L'ONCF relooke son matériel voyageurs Décidément, le démarrage en trombe du renouveau du Rail en 2005 a mis à nu des atouts insoupçonnés et des arguments puissants en série que recèle dans sa manche l'ONCF nouvelle version management-maison. En témoigne la seconde visite organisée au bénéfice des médias en l'espace de trois semaines qui a confirmé le « grand bond en avant » d'un compétiteur résolument tourné vers l'avenir aussi bien en termes de positionnement sur le marché national qu'en amélioration substantielle du confort et de la ponctualité des convois. Et avec en prime un réseau de communication institutionnelle entièrement revigorée qui polarise autour des divers services de l'entreprise ferroviaire une foule ininterrompue de médias en quête de la moindre info sur un soupçon de nouvelle réforme, tellement les choses vont vite. En effet, dès que les compétences internes, avec le coup de pouce Royal, ont été en mesure de reprendre les destinées de leur «boîte» en mains, Mohamed Rabie Khlie a reconfiguré le dispositif de communication institutionnelle devenu percutant et prolixe avec une Hayat Boudhane à la tête et subitement prise de passion par l'art de communiquer. Un profil choisi personnellement par le Directeur Général tout comme le quatuor de pilotage qui l'entoure, les Directeurs centraux Mohamed Smouni, El Hassan Leqsiouer et Ali El Karram, sans oublier Moha Khaddour, Inspecteur général Sécurité qui vient opportunément compléter le quartet majeur de la nouvelle «feuille de route» du projet d'entreprise Horizon 2010. Industrie certifiée et ingénierie financière Le nouveau plan de transport «Eté 2005» à peine lancé que ce lundi 4 juillet, en gare de Rabat-Agdal, l'expédition médiatique du voyage inaugural embarquait à 10 heures précises sur un de ces prototypes nouvelle génération de TNR dont les voitures ont été complètement relookées. Le «safari ferroviaire» de découverte, emmené par El Hassan Leqsiouer, Directeur central Activités, prit d'assaut une de ces 41 voitures transformées aux Ateliers ferroviaires de Meknès. Une industrie intégrant tous les corps de métiers professionnels dûment certifiée ISO 9001 version 2000. Au know how de la maintenance et de la production de l'ONCF, vient s'ajouter une rare efficacité en matière d'ingénierie financière. Et pour cause, la transformation intégrale de la quarantaine d'anciennes voitures à compartiments en matériel réhabilités à couloir central aura coûté la bagatelle de 24,6 millions DH, soit un investissement unitaire moyen de l'ordre de 600 000 DH par voiture. Un ouvrage 100% cheminot avec les moyens du bord et mesurez l'écart comparé aux offres initiales du secteur privé annoncées à hauteur de…2,5 millions DH par voiture. Comme quoi, à l'ONCF, on sait fabriquer de la technologie en maîtrisant l'art de minimiser les coûts de production et de transformation industrielles. Au total, ces performances des ingénieurs, cadres, techniciens et ouvriers professionnels des ateliers ont été obtenus au prix d'une débauche d'efforts que traduit un volume de 270 000 heures de travail, soit une moyenne de 8000 heures par voiture reliftée. Depuis ce fameux lundi donc, 15 modèles de ce matériel roulant flambant neuf ont déjà été livrées à la circulation considérablement renforcée avec le lancement du nouveau plan de transport. Le produit fini offert aux voyageurs respecte parfaitement les couleurs orange et grise souscrites dans la charte graphique de l'Office. Les aménagements externes et internes du matériel roulant répondent aux attentes de la clientèle exprimées à travers la première enquête de satisfaction menée en mars dernier par le cabinet de consultance international Codesium qui a livré le premier «baromètre qualité» reflétant les besoins d'un échantillon représentatif de 2 000 clients. La remise à neuf a touché tous les équipements sensibles au confort pendant le parcours : des sièges neufs et spacieux, éclairage en luminaire, revêtement du plancher, sonorisation et climatisation…. La rénovation a nécessité le démontage complet des anciennes voitures et le décapage de la tôlerie. Les techniciens de l'ONCF ont également procédé à un traitement anti-corrosion et à une application peinture avant de s'attaquer à l'aménagement intérieur. Les nouveaux sièges garantissent nettement plus d'aisance que ceux des voitures à compartiments et sont disposés de façon à donner plus d'espace de mouvement ou de relaxation. L'éclairage a été repris sous forme de luminaire portant sur toute la voiture. L'ONCF, un leader africain et arabe Les planchers, les parois latérales ainsi que le plafond ont été également relookés, idem pour la climatisation. Un autre point d'intérêt a attiré la curiosité des journalistes et des voyageurs : le nouveau système de sonorisation entièrement conçu aux technologies numériques les plus récentes. Le nouveau système d'annonce numérisée, piloté par satellite GPS, technologie en vigueur dans les grands réseaux occidentaux, permet de déclencher des messages pré-enregistrés assistés par ordinateur embarqué selon la position et le numéro du train. Ce système permet aussi une «communication bidirectionnelle» entre le personnel de conduite et roulant pour un meilleur échange d'informations. Et là, est-il encore besoin de le souligner, le système GPS n'est en vigueur que dans certains réseaux parmi les plus huppés du globe. En tout cas, c'est loin d'être encore le cas en Afrique et dans le monde arabe. Il faut surtout ne pas oublier que les voitures de 1ère classe ont été, de leur côté, agrémentées par l'installation de deux monitors TV passant des films, documentaires, spectacles, informations diverses…A titre de comparaison, cet équipement ne se trouve, pour ne citer que le cas de la France, que sur certains TGV. Ces voitures nouvelle génération sont, aussi, un prélude à l'acquisition prochaine des fameuses 18 rames italiennes à deux niveaux, pour un coût de 1,5 milliard DH et dont la livraison est attendue pour fin 2006. En attendant d'espérer encore plus avec la mise en service, à l'horizon 2015, des TGV marocains sur les grands axes géographiques du Royaume, Casablanca-Agadir via Marrakech et Casablanca-Oujda. Toutes ces bonnes résolutions et la foultitude d'autres projets d'investissements en cours d'exécution ou à venir attestent, incontestablement, du leadership régional du chemin de fer moderne symbolisé par le rail marocain. Un leader en Afrique et dans le monde arabe, tout particulièrement.