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Emploi, l'angle mort de la croissance au Maroc selon le FMI
Publié dans Hespress le 24 - 03 - 2026

Le Fonds monétaire international salue la résilience et la solidité des fondamentaux économiques du Maroc, mais pointe une faille persistante : la faiblesse de la création d'emplois. Malgré une croissance robuste appelée à se maintenir autour de 4 % à moyen terme, le chômage ne recule que lentement, révélant les limites d'un modèle encore insuffisamment inclusif.
Dans ses conclusions au titre de l'article IV pour 2026, le FMI dresse un diagnostic contrasté. D'un côté, l'économie marocaine affiche des performances solides, avec une croissance estimée à 4,9 % en 2025 et attendue à 4,4 % en 2026, soutenue par le rebond agricole, les grands projets d'infrastructures et la dynamique du tourisme. De l'autre, ces moteurs de croissance peinent à se traduire par une amélioration significative du marché du travail.
Le taux de chômage, encore proche de 13 % en 2025, ne reculerait que progressivement pour s'établir autour de 11 % à l'horizon 2028-2031. Une évolution jugée insuffisante au regard du rythme de croissance enregistré, et qui met en évidence un décalage structurel entre expansion économique et absorption de la main-d'œuvre. Pour le FMI, cette situation reflète les limites d'un modèle où l'investissement, bien que massif, n'irrigue pas suffisamment le tissu productif en termes d'emplois.
L'institution insiste particulièrement sur l'efficacité de l'investissement public, pilier central de la stratégie de croissance du Royaume. Si les dépenses en infrastructures soutiennent l'activité, leur rendement en matière d'emploi reste perfectible. Le FMI appelle ainsi à une meilleure allocation des ressources et à un renforcement du capital humain, condition essentielle pour maximiser les retombées économiques et sociales de ces investissements.
Au cœur de cette équation figure le rôle du secteur privé, appelé à devenir le principal moteur de la création d'emplois. Le FMI recommande de lever les contraintes qui pèsent sur son développement, notamment en instaurant des conditions de concurrence plus équilibrées avec les entreprises publiques et en améliorant l'environnement des affaires. Les réformes du marché du travail apparaissent également indispensables pour accroître la participation et faciliter l'insertion professionnelle, en particulier des jeunes.
Ce constat intervient dans un contexte macroéconomique globalement maîtrisé. L'inflation, restée faible à 0,8 % en 2025, devrait se normaliser autour de 2 % à moyen terme, tandis que Bank Al-Maghrib dispose de marges pour maintenir une politique prudente. Les finances publiques suivent une trajectoire de consolidation progressive, avec un déficit attendu en baisse vers 3 % du PIB et une dette ramenée à 60,5 % d'ici 2031.
Sur le front extérieur, le déficit courant devrait se creuser sous l'effet des importations liées aux investissements et de la facture énergétique, sans toutefois remettre en cause la solidité des réserves de change. Le FMI met néanmoins en garde contre des risques externes accrus, liés notamment aux tensions géopolitiques et à la volatilité des marchés internationaux.
Dans ce contexte, le Maroc continue de bénéficier de la ligne de crédit flexible du FMI, utilisée à titre préventif, qui constitue un filet de sécurité face aux chocs extérieurs. L'institution souligne que le pays conserve des fondamentaux solides et un cadre macroéconomique crédible.


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