Séisme d'Al Haouz : Aziz Akhannouch accélère la reconstruction    Produits du Sahara : Au Parlement européen, l'UE défend l'étiquetage convenu avec le Maroc    Produits du Sahara : Bruxelles précise le poids réel des exportations vers l'UE    Skytrax Awards 2026 : Marrakech-Ménara désigné meilleur aéroport régional d'Afrique    AEGIS Ventures : prise de participation stratégique dans SEKERA    Marsa Maroc : solides performances, un chiffre d'affaires consolidé de 5,78 milliards de DH    Virgin Limited Edition to open new luxury hotel in Marrakech in 2027    Bourse de Casablanca : ouverture dans le rouge    Un plan chinois pour moderniser les centrales hydroélectriques d'ici 2035    GITEX Africa propulse la mobilité électrique en Afrique vers un marché à 28 milliards de dollars    Marrakech-Safi: le Barrage Aït Ziyat sur le point d'entrer en phase d'exploitation    Guerre au MO : des raffineries touchées en Arabie saoudite et au Koweït    Les Etats-Unis annoncent des mesures visant à faciliter le commerce de pétrole    Prépa Mondial 2026 : Ouahbi dévoile sa liste pour les matchs contre l'Equateur et le Paraguay    Maroc-Sénégal : Patrice Motsepe s'exprime sur la décision de la CAF    CAN 2025 : Mustapha Hadji défend le titre du Maroc et recadre sèchement Claude Le Roy    CAN 2025 : George Weah soutient le Maroc et évoque « une victoire de la justice »    Finale CAN : la FRMF salue la décision du Jury d'Appel de la CAF    Edito. Bonheur imparfait    Al Arjat 1 réfute les accusations de "Le Monde" sur les conditions de détention de Ibtissam Lachgar    Carte de l'artiste : les demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2025 examinées    Carte de l'artiste : La commission achève l'examen des demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2025    Lionel Messi marque le 900e but de sa carrière    CAN-2025: La FRMF salue la décision rendue par le Jury d'Appel    Guerre au Moyen-Orient: Ryad et Doha ciblés par une riposte iranienne    Reconnaissance : Abdellatif Hammouchi honore un policier grièvement blessé en service à Khouribga    Congo-Brazzaville. Victoire de Sassou N'Guesso dès le premier tour    Séisme d'Al Haouz : Plus de 54.000 logements déjà reconstruits    UNESCO : Medellín, en Colombie, désignée Capitale mondiale du livre 2027    FESMA 2026 : Lomé au cœur des saveurs africaines    Grand Prix JIDAR : Rabat met les fresques du festival à l'honneur    Bank Of Africa launches Invest in Morocco Webinary to boost diaspora investment    AFCON 2025: Morocco welcomes CAF appeal decision    Mauritania NGO criticizes Polisario's misuse of UN mechanisms at Human Rights Council    Espagne : la poussée des droites fragilise la coalition Sanchez et préoccupe le Maroc et les MRE    Quand tombe l'Aïd al-Fitr ? Le ministère des Habous dévoile la date de l'observation du croissant de Chawwal    Le PAM critique l'aide exceptionnelle aux transporteurs : « Chaque décision doit profiter au citoyen »    Alerte météo : averses orageuses et fortes rafales de vent mercredi et jeudi    G100 : la directrice du CNRST nommée Morocco Country Chair pour le pôle Universités et Thought Leadership    Les températures attendues ce mercredi 18 mars 2026    Jeunes : le Maroc organise le Forum sur l'impact des réseaux sociaux    Enfant enlevé et torturé à Tindouf: des ONG saisissent le Conseil des droits de l'homme    CAF/CAN 2025 : l'ambassade du Maroc à Dakar appelle à la retenue    Alboran Sea: A 4.9 magnitude earthquake felt in Morocco    L'armée espagnole renforce sa présence à Ceuta pour se préparer aux «menaces» marocaines    Film : Rire, couple et quiproquos au cœur d'une comédie marocaine    Deux générations du gospel nigérian réunies dans un nouveau single    Oscars 2026 : « One Battle After Another » et «Sinners» dominent la cérémonie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Des peines alternatives
Publié dans La Vie éco le 16 - 09 - 2014

Sur les 65 000 personnes emprisonnées dans le Royaume, beaucoup l'étaient abusivement, en préventive, pour des délits mineurs ou insignifiants.
