout lorsque les marges budgétaires sont limitées.
Un monde marqué par des écarts persistants
À l'échelle internationale, l'indice montre une évolution globale relativement lente. Le score moyen mondial n'a progressé que légèrement, passant de 47,4 à 47,9, ce qui confirme une amélioration modeste mais persistante de la résilience sociale dans le monde.
Les économies développées dominent largement le classement. Les pays nordiques occupent les premières positions, avec la Finlande en tête, suivie du Danemark et de l'Islande. Des économies majeures comme l'Allemagne, la France ou le Royaume-Uni figurent également parmi les pays les plus résilients.
À l'inverse, les pays confrontés à des conflits ou à une instabilité politique chronique occupent les dernières places du classement.
Le rapport met aussi en évidence un phénomène baptisé « piège de la résilience intermédiaire ». Certaines économies relativement prospères, comme l'Italie, les États-Unis ou le Japon, semblent incapables de franchir durablement un certain seuil de résilience sociale. Cette stagnation peut alimenter la polarisation politique et accroître le risque de tensions sociales.
Pour les auteurs du rapport, la résilience sociale est devenue un indicateur clé du risque économique et politique. Son évolution permet souvent d'anticiper des épisodes de stress souverain ou des perturbations majeures dans l'environnement des affaires, ce qui explique l'attention croissante portée à cet indicateur par les investisseurs et les décideurs publics.


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