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Comment l'OCP s'est enlisé dans le bourbier de Khouribga
Publié dans Lakome le 12 - 07 - 2011

L'emploi est au cœur des revendications de la population des villes minières au Maroc. L'Office chérifien des phosphates (OCP) tente de répondre à cette demande, réussira-t-il, à désamorcer cette crise sociale aux origines complexes ?
Tout a commencé à Laâyoune
Un calme fébrile domine les deux villes et leurs environs, «la tension a descendu d'un cran mais les explosions de colères peuvent survenir à n'importe quelques moments», observe Hajaj El Assal de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) Khouribga. Les 4, 5, 6 et 7 juillet dernier la région a vécu de violentes émeutes qui se sont soldées par l'arrestation de 16 personnes et des pertes que l'OCP estime à 50 millions de DH. La section locale de l'AMDH avait constaté des arrestations arbitraires et plusieurs abus des forces de l'ordre. Déjà en mars, les jeunes de la région avait «mis le feu» dans la ville pour exiger des emplois à l'instar des jeunes de la région du Sahara, qui ont profité d'emplois à l'Office.
«À l'origine de la montée de ce mouvement de revendications des enfants des retraités de l'Office, l'opération d'embauche direct de 340 jeunes de Laâyoune. Les jeunes des autres régions minières ont considéré que cet embauche est une discrimination à leur égard», rappelle un cadre de l'Office.
À partir du 21 février les enfants des retraités de l'OCP qui sont au chômage revendiquent leur part du gâteau, ils tiennent des sit-in permanent devant les directions régionales à Khouribga, Safi et Benguerir. Le 15 mars, les forces de l'ordre tentent de mettre fin à ce mouvement, l'intervention tourne à l'émeute. Le 4 mai, l'OCP annonce la mise en place d'OCP skills. Ce programme vise le recrutement de 5800 personnes issues des familles des retraités et des régions minières et comporte un plan de formation de 15 000 personnes ont vu de les recruter.. Deux mois après, ce plan tourne mal, les émeutes sont de retour.
90 000 demandes d'emplois
Alors que l'OCP a un effectif de 16 000 collaborateurs, il reçoit 90 000 demandes de toutes les régions du Maroc, suite au lancement de ce programme. Les habitants des régions protestent «contre le clientélisme» qui a marqué l'opération de sélection des demandes d'embauches ainsi que l'intervention des autorités locales pour favoriser leurs proches. L'OCP se défend de tout cela, «l'opération s'est déroulé dans le respect de la légalité. Un bureau d'études s'est chargé de piloter tout le processus pour encore plus de transparence», précise Hassan Benrrannon de la communication de l'Office.
«La gestion de ce dossier a été maladroite. Des considérations politiques, liée à l'émergence du 20 février et des mouvements de protestations, ont pris le dessus. L'OCP ne peut résoudre le problème du chômage au Maroc. Si l'Office emploie les 90 000 demandeurs d'emplois, il fermera», prévient un cadre de l'OCP. H. E. Assal de l'AMDH partage le point de vue de ce cadre mais considère que l'OCP «peut recruter plus que les 5800 annoncés, s'il ne faisait pas appel à la sous-traitance». Le chômage et la pauvreté qui frappent la région trouvent leur explication dans le rapport entretenu entre la population locale et l'Office.
Expropriation à 4 Dh le m2 !
Si le taux de pauvreté de la province de Khouribga est de 5.1% (8.9% pour la moyenne nationale), il atteint dans certaines communes de la région, les 18%. À Youssofia, la pauvreté est plus prononcée, avec un taux de 19.1% et qui atteint jusqu'à 32% dans certaines communes. Une disparité socio-économique importante qui s'explique par la paupérisation grandissante et l'exode rurale que continuent de connaitre les deux régions.
Dans sa quête de nouveaux gisements, l'OCP exproprie les agriculteurs de ces régions de leurs terres. Souvent ces terrains sont des terres collectives et le montant du dédommagement de leur expropriation passe par le ministère de l'Intérieur. La distribution de l'argent connait plusieurs dépassements de la part des services locaux de l'Intérieur. Au final, certaines familles ont reçu pour des dizaines d'hectares que des centaines de dirhams. «La situation que vit la région est le résultat d'un lourd passif», précise le cadre de l'OCP. «L'Office continue d'exproprier des terres à 4 DH le m2. Une manière de condamner des familles à la pauvreté», avance H. E. Assal de l'AMDH.
Pour le cadre de l'OCP interrogé, la sortie de crise passe «plus de transparence et d'égalité des chances dans ce processus comme l'organisation d'un concours qui comprend toutes les régions sans exception».


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