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Les pays émergents gèrent mal leur dette privée
Publié dans Les ECO le 27 - 10 - 2011

La dette privée est en mal de croissance dans les pays émergents. Dans un contexte international largement alarmé par les dettes souveraines dans les pays développés, les pays émergents de leur côté inquiètent de par le manque d'attention portée à leurs dettes privées. Ces dernières peinent à connaître une réelle croissance, bien qu'elles soient le moteur essentiel de tout marché financier, notamment en ce qui concerne celui des corporate bonds. Le fonctionnement et la dynamisation du marché de la dette sont donc plus que jamais au cœur du débat. Dans le cadre de l' Organisation internationales des commissions des valeurs (OICV), le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) a participé au groupe de travail chargé d'étudier l'état actuel du développement des marchés des obligations privées dans les pays émergents et d'identifier les obstacles qui peuvent le ralentir. Premier constat, la taille du marché de la dette des pays émergents devrait augmenter significativement dans les prochaines années, grâce à la croissance économique accrue que ces derniers connaissent.
De même, le volume des investissements locaux et étrangers pour financer les grands projets augmentent. Si la croissance des marchés de la dette souveraine des pays émergents a été globalement positive, le marché de la dette privée continue en revanche à faire grise mine. Et pour cause, son mode de financement est loin d'être une priorité pour le secteur privé qui privilégie les banques et le marché actions.«De fait, la dette privée dans les pays émergents est caractérisée par des émissions de petite taille, avec un nombre limité d'émissions de bonne qualité et un manque de liquidité dans les marchés secondaires», conclut le CDVM. À quoi est dû ce dysfonctionnement ? Selon le CDVM, la faible croissance de la dette privée des pays émergents est due «à la fragilité du cadre règlementaire, à une structure des marchés inefficiente et à un éventail trop étroit d'investisseurs». Pour y remédier, la mise en place d'un marché obligataire robuste et liquide pourrait être source de stabilité et permettre de réduire la dépendance par rapport aux financements bancaires.
Restructurer le marché de la dette privée
Si les régulateurs veulent construire et développer davantage leurs marchés respectifs, ils devront intégrer le développement du marché de la dette privée au cœur même des programmes stratégiques nationaux. L'éventail des méthodes d'émission sur les marchés primaires doit être élargi et les notes d'information standardisées, afin de réduire leur délai d'approbation. D'un autre côté, toute l'infrastructure des marchés doit être améliorée, en élargissant la base des investisseurs. Cela doit être réalisé par la mise en place d'un système de market making et la création d'indices locaux pour les obligations privées.Au cœur des recommandations du CVDM, il y a également la titrisation et la mise en place d'outils financiers de gestion de risques, tout en développant un large panel de nouveaux produits. En ce qui concerne les investisseurs, ces derniers doivent être davantage protégés par l'amélioration des obligations d'information des émetteurs, tout en instituant une meilleure transparence des transactions et des prix. Tout ce mécanisme de protection repose sur une meilleure surveillance et un contrôle strict des marchés. Dans la fiscalité, des mécanismes plus adaptés doivent émerger, afin de permettre au marché des obligations privées de faire concorder son développement et sa croissance avec ceux des marchés de la dette souveraine et des crédits bancaires.


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