La semaine passée, il a été question des chiffres concernant la population carcérale du pays. On a vu que sur les 65 000 personnes emprisonnées dans le Royaume, beaucoup l'étaient abusivement, en préventive, pour des délits mineurs ou insignifiants. Le C.N.D.H s'est ému de cette situation, contraire à la politique d'ouverture et de tolérance prônée par le gouvernement. Mais les faits sont là, et la réalité a la vie dure. Alors, les responsables entonnent un discours connu, il faut réformer la justice, en proposant, comme solution, la mise en place, dans le corpus législatif de ce que l'on appelle «les peines alternatives», car elles sont encore inconnues au Maroc, où règne la notion du tout-carcéral. On enferme à qui mieux-mieux, les juges n'ont pas beaucoup de marges de manœuvre, et, pire encore, ne sont pas formés à l'application de ces peines alternatives.
Et quelles sont-elles, d'abord, ces nouvelles peines ? Il s'agit, dans l'ordre, des mesures suivantes : jours-amendes ; stages de citoyenneté ; travail d'intérêt général ; interdiction d'exercer, pour une durée déterminée, une profession donnée, dès lors que les facilités qu'elle procure ont été utilisées pour commettre l'infraction ; interdiction de se rendre ou de résider, durant une période donnée, dans une ville ou une région, où habiteraient des victimes des infractions commises. Ces peines ont fait leurs preuves en Occident : on se souvient du puissant Silvio Berlusconi, alias Il Cavalière, ancien Premier ministre italien, condamné pour fraude fiscale et blanchiment d'argent à de lourdes peines d'emprisonnement ; mais eu égard à son âge ( plus de 70 ans), et à l'importance des fonctions exercées, les magistrats substitueront les peines de prison à des travaux d'intérêt général : et voilà l'ex-Président du Conseil des ministres, plusieurs fois milliardaire, contraint de se rendre deux fois par mois dans un hospice pour personnes âgées, afin de les aider à boire leur soupe, ou enfiler leur pyjama ! (Mais cela vaut quand même mieux que l'isolement d'une cellule).
Mais quid au Maroc ? Au-delà de l'effet d'annonce, il serait intéressant de se pencher sur la réalité des faits. La principale mesure alternative concerne d'abord le port du bracelet électronique, évitant ainsi l'emprisonnement de la personne concernée. Le principe en est très simple: ce bracelet, réglé par les autorités compétentes, fixe des limites aux déplacements des individus. Ainsi, il peut être interdit à son porteur de se rendre en certains lieux, ou de préciser ses horaires de déplacement. Par exemple, il ne pourra pas fréquenter des endroits où il a commis un délit, ou celui où résident les victimes de ses méfaits. En cas de violation de ces restrictions, une alarme le signale aussitôt à un fonctionnaire chargé de la surveillance, lequel déclenche aussitôt une procédure d'interpellation par les forces de l'ordre. Ce procédé fonctionne à merveille en France, ainsi que dans certains pays d'Europe et a permis de juguler l'inflation carcérale. Au Maroc, les choses sont différentes, mais surtout au niveau humain. Il faudra d'abord former les magistrats à éviter de prononcer des peines d'emprisonnement d'une manière automatique, ce qui n'est pas acquis, même en cas de délits mineurs. Craignant l'opprobre ou les sanctions, pas un juge ne laissera en liberté un simple consommateur de stupéfiants ou un petit dealer, ou même un mendiant en état d'ébriété (ce qui gonfle les chiffres des personnes incarcérées). Ensuite, au niveau du contrôle, il faut être réaliste, en reconnaissant que nos infrastructures ne suivent pas : peu de moyens informatiques, pas de personnels qualifiés, mais surtout pas de formation des fonctionnaires en général, fussent-ils magistrats ou policiers : les premiers ne jurent que par l'enfermement, les seconds rechignent à faire de la surveillance électronique. Et quand bien même un bracelet signalera une violation des restrictions, le manque d'effectifs policiers (et un manque d'organisation), ne sera suivi d'aucun effet immédiat : allez donc interpeler au fond des vallées de l'Oumiak, un délinquant fraudeur originaire d'Oujda, après que la commissariat central de cette ville ait signalé les faits… ?!
Soyons donc réalistes, et cherchons des solutions adaptables à notre pays : la réduction de la population carcérale est à ce prix, et non basée sur des utopies irréalisables pour le moment !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.