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Entre Moulay Ismail Alaoui et Said Saâdi Sévices, sévices, camarade après
Publié dans La Gazette du Maroc le 24 - 10 - 2008

Le conflit est pour la politique ce que le mouvement est pour la bicyclette : sans mouvement, elle tombe. La bicyclette, s'entend. Je vous le concède, car il faut toujours un conflit quelque part pour que ça tourne chez les hommes politiques, et que la politique, elle, ne tombe pas. Hélas, il arrive qu'elle tombe. Très bas, d'ailleurs, à cause d'un conflit. Et voilà que la camaraderie part en éclat et les amitiés de 40 ans en fumée! Moulay Ismail Alaoui, est adorable, Saïd Saâdi, aussi.
A plusieurs égards, bien qu'ils en manquent mutuellement  ! Pris individuellement, ils sont génialement lucides, super sympas et surtout très gentils.
Quand ils sont entre eux, les choses se gâtent. Collectivement, ils se donnent en spectacle : Ils s'envoient des piques, se traitent méchamment et se permettent toutes les inimitiés.
Tout a commencé par la démission de Saâdi du politburo du PPS, où il a longuement milité. Ne cherchons pas la raison de ce qui s'est passé. Cherchons plutôt la déraison de ce qui a suivi. Saïd se plaint qu'on n'a pas pris au sérieux sa colère, Alaoui le tacle après coup. Résultat   : on perd les deux, tristement.
Saïd de Moulay, dans l'Economiste du mercredi 8 octobre dernier : «curieusement, je n'ai reçu aucune réponse du secrétariat du parti. Ce qui en dit long sur la courtoisie et l'esprit de camaraderie au sein de la formation !».
Moulay de Saïd : «Cette version des faits est pour le moins fallacieuse et je tiens à la rétablir» : Saïd de Moulay : «Alaoui s'est tout simplement contenté de faire des déclarations en prétendant que j'étais un déviationniste…
Quand on n'est pas d'accord, on est excommunié. Ce sont des pratiques malheureuses que je croyais pourtant
révolues !». Moulay de Said  : «Cette affirmation n'existe que dans la tête de son auteur, cela, me laisse penser qu'une certaine élite politique a perdu repères».
Pour moi, pour le PPS, la politique, telle que nous la concevons et telle que nous la pratiquons, doit toujours rimer avec éthique ; en ce sens, les idées, les propositions, les programmes n'ont de valeur que s'ils sont portés par une rigueur intellectuelle, une probité et un respect de l'autre.
Par ailleurs, la politique, tout au moins telle que je la conçois, est une pratique collective qui impose un tant soit peu l'oubli de soi et le dépassement de l'ego.
Vous en voulez encore  ? Moi, cela me suffit pour m'apitoyer sur le sort de la politique. Et si vous êtes de ceux, qui, comme moi n'ont pas le cœur pour critiquer les militants démocrates, alors répétez, la mort dans l'âme, avec Moulay Ismail et Saïd Saâdi : nous sommes des camarades ! Souvent on se moque «des enfants qui justifient leurs mauvais coups par ce gémissement : «C'est lui qui a commencé !» Or, aucun conflit adulte ne trouve sa genèse ailleurs». On se fait des sévices publics, et on laisse la camaraderie pour l'histoire. Sévices sévices, camarade après ! C'est ce qu'un écrivain appelle sabotage amoureux.


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