Maintenance Royal Air Maroc est décidée à poursuivre sa politique de développement dans le domaine des services de maintenance aéronautique. Une visite presse des installations de son Centre industriel aéronautique et de sa filiale commune avec Snecma Services, SMES, a levé le voile sur les ambitions de la compagnie aérienne pour cette activité appelée à se développer avec l'augmentation de besoins des transporteurs aériens qu'engendrera le développement du trafic charter vers le royaume en prévision de l'objectif de10 millions de touristes à l'horizon 2010. La visite presse guidée des installations du Centre industriel aéronautique (CIA) et de la SMES (Snecma Morocco Engine Services) de Royal Air Maroc (RAM) vient d'inaugurer la série de rencontres avec les médias que la compagnie aérienne nationale prévoit d'initier pour mieux faire connaître ses différentes activités. " Nous comptons pérenniser ces typesde visites. D'ailleurs, la prochaine concernera notre Institut de transport ", souligne Mohamed Benchekroun, directeur de la Communication et des relations extérieures de la RAM. En ouvrant ce bal par la visite de sonpôle industrie, la compagnie aérienne nationale veut réaffirmer sa volonté de diversification et son ambition de développer son pôle industriel avec les grandes firmes internationales de ce secteur si pointu. S'étendant sur une surface couverte de 41.600 m2, la base industrielle, située en périmètre sous douane dans la zone de Nouaceur, est sous haute surveillance. Les entrées et sorties sont minutieusement contrôlées. Les installations techniques équipées sont composées d'un hangar avion de 4 cellules, un autre de 2 cellules dédiées au grand entretien, des ateliers de révision équipements, des magasins aéronautiques ainsi qu'un centre de contrôle non destructif. Pas moins de 1.250 agents, ingénieurs et cadres (6 %), maîtrise technique (14 %), techniciens aéronautiques (51 %), logistique maintenance (13 %) et autres activités (16 %), exploitent les installations du centre industriel aéronautique. Il faut reconnaître que le travail de ce potentiel humain n'est pas de tout repos : leur activité est permanente (24/24). Si la maintenance des avions est le cœur de métier du CIA, la capacité de maintenance du centre se décline en trois niveaux d'intervention. Il s'agit du petit et grand entretien sur les avions B737-7200,B737-300/-400/-500/-700/-800, B757 & ATR42, les visites, sur le B747-400 et les B767 ainsi que les réparations structurales. Un tour au niveau des départements" Révision Equipements ", " Contrôle non destructif " mais aussi de la société filiale commune de Snecma Service et RAM pour l'activité " Moteurs ", suffit pour avoir une idée nette du caractère hautement spécialisé de la maintenance des avions. Le premier département est composéde 5 ateliers (révision et réparation des équipements avioniques, des équipements mécaniques et hydrauliques, roues et freins, équipements cabine et fauteuils, sécurité et sauvetage) et d'un laboratoire de métrologie (étalonnage des instruments de mesure). Ici, grâce à un ordinateur central, la situation de chaque vol est connue et de ce fait toutes les informations sont collectées. " Si un avion tombe quelque part en panne, nous sommes en mesure de déterminer dans quel cadre nous pourrons intervenir. Pour le moteur de cet avion par exemple, nous connaissons son état à partir de cet ordinateur ", explique H. Abdellaoui, vice-président Components & Logistic au CIA. Dans ce département, un instrument de bord, notamment la boite noire, et le banc d'essai, nouvellement acquis par le CIA, a retenu notre attention. Comme tous les autres équipements, les boites sont révisées et réparées. " Après 1.200 heures de vol, la boite noire est démontée ", ajoute Farid Senhaji, vice-président Aircraft Maintenance au CIA. Quant au banc d'essai qui fait aujourd'hui la fierté des responsables du CIA et qui a coûté 25 millions dirhams, il permet au centre de pouvoir tester les nouvelles générations d'avions, ce qu'il sous-traitait à l'étranger. " Nous avons investi dans cet appareil parce que nous avons atteint la taille critique qui nous permet de le rentabiliser ", justifie Abdellaoui. Dans ce sens, le CIA envisage d'initier une grande opération marketing auprès d'autres compagnies pour tester leurs avions. " Les capacités sont disponibles, il faut seulement que notre service marketing bouge davantage", précise-t-il. En effet, en matière de maintenance, le CIA est soumis à des audits tous les semestres par des firmes européennes et américaines, ce qui leur permet de conserver et de décrocher des agréments qui leur donnent la possibilité d'assurer la maintenance pour des avions tiers immatriculés en Europe ou aux Etats-Unis. Quant au département " Contrôle non destructif ", les contrôles vont du diagnostic ponctuel jusqu'à la grande visite. Ils permettent d'éviter les démontages coûteux. Pour l'activité moteurs, c'est la SMES (51 % Snecma Services et 49 % RAM) qui assure l'entretien et la révision de ces types d'équipements, essentiellement les moteurs CFM56 et des APU. Pour l'heure, la SMES intervient sur trois types d'opération : petit entretien moteurs (visite " bloc ", dépose/repose du QEC et des accessoires moteur,…), entretien modulaire, ainsi que le passage au banc d'essai pour relevé de performance moteur et APU. Créée en juin 1999, la SMES est opérationnelle depuis avril 2000. Aujourd'hui, elle est en passe de franchir une nouvelle étape. Si jusque-là, elle traitait que les moteurs/modules,ce spécialiste des moteurs est déjà en mesure d'intervenir sur les modules/pièces. Une nouvelle unité de 3.000 m2 est en construction et sera opérationnelle dès la fin de l'année. Cette troisième unité de la SMES nécessitera un investissement de plus de 50 millions de dirhams. Pour l'heure, la société revendique son rang de leader en Afrique. Elle traite en effet 20 moteurs par an pour un chiffre d'affaires de plus de 16 millions d'euros. "Avec cette troisième unité, nous arriverons à traiter une dizaine de moteurs de plus ", indique Antoine Volsluisant, directeur général de SMES. Lors de notre visite, les techniciens de SMES s'affairaient autour des moteurs de Kartagho Airlines (une compagnie charter tunisienne), Air Gabon et une compagnie tchèque. Sur ce plan, plusieurs compagnies aériennes figurent au tableau de la clientèle de SMES. Parmi celles-ci, on peut citer Tunisair, Air Sénégal International, Air Mauritanie,… Aujourd'hui, avec 29 avions en service et 44 en commande (2003-2013), CIA et la SMES sont appelés à jouer un plus grand rôle dans la maintenance des appareils de la compagnie nationale aérienne. Sans compter l'augmentation des besoins des compagnies aériennes qu'engendrera le développement du trafic charter vers le royaume en prévision de l'objectif de 10 millions de touristes à l'horizon 2010. Cela, les responsables de la RAM ne l'ont pas perdu de vue. Elle poursuit sa politique de développement de partenariats industriels dans le domaine des services de maintenance aéronautique avec de grands groupes internationaux. Après avoir fondé une société mixte en juin 1999 avec le groupe aéronautique français Snecma Services, puis créé en 2002 avec Labinal et Boeing, Matis Aerospace, Royal Air Maroc récidive en signant un accord de partenariat pour la constitution d'un troisième joint-venture de ce type avec EADS Sogerma Services. Cette dernière, filiale à 98 % du groupe EADS, est propriétaire de EADS Maroc Aviation, créée depuis 1951. Déjà, "dès l'été prochain, ce joint-venture RAM/EADS sera opérationnel sur la plate-forme de Marrakech", souligne Mohamed Bellatig, directeur du Centre industriel aéronautique de RAM.