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«Techrab ataï ?»
Publié dans La Vie éco le 04 - 07 - 2008

A quoi cela sert d'avoir un bel et grand aéroport si c'est pour emprunter le bus sur la piste, aller chercher ses bagages ailleurs et les attendre pendant une heure ?
Quel est le premier contact d'un touriste ou d'un homme d'affaires étranger avec le sol national ? Pour une grande partie d'entre eux c'est l'aéroport qui fait office de vitrine. L'avion, baisse des prix et arrivée des low-cost aidant, est devenu le moyen de transport offrant le meilleur rapport prix/temps.
En témoigne d'ail-leurs la hausse continue du trafic de voyageurs avec des taux de croissance à deux chiffres et le plan d'investissement lancé par l'Office des aéroports en vue de porter la capacité d'accueil annuelle aéroportuaire à 30 millions de voyageurs en 2010.
Dans cette optique, l'aéroport Mohammed V de Casablanca, qui concentre actuellement près de la moitié du trafic et dont la capacité passera sous peu à 11 millions de voyageurs ; l'aéroport dont le Maroc veut faire son hub offre une piètre image à ceux qui débarquent sur le sol national.
L'essentiel du trafic étant effectué avec l'Europe, c'est le tout nouveau et tout beau terminal 2 qui accueille nos touristes. Que voient ces derniers ? Dans les trois quarts des cas, leur avion s'arrête à 200 mètres du terminal, et les passagers sont acheminés par bus, alors que les 10 passerelles télescopiques qui permettraient de lier l'avion directement au bâtiment sont inutilisées.
Une fois le contrôle des passeports effectué et le contrôle du contrôle des passeports subi (il y a un agent préposé à la vérification du cachet apposé par son collègue !), récupérer ses bagages est une tout autre histoire. D'abord la signalétique censée vous renseigner n'est pas activée sur le champ.
Puis, une fois que l'on a eu le bon renseignement, on découvre avec surprise que les bagages sont à récupérer dans le terminal 1, alors que les tapis livreurs du nouveau terminal -qui a coûté plus d'un milliard de DH- sont inactivés. Ensuite, il faut attendre de longues minutes pour être servi. 30 minutes est un minimum, une heure est un délai fréquent. Enfin, vous arrivez au terminal 2, mais la porte de sortie est fermée, et il faut sortir par le terminal 1.
En conclusion, pour un vol venant, la plupart du temps, d'Europe et qui aura duré entre 2 et 3 heures, il faut ajouter 1 h à 1 h 30 rien que pour sortir de l'aéroport.
La moitié du temps consacré au vol, rien qu'en démarches ! Et quand lassé d'attendre vous vous aventurez à jeter un coup d'œil derrière les lanières du tapis livreur, pour voir si vos bagages arrivent, deux agents, verre de thé à la main, vous apostrophent : «Malek mezroub assahbi, techrab ataï ?». Y a pas à dire, c'est l'hospitalité à la marocaine.


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