Le décor planté dans nos villes ne ressemble à nul autre, tellement les infrastructures bâties ne répondent à aucun schéma cohérent d'ensemble et que les corvées ménagères et besoins des foyers sont «externalisés» sur les toits et les balcons offrant un déplorable spectacle de «ruralisation» urbaine très avancé. Le comble de l'absurde, c'est la vue pitoyable de ces immeubles entièrement envahis par des paraboles qui poussent comme des champignons, accrochées partout, sur les toits, les balcons, les fenêtres et les façades, et qui menacent tous les badauds se risquant sur le plancher à de fâcheux accidents. Même les bidonvilles croulent sous leur nombre en subissant la dictature des paraboles. Le comble du comble, c'est que si les pouvoirs publics font de leur mieux sur les deux rives, en revanche, c'est le civisme des citoyens qui fait toute la différence à l'arrivée. Car dans notre culture locale, c'est bien «l'intérieur» qui prévaut sur l'intérêt de la chose publique en général.