«Plus de peur que mal», ou y aurait-il de réelles craintes pour les performances du secteur oléicole cette année ? «Nous n'avons pas encore d'estimations chiffrées. Ce qui est cependant sûr, c'est que cette année agricole ne sera pas des meilleures pour le secteur», nous confie d'entrée Abdelhak Bennani, le directeur exécutif de la Fédération des industries de conserve des produits agricoles au Maroc (FICOPAM). Ces perspectives relativisées sont compréhensibles. La production oléicole prévisionnelle pour cette campagne devrait être légèrement en recul, pour des raisons que tout le monde connaît déjà : la conjoncture peu pluvieuse. Quelques grandes zones de production comme celle de Meknès-Tafilalet, ont déjà donné des signaux dans ce sens. La récolte prévisionnelle devrait atteindre quelque 104.000 tonnes pour l'actuelle campagne agricole, contre 123.000 tonnes pour 2010-2011. Il faut dire que cette dernière campagne a porté des fruits positifs, notamment dans le cadre des atteintes des objectifs du contrat-programme de la filière, à l'horizon 2020. La superficie plantée a ainsi été portée à quelque 790.000 hectares, contre 735.000 hectares en 2009-2010. «Nous ne sommes plus qu'à quelques 400.000 hectares des objectifs du contrat-programme», interprète le directeur exécutif de la FICOPAM. Cette légère amélioration de la superficie foncière mobilisée pour le secteur se dépeint sur sa production. Celle-ci est estimée à un total de 1,6 millions de tonnes en 2011, contre un peu moins en 2010. La conserverie maintient le cap C'est également sur cette base qu'un bon coup de pouce a été apporté aux exportations d'huile d'olives et d'huiles de table. En dépit de sa présence encore bien en retrait par rapport au marché international, l'huile d'olive marocaine a tout de même doublé son volume à l'export, en l'espace d'une seule année de commercialisation. Les exportations sont ainsi passées de 15.000 à 30.000 tonnes entre 2010 et 2011. La tendance devrait se maintenir à la hausse pour l'actuelle campagne, même si les responsables de la FICOPAM n'excluraient pas un ralentissement de rythme. «Une baisse de la production ne devrait évidemment pas être sans effets sur les exportations du secteur», explique Bennani. D'autre part, il faut savoir que, placés sur la perspective des 120.000 tonnes à atteindre d'ici 2020, ces volumes à l'export demeurent encore bien insignifiants. Pourtant, les capacités de trituration du secteur ont assez bien évolué sur les périodes comparées. «Elles ont dépassé la barre du million de tonnes annuel au terme de la dernière campagne. Nous devrons d'ailleurs pouvoir atteindre prématurément les 2,2 millions de tonnes, en poursuivant l'implantation de nouvelles unités de trituration». Quant aux olives de table, elles ont connu moins de succès sur les marchés étrangers, avec des chiffres à l'export estimés à 75.000 tonnes en 2011, contre 65.000 tonnes une année auparavant. Sur cette filière aussi, les capacités industrielles de conserverie ont été portées de 200.000 tonnes à 230.000 tonnes, une légère amélioration qui rapproche tout de même des objectifs des 500.000 tonnes visés par le contrat-programme